« Les patriotes de la diversité », un fusible au service du néolibéralisme et des lobbys israéliens

Par Nicolas. G et Vincent VDO

Enquête approfondie, 14 octobre 2025

Le 12 octobre 2025, place de la République à Paris, des centaines de drapeaux bleu-blanc-rouge éclipsent les tags politiques et emblèmes étrangers sous les accents de la Marseillaise. L’élan, porté par un réseau d’influenceurs patriotes mobilise 500 à 2 000 personnes contre la « profanation » du lieu. Mais sous la banderole des Patriotes de la Diversité, association cofondée par Henda Ayari, Ben le Patriote (Benamar), l’événement s’effrite en une célébration festive, vidée de revendications patriotiques ou nationalistes concrètes : ni souveraineté, ni contrôle migratoire, ni justice sociale. Seuls des slogans consensuels (« On est chez nous », « Tout le monde aime la police ») et un discours d’« unité diversifiée » dominent, relayés par CNews et Frontières. Les cris « Macron démission », audibles dans la foule, sont étouffés. « Ce que je dénonce, c’est que les gens qui se sont rassemblés, c’est eux les héros, c’était magnifique. Mais Ben a menti à tout le monde, même aux organisateurs, avec ses ‘Patriotes de la Diversité’, pour placer une association politique derrière », s’indigne Oliv’ Oliv’, commentateur non participant, dans un live récent. Un des acteurs clé du mouvement, avoue également : « On s’est pris la carotte par rapport à l’opération de Ben le Patriote, qui a fait la promotion des Patriotes de la Diversité devant CNews, alors que ce n’était pas censé être le cas. » Ces influenceurs, floués, se sont regroupés sous Les Citoyens Patriotes, excluant Ayari, Ben etc… pour fédérer de façon plus indépendante.

Soutenue par les milliardaires Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin, le lobby pro-israélien ELNET, et des passerelles gouvernementales comme Shannon Seban (Renaissance, pro-européenne), cette récupération révèle une ingénierie sociale où un sionisme de droite canalise la colère populaire pour sécuriser le système libéral. Un écho à 1984, où SOS Racisme, sous un sionisme de gauche, désamorçait la « révolte des Beurs » sous Mitterrand, via des médias qui marginalisent les voix subversives comme celles des Gilets Jaunes, Florian Philippot, François Asselineau et bien d’autres…

1983-1984 : SOS Racisme, un mouvement « de gauche » pour neutraliser les banlieues

En 1983, la Marche pour l’égalité et contre le racisme, initiée, entre autre par Toumi Djaïdja aux Minguettes (Lyon), mobilise 100 000 personnes à Paris contre les violences policières, les discriminations, et la précarité. Son slogan universaliste, « contre toutes les formes de racisme », englobe les injustices subies par les jeunes issus de l’immigration maghrébine. Mais en 1984, SOS Racisme, fondé par Julien Dray et Harlem Désir (proches du PS), récupère cet élan avec des subventions massives (FASTIF, collectivités socialistes) et le soutien de figures comme Bernard-Henri Lévy et Pierre Bergé, liés à des réseaux pro-israéliens.

L’ajout de « contre l’antisémitisme » au slogan réoriente la lutte vers une cause spécifique, influencée par un sionisme de gauche (Lévy, proche du CRIF ; Bergé, mécène pro-israélien). Les revendications radicales – droit de vote pour les étrangers, fin des expulsions – sont éclipsées par un antiracisme moral et festif, sécurisant le tournant libéral de Mitterrand (rigueur économique, privatisations).

Les « leaders beurs », comme Djaïdja, marginalisés, dénoncent une « trahison » (Histoire secrète de SOS Racisme, Serge Malik, 1990).

