Illustrattion d’Aurore Bergé (Contre7)
Ils mentent, ils exagèrent, ils déforment. Mais surtout, ils recommencent. Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, a une nouvelle fois franchi la ligne rouge. Le 14 avril, elle publie un tweet accusant des manifestants pro-palestiniens d’avoir « ciblé une boulangerie juive » à Strasbourg.
Une boulangerie prise d’assaut à Strasbourg car elle serait israélienne, un homme frappé en pleine rue à Lyon parce qu’il portait une étoile de David…
L’antisémitisme dans notre pays a tué ces dernières années.
Tué parce que les préjugés antisémites les ont désignés comme des… pic.twitter.com/5L4bzxKsfy— Aurore Bergé (@auroreberge) April 13, 2025
L’intention ? Dénoncer un soi-disant antisémitisme rampant, et renforcer encore un peu plus l’amalgame : soutien à la Palestine = haine des juifs.
Mais le hic, c’est que c’est faux. Archi-faux.
Les faits ?
La préfecture du Bas-Rhin a rapidement publié un démenti : il s’agissait d’un accrochage entre deux personnes devant la boulangerie, sans aucun rapport avec son identité supposée ni avec la manifestation. Pas de “ciblage”, pas d’acte antisémite.
Juste une instrumentalisation de la part d’une ministre qui, comme bien d’autres, confond engagement politique et opération de propagande.
Mais ce n’est pas une erreur. C’est une méthode.
Aurore Bergé ne dérape pas. Elle suit un script. Celui que récitent, à la virgule près, Yaël Braun-Pivet, Élisabeth Borne, Christian Estrosi, Julien Dray, Jordan Bardella, Rachel Khan, Louis Sarkozy, et tant d’autres. Une élite politique et médiatique qui se pose en défenseure inconditionnelle d’Israël, quitte à tordre la réalité pour imposer son récit.
Quand Israël bombarde Gaza, ce sont les « terroristes » du Hamas qu’il faut dénoncer. Quand des milliers de civils palestiniens meurent, il faut parler de « boucliers humains ». Et quand des Français manifestent leur solidarité avec le peuple palestinien, on cherche le prétexte pour leur coller l’étiquette d’antisémites. Voilà comment on fabrique l’adhésion, par la peur et l’amalgame.
Et ce n’est pas un hasard. C’est une stratégie.
Car derrière ces visages familiers des plateaux télé, il y a une organisation. Un lobby sioniste bien implanté, structuré, organisé. Parmi ses relais les plus influents : la loge B’nai B’rith, discrète mais puissante, reconnue comme une obédience maçonnique ultraminoritaire mais hyperactive. Elle œuvre à la défense des intérêts israéliens à travers le monde, en se présentant comme un simple réseau de « lutte contre l’antisémitisme ».
Et puis il y a les sayanim — ces « aides » extérieures au Mossad, souvent issus de la diaspora, qui prêtent main forte dans la guerre de l’information, le renseignement, ou l’influence. Un mot longtemps tabou en France, mais une réalité documentée. Des centaines, voire des milliers d’individus, présents dans les médias, les institutions, les partis politiques, toujours prêts à distiller la bonne parole sioniste et à saboter toute critique d’Israël en l’assimilant à un délit.
Pourquoi mentir ? Pourquoi manipuler ?
Parce que l’opinion publique européenne, et notamment française, est en train de basculer. Les massacres à Gaza, les chiffres effrayants (plus de 35 000 morts, des hôpitaux ciblés, des enfants mutilés), les images qui circulent malgré la censure — tout cela change la donne.
Et c’est là que le rôle des Bergé et compagnie devient crucial : brouiller les cartes, occuper l’espace médiatique, et imposer un cadre mental dans lequel Israël reste la victime éternelle, et ses critiques des antisémites potentiels. On parle de « guerre cognitive ». Ici, on est en plein dedans.
Ce n’est pas du militantisme. C’est de la propagande.
Et quand la propagande s’installe dans les ministères, dans les rédactions, dans les talk-shows, alors ce n’est plus une démocratie. C’est un conditionnement.
Combien de fois encore verra-t-on ces responsables politiques falsifier les faits, être démentis publiquement par la police ou les autorités locales, sans jamais s’excuser ni reculer ? C’est que le but n’est pas d’avoir raison. Le but, c’est de matraquer un message, d’imposer une vision binaire et manichéenne du conflit : eux, les bons. Les autres, les barbares.
Ce climat délétère est voulu, planifié, orchestré.
Et si personne ne le dénonce, il s’enracinera.
Contre7 prend position. Clairement. Pour fermer le clapet de nos détracteurs, nous anticipons : OUI, NOUS CONDAMNONS L’ATTAQUE DU 07 OCTOBRE 2023. Mais nous refusons cette manipulation permanente de l’information au profit d’un État qui a fait du mensonge une arme de guerre. Nous refusons que la critique d’Israël soit criminalisée, alors que des enfants meurent sous les bombes. Nous refusons que des sayanim déguisés en ministres fassent la loi dans les rédactions.
La prochaine fois qu’Aurore Bergé publiera un tweet « d’indignation », posez-vous une seule question :
À qui profite le mensonge ?