La compétition spatiale entre la Chine et les États-Unis pourrait connaître un nouvel épisode. Selon des informations relayées par plusieurs médias, des scientifiques chinois affiliés à la China National Nuclear Corporation (CNNC) auraient identifié des failles dans la conception du réacteur nucléaire lunaire développé par la NASA, le Fission Surface Power (FSP). Ce réacteur, destiné à alimenter en énergie les futures bases lunaires dans le cadre du programme Artemis, serait, selon ces critiques, confronté à des problèmes techniques limitant sa durée de vie et son efficacité.

D’après un article publié par *Orbital Today* le 19 mars 2025, les ingénieurs chinois pointeraient un phénomène d’encombrement du combustible (« fuel swelling »), qui réduirait la longévité du réacteur à environ huit ans, loin des ambitions de durabilité nécessaires pour une présence humaine prolongée sur la Lune. En comparaison, la CNNC proposerait une alternative plus compacte, utilisant des tiges de combustible en uranium en forme d’anneau, un refroidissement par métal liquide NaK-78 et une quantité moindre d’uranium (18,5 kg contre 70 kg pour la NASA). Ce design serait, selon les chercheurs chinois, 75 % plus efficace et capable de prolonger significativement la durée de fonctionnement.

Cependant, ces allégations doivent être prises avec prudence. À ce jour, aucune publication scientifique détaillée ni communiqué officiel de la CNNC ou de la NASA n’a corroboré ces informations. Les rapports disponibles, bien que repris par certains médias et réseaux sociaux, manquent de données techniques précises pour confirmer la gravité des supposées failles. Interrogée à ce sujet, la NASA n’a pas encore réagi officiellement, laissant planer le doute sur la portée réelle de ces critiques.

Un enjeu stratégique dans la course lunaire

Ce développement intervient dans un contexte de rivalité croissante entre les deux puissances spatiales. Le programme Artemis de la NASA vise à établir une présence humaine durable sur la Lune d’ici la fin de la décennie, avec des bases alimentées par des sources d’énergie fiables pour supporter les nuits lunaires de 14 jours. De son côté, la Chine ambitionne de construire sa propre station lunaire, l’International Lunar Research Station (ILRS), en collaboration avec des partenaires internationaux. Un réacteur nucléaire performant est crucial pour ces projets, rendant les critiques chinoises potentiellement stratégiques.

Pour Jean Dupont, astrophysicien et consultant en technologies spatiales, « ces annonces pourraient refléter autant une avancée technique chinoise qu’une tentative de communication visant à semer le doute sur les capacités américaines. Sans données vérifiables, il est prématuré de conclure à un retard de la NASA. »

Vers une nécessaire transparence

Alors que la Lune devient un terrain d’enjeux géopolitiques et scientifiques, la véracité de ces informations reste à établir. Les experts appellent à une publication transparente des données techniques par les deux agences pour clarifier la situation. En attendant, cette polémique souligne l’intensité de la course à la suprématie lunaire, où chaque annonce peut redessiner les rapports de force.

Les regards se tournent désormais vers les prochaines déclarations officielles de la NASA et de la CNNC, qui pourraient apporter un éclairage décisif. Une chose est certaine : la Lune, plus que jamais, cristallise les ambitions des grandes puissances spatiales.

*Cet article a été rédigé avec les informations disponibles au 14 avril 2025. Toute nouvelle donnée pourrait faire évoluer l’analyse présentée.