Déferlement de haine : X cache la traduction hébreu
Vincent VDO – 19/11/2025
Désactivation de la traduction automatique de l’hébreu sur X : cacher la haine plutôt que la sanctionner, pendant que les voix pro-palestiniennes sont poursuivies pour bien moins !
Depuis mi-novembre 2025, X (ex-Twitter) a désactivé la traduction automatique des publications écrites en hébreu vers les autres langues. Officiellement, il s’agit d’une « mesure technique » pour éviter que des erreurs de traduction n’amplifient des contenus violant les règles de la plateforme : appels au génocide, incitations au massacre d’enfants palestiniens, déshumanisation massive. En réalité, cette décision est bien plus grave : au lieu de suspendre les comptes ou de supprimer les messages haineux, X a choisi de les rendre invisibles au reste du monde. Un voile numérique jeté sur des discours qui, traduits, auraient choqué des centaines de millions d’utilisateurs.
Et pendant ce temps, l’asymétrie est criante.
Des milliers de publications en hébreu contenant des phrases comme
« Que tous les bébés de Gaza meurent en une minute »,
« Il n’y a pas d’enfants innocents à Gaza »,
« Rasons tout, y compris les écoles et les hôpitaux »,
restent en ligne, parfois likées par des dizaines de milliers de personnes, sans que leurs auteurs ne soient jamais inquiétés.
À l’inverse, des citoyens soutenant la cause palestinienne, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, sont convoqués par la police, suspendus de leur emploi ou poursuivis en justice pour des propos infiniment moins graves :
- Une étudiante française a été placée en garde à vue 48 heures en novembre 2025 pour avoir écrit « From the river to the sea » sur Instagram.
- Un enseignant britannique a été licencié pour avoir partagé une caricature critique d’Israël.
- En Allemagne, une militante a été condamnée à une amende de 2 400 € pour avoir qualifié les bombardements sur Gaza de « punition collective ».
- Aux États-Unis, des dizaines d’étudiants ont vu leurs visas menacés pour avoir participé à des manifestations pro-palestiniennes pacifiques.
Aucun d’eux n’avait appelé à tuer des enfants. Aucun n’avait célébré des morts civiles. Et pourtant, ils ont été sanctionnés.
Pendant ce temps, celui qui écrit en hébreu « Que les bébés palestiniens meurent avec leurs mères » voit simplement… son message rester intraduisible. Pas de suspension. Pas de signalement efficace. Pas de conséquence.
Cette différence de traitement est documentée :
- Le Centre for Countering Digital Hate (novembre 2025) a montré que 96 % des signalements pour incitation à la haine anti-palestinienne sur X n’aboutissent à aucune suppression.
- 7amleh (Centre arabe pour le développement des médias sociaux) recense plus de 19 000 publications haineuses en hébreu depuis octobre 2023, dont une infime minorité a été retirée.
- En parallèle, les contenus en arabe ou en anglais pro-palestiniens sont supprimés ou shadowbannés à une vitesse record, parfois par erreur algorithmique (le mot « palestinien » lui-même a été temporairement censuré en 2024).
La désactivation de la traduction hébreu n’est donc pas une mesure de protection des utilisateurs.
C’est une mesure de protection de ceux qui appellent au meurtre de masse, pendant que ceux qui dénoncent ce meurtre sont réduits au silence, en ligne et dans la vie réelle.
On ne peut pas d’un côté prétendre lutter contre la haine et de l’autre construire un mur linguistique pour cacher les discours les plus extrêmes, tout en traquant ceux qui, ailleurs, osent simplement dire que les enfants palestiniens ont le droit de vivre.
Cette inégalité n’est pas un bug.
C’est une politique.
Et tant qu’elle durera, la haine continuera de prospérer dans l’ombre d’une langue protégée, pendant que la justice s’acharnera sur ceux qui refusent de se taire.