2025 : Les Patriotes de la Diversité, un mouvement « de droite » pour édulcorer le patriotisme

Le 12 October 2025, place de la République, l’histoire se répète sous un vernis patriotique. L’appel initial, porté par un réseau d’influenceurs se revendiquant patriotes, fédère un mouvement censé lutter contre les « profanations » (tags politiques, drapeaux étrangers). Mais Ben le Patriote,  imposera l’affiliation à Les Patriotes de la Diversité, cofondée avec Henda Ayari. L’événement devient une coquille vide : aucun programme patriotique concret – souveraineté, immigration, précarité – n’émerge. Seule une rhétorique « black-blanc-beur » domine, relayée par CNews (duplex de Ben, oreillette confirmée : « Oui, je vous entends », vidéo du 12 octobre) et le média Frontières, présent sur place via Jordan Rocha (Florentin).

Les influenceurs, floués par Ben, se regroupent sous Les Citoyens Patriotes, fédérant un patriotisme indépendant. « nous nous sommes pris une carotte », déplore l’un d’entre eux dans un live, dénonçant la promotion exclusive de l’association sur CNews, contre l’accord initial.

Ben le Patriote a détourné un mouvement patriotique (1ere Partie)

Ben le Patriote a détourné un mouvement patriotique (2eme Partie)

Un incident secondaire illustre ce détournement : des manifestants tentent de décrocher un drapeau palestinien d’une fenêtre à l’aide de la hampe d’un drapeau tricolore, un geste capturé en vidéo qui trahit une inflexion pro-israélienne, similaire à l’ajout « contre l’antisémitisme » par SOS Racisme. Ce n’est qu’un symptôme d’une récupération plus large, orchestrée pour sécuriser le système libéral.

Le Dôme de Paris : l’incubateur d’un sionisme sécuritaire

Le 26 mars 2025, le meeting « Pour la République, la France contre l’islamisme ! » au Dôme de Paris pose les jalons. Organisé par Agir Ensemble (Arié Bensemhoun et Pierre Dassas, ELNET France), il réunit 4 000 personnes autour d’un narratif anti-islamiste. Manuel Valls appelle à une « offensive contre l’islamisme » (Politis, BFMTV), et Bruno Retailleau fustige le voile dans le sport (« À bas le voile ! », TF1). Ben, invité par Ayari, y fait une apparition. Leur alliance, amorcée en février 2025, repose sur un calcul : Ayari mise sur le reach viral de Ben, franco-algérien et pompier militaire, qui incarne le musulman « intégré ».

Ben et Henda au  » Dôme de Paris » organisée par « Agir Ensemble » (ELNET),  en présence de Bruno Retailleau et Manuel Valls, entres autres…

Ayari, ex-salafiste reconvertie en « Marianne républicaine » (voile ôté chez Ardisson, 2016), est un pion malgré un passé controversé : plaignante dans l’affaire Tariq Ramadan, ses témoignages sont jugés incohérents (Europe 1, 2018). Soutenue par Caroline Fourest (condamnée pour diffamation, Le Monde, 2014) et Raphaël Enthoven (pro-israélien, Franc-Tireur), elle connecte Ben à Caroline Yadan (députée Renaissance franco-israélienne, loi contre l’antisionisme, 2024) et Shannon Seban.

Henda Ayari et Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France

Henda Ayari et Morandini

Henda Ayari entourées de « ses amis » Jean-Claude Elfassi et Jean-Paul Ney de #BTA !

Henda Ayari avec Bruno Attal au défilé du 12 octobre

Ci-dessous, les liens avec ELNET « Rejoignez Ben Le Patriote aux côtés de Bruno Retailleau, Manuel Valls… le 26 mars prochain au Dôme de Paris ! » :

