L’affaire de Porté-Puymorens aurait pu n’être qu’un banal épisode de prudence sécuritaire. Mais en France, il suffit qu’un mot déclenche l’hystérie collective pour que toute une caste politico-médiatique s’emballe : « Israël ». Dès lors, plus besoin de vérifier les faits, d’attendre l’enquête, ni même de lire un communiqué officiel : il fallait condamner, hurler, dénoncer un prétendu scandale antisémite.

Que s’est-il réellement passé ? Le parc de loisirs Tyrovol a annulé la venue d’un groupe de 120 enfants israéliens. La raison ? Des conditions météorologiques dégradées, des consignes de sécurité impossibles à faire respecter pour un groupe aussi important, et le principe élémentaire de précaution. Pas de quoi faire trembler la République. Sauf que… certains médias ont préféré titrer sur un « refus d’accueil d’Israéliens » et certains responsables politiques ont immédiatement sorti les grands mots : discrimination, antisémitisme, honte nationale.

Sauf qu’il suffisait d’attendre le communiqué du gérant, Floran Schaack, daté du 25 août 2025, pour constater que ces accusations relèvent plus du procès d’intention que de la réalité. Schaack rappelle que sa décision « n’était pas fondée sur une conviction intime, mais sur une appréciation objective des conditions de sécurité », rappelant les intempéries et la difficulté à garantir que 120 enfants comprennent parfaitement des consignes vitales en cas de problème. Bref, rien de politique, rien de personnel, seulement du bon sens.

Et que disent les faits 

aujourd’hui ? La mise en examen a abouti à une libération sans contrôle judiciaire. Les accusations d’antisémitisme n’ont pas été retenues. L’enquête ne se poursuit que sur un volet secondaire lié à une « possible discrimination de nationalité », une qualification qui relève surtout du vernis administratif. Autrement dit : le grand procