Il fallait oser, et Betar USA l’a fait. Dans un tweet publié le 3 avril 2025, à 05:54 CEST, ce mouvement sioniste radical, branche américaine du Betar historique, a dévoilé son nouveau projet nauséabond : dresser des listes de Juifs « indésirables » à bannir d’Israël. Le texte, d’une froideur glaçante, ne laisse place à aucun doute : « Nous avons commencé à identifier les noms de Juifs de la diaspora que nous recommanderons d’interdire en Israël. Nous vivons des temps dangereux, et Betar International construit des listes de Juifs non bienvenus. Nous sommes ravis que le kapo Norman Finkelstein ait été banni. » Oui, vous avez bien lu : une organisation juive, censée défendre son peuple, s’attaque à ses propres membres avec une hargne qui évoque les pires cauchemars de l’histoire. Betar ne protège pas Israël ; il le souille, tweet par tweet.

Leur cible est claire : les Juifs de la diaspora qui refusent de se plier à leur vision étroite et belliqueuse du sionisme. Norman Finkelstein, intellectuel juif et fils de survivants de la Shoah, est brandi comme un exemple, affublé du terme « kapo » – une insulte infâme, héritée des camps nazis – pour avoir osé critiquer Israël. Ce n’est pas une simple querelle idéologique ; c’est une tentative de purger la communauté juive de toute pensée divergente, de trier les « vrais » Juifs des « traîtres » avec une morgue qui donne la nausée. Sous couvert de « temps dangereux », Betar s’octroie le droit de jouer les inquisiteurs, transformant un idéal de résistance en un outil de répression interne.

Et l’ironie est suffocante. Betar, né des idéaux de Ze’ev Jabotinsky pour protéger les Juifs contre l’antisémitisme, trahit son propre ADN. Jabotinsky parlait de « hadar », une noblesse d’esprit ; ses disciples d’aujourd’hui préfèrent la bassesse et la division, dressant des listes comme d’autres ont jadis dressé des fichiers, avec des conséquences que l’histoire n’a pas oubliées. Ce n’est pas du sionisme ; c’est une parodie malsaine, un monstre idéologique qui dévore ses propres enfants au nom d’une pureté illusoire.

Le passif de Betar USA ne fait qu’aggraver le tableau. Classé comme groupe extrémiste par l’Anti-Defamation League (ADL) en février 2025, ce mouvement est dénoncé pour son islamophobie, ses tactiques de harcèlement – comme la distribution de « bips » menaçants à des activistes pro-palestiniens – et ses liens avec des groupes d’extrême droite comme les Proud Boys. Betar USA a également trempé dans des alliances troubles, soutenant des politiques répressives sous Trump contre des étudiants pro-palestiniens. Mais s’en prendre à des Juifs ? C’est un seuil franchi, une abomination qui exige une réponse cinglante. Où sont les institutions juives modérées pour condamner cette dérive ? Leur silence est assourdissant face à un groupe historiquement lié au Likoud, parti de Netanyahou, et qui bénéficie encore d’une légitimité imméritée.

Cette liste n’est pas une anecdote ; c’est une déclaration de guerre contre l’âme du judaïsme. Si Betar persiste, si un seul nom est ostracisé pour ses convictions, ce sera une tache indélébile sur un mouvement qui prétend parler au nom d’un peuple. Ils ne parlent pas pour les Juifs ; ils parlent pour leur propre fanatisme, et il est temps que le monde le dise haut et fort : assez.