Shannon Seban : la passerelle gouvernementale pro-européenne et pro-israélienne

Shannon Seban, 29 ans, élue Renaissance à Rosny-sous-Bois et présidente du parti en Seine-Saint-Denis, est une passerelle clé entre le gouvernement macroniste, les lobbys pro-israéliens, et un agenda pro-européen.
Formée en droit (Lyon II, 2018), management (EM Lyon, 2019), et affaires européennes (ENA, 2020), elle débute chez Altice France (2019-2023), dans le cercle de Patrick Drahi (BFM TV, RMC, SFR), forgeant son expertise en affaires publiques européennes avant d’entrer pleinement en politique.
Passée par les cabinets de Véran, Dubos, Klinkert, et Le Maire (2019-2023), colistière de Valérie Hayer aux européennes 2024 (« Besoin d’Europe »), elle défend une « Europe souveraine » (La Revue Civique, juin 2024) et promeut les fonds UE en Seine-Saint-Denis (Citoyens.com, mai 2024). Déléguée à la riposte au bureau exécutif Renaissance, elle incarne une voix « inclusive » dans un fief multiculturel.
Directrice des affaires européennes du Combat Antisemitism Movement (CAM, septembre 2025, JPost), elle participe à des sommets ELNET (Vienne, décembre 2024, anti-antisémitisme) et est promue par la LICRA, le CRIF, l’UEJF (campagnes campus anti-BDS), AJC (médias).
Auteure de Française et juive, et alors ? (2025), elle dénonce l’antisémitisme « nouveau » via des plaintes contre LFI et Boris Le Lay, un narratif critiqué comme partial (Mediapart, 2024; Boniface, 2005).
Son tweet (« Bravo aux Patriotes ! ») lie la manif du 12 octobre à Les Patriotes de la Diversité, soutenue par ELNET (126 parlementaires envoyés en Israël depuis 2017), sécurisant un agenda macroniste, pro-UE, et sioniste contre les mouvements patriotes illibéraux ou non européistes.
Directrice des affaires européennes du Combat Antisemitism Movement (CAM, septembre 2025, JPost), elle participe à des sommets ELNET (Vienne, décembre 2024, anti-antisémitisme) et est promue par la LICRA, le CRIF (dîner Élysée 2023), UEJF (campagnes campus anti-BDS), AJC (médias), et Israel Is Forever (dons militaires).
Auteure de Française et juive, et alors ? (2025), elle dénonce l’antisémitisme « nouveau » via des plaintes contre LFI et Boris Le Lay, un narratif critiqué comme partial (Mediapart, 2024; Boniface, 2005).
Son tweet (« Bravo aux Patriotes ! ») lie la manif du 12 octobre à Les Patriotes de la Diversité, soutenue par ELNET (126 parlementaires envoyés en Israël depuis 2017), sécurisant un agenda macroniste, pro-UE, et sioniste contre les mouvements patriotes illibéraux ou non européistes.

Shannon Seban et Ben le Patriote

Liens entre Shannon Seban et ELNET

Liens entre Shannon Seban et la LICRA

Liens entre Shannon Seban et le CRIF

Shannon Seban et « Besoin d’Europe » de valérie hayer

Shannon Seban et Julien Dray

Shannon Seban et Hassen Chalghoumi

Shannon Seban et Marek Halter

Shannon Seban et Bruno Retailleau

Shannon Seban et Prisca Thevenot

Shannon Seban et Gabriel Attal

Shannon Seban et Rachel Khan

Shannon Seban, Joshua L. Zarka et Majek Halter

Jordan Florentin à Shannon Seban : « Vous êtes Issue des rangs Macronistes […] vous êtes bien accueillie ici »

Bolloré, Stérin, ELNET : une collusion libérale et sioniste

L’amplification médiatique est fulgurante. Trois semaines après sa création, Les Patriotes de la Diversité est sur CNews (Bolloré) et Sud Radio (Bercoff, pro-Israël). Ben, en duplex, oreillette à l’oreille, vante une « France de toutes origines » (Le JDD, 12 octobre). Frontières, financé par Stérin via Périclès (150 M€ pour une « union des droites » libérale), titre : « La République envahie par les tricolores ». Bolloré et Stérin (Sommet des Libertés, juin 2025, avec Bardella/Ciotti) forment un tandem pro-ultralibéral (Milei/Trump) et pro-sioniste (ELNET). Leur collusion, via la Nuit du Bien Commun, sécurise un système néolibéral (UE soft, OTAN). ELNET, avec 126 parlementaires envoyés en Israël depuis 2017 (Mediapart, 2024), finance voyages (4 000 €/élu) et sommets (Vienne, 2024), alignant la France sur Israël.

