Illustrattion réalisée par Contre7
Il y a des cris d’indignation qui sonnent comme des aveux d’impuissance. Celui de Thierry Breton, sur X, en est un parfait exemple. L’ancien commissaire européen, qui a claqué la porte de l’UE en septembre 2024 après avoir dénoncé la gouvernance douteuse d’Ursula von der Leyen, s’époumone encore pour défendre une institution qui s’effondre sous nos yeux. Son dernier coup d’éclat ? S’indigner du refus de Donald Trump de recevoir von der Leyen, qualifiant cela d’humiliation pour l’UE. Pathétique. Le peuple, lui, n’en a plus rien à faire des jérémiades de ce censeur déchu.
Breton, cet ancien « tsar de la censure » autoproclamé, connu pour ses croisades contre X et Meta sous couvert de la Digital Services Act, s’accroche désespérément à une vision d’une Europe unie et respectée. Mais son indignation face au mépris de Trump – qu’il appelle une humiliation – est aussi creuse qu’un vieux tambour. Qui prend encore l’UE au sérieux ? Pas Trump, visiblement, qui snobe von der Leyen, « LA représentante légitime de l’UE », comme Breton le clame avec une emphase presque risible. Et encore moins les citoyens européens, qui, depuis le référendum de 2005 en France – où 55 % ont dit « Non » à la Constitution européenne –, ne cessent de tourner le dos à cette machine technocratique.
L’ironie de la situation est presque savoureuse. Breton, qui défend l’UE avec tant de zèle, a lui-même été éjecté par celle qu’il soutient. En septembre 2024, von der Leyen aurait fait pression sur Paris pour remplacer Breton, invoquant des « raisons personnelles » qu’elle n’a jamais pris la peine d’expliquer, selon The Guardian. Et pourtant, le voilà, tel un courtisan éconduit, prêt à ramper aux pieds de celle qui l’a humilié. On frôle le tragicomique.
Mais le fond du problème est ailleurs. L’UE que Breton défend est en train de s’effondrer, minée par ses propres contradictions. Von der Leyen, que Breton semble vouloir protéger malgré tout, incarne cette dérive. Entre ses SMS opaques dans l’affaire des vaccins Pfizer – un scandale jamais élucidé – et son style de gouvernance autoritaire, elle a transformé la Commission en une citadelle bureaucratique, coupée des réalités des citoyens. Sous sa houlette, l’UE est devenue une entité que plus personne ne respecte, ni à l’intérieur ni à l’extérieur. Trump, avec son mépris affiché, ne fait que mettre en lumière une vérité que beaucoup murmurent depuis longtemps : l’Union européenne est une coquille vide, incapable de se relever.
Breton peut bien s’agiter sur X, invoquer Friedrich Merz ou appeler von der Leyen à « résister » à Trump, cela n’y changera rien. L’UE qu’il chérit tant est en chute libre, et il le sait. Les réactions à son post sur X parlent d’elles-mêmes : « Elle ne représente personne », « L’UE n’est pas une nation », « Restez à votre place ». Le peuple, que Breton prétend défendre, l’a abandonné depuis longtemps. Et pendant que l’ancien commissaire joue les Don Quichotte d’une cause perdue, l’UE continue de s’enfoncer, entraînée par une présidente qui, loin de la sauver, précipite sa chute.