La foule acclame le média Frontières

Guy Courtois : un stratège corporate et militant hérité du socialisme

Guy Courtois, co-fondateur des patriotes de la diversité, apporte une expertise forgée chez LVMH (2000-2010, développement international) et en conseil (A.T. Kearney, Wooyart). Diplômé de l’ESSEC, président du think tank Pour une Renaissance Urbaine (urbanisme esthétique, podcast The Aesthetic City), il grandit à Meudon et revendique un engagement anti-raciste de 30 ans. Sur Sud Radio (11 juin 2025), il évoque sa mère, militante socialiste fondatrice de Musique et Couleur de Tous Pays (1980-1990, événements culturels anti-racistes).

Ce passé modéré cadre son rôle : structurer l’association pour un discours « inclusif » sans remettre en cause les inégalités. Son background corporate renforce l’opportunisme : il professionnalise l’élan à la base, imposant la banderole malgré les boycotts.

Bernard de La Villardière, parrain des Patriotes de la Diversité

un journaliste au service d’un patriotisme consensuel

Bernard de La Villardière, journaliste et grand reporter français connu pour ses enquêtes sur l’antisémitisme, l’islamisme et les extrémismes, est le parrain officiel des Patriotes de la Diversité. Figure médiatique attachée à la République, ancien de Zone interdite (M6), il incarne, selon le site de l’association, « une diversité fière de ses racines » et défend une « République lucide, unie et libre, loin des extrêmes ». Il apporte une pseudo légitimité journalistique à l’association, relayant son appel à un « patriotisme inclusif ». Son soutien renforce l’image « safe » du mouvement, alignée sur un sionisme de droite et un libéralisme pro-système.

Une colère populaire étouffée, des Gilets Jaunes aux illibéraux marginalisés

Cette récupération marginalise les voix subversives. Florian Philippot (Les Patriotes) et François Asselineau (UPR), soutenus par une branche des Gilets Jaunes contre la précarité, l’UE, et Macron, organisent des manifestations plus massives comme celle de la veille (11 octobre 2025) mais demeurent invisibilisées. Philippot (soutien ronds-points 2018, anti-pass sanitaire) et Asselineau (« censure médiatique », Entreprendre-TV, février 2025) incarnent un patriotisme illibéral – pro-Frexit, protectionniste, anti-OTAN – menaçant le système euro-atlantiste.

La manif du 12 octobre, édulcorée, sécurise la macronie et la droite libérale pour 2027.

Une ingénierie sociale : sionisme et libéralisme, de gauche à droite

Le parallèle avec SOS Racisme est frappant. En 1984, un sionisme de gauche (Lévy, Bergé) réoriente la révolte des Beurs vers un antiracisme pro-israélien, protégeant le libéralisme mitterrandien. En 2025, un sionisme de droite (ELNET, Bolloré, Stérin, Seban) canalise la colère patriotique vers un patriotisme festif, pro-système. L’incident du drapeau palestinien n’est qu’un symptôme : le véritable enjeu est l’étouffement des revendications sous une façade tricolore, au service des élites néolibérales.

un agenda pour les élites

Les Patriotes de la Diversité, sous couvert de patriotisme, est un outil d’ingénierie sociale. Bolloré, Stérin, ELNET, et Seban détournent la colère populaire vers un sionisme de droite et un libéralisme pro-système, marginalisant les subversifs. Comme SOS Racisme en 1984, la place de la République redevient un théâtre d’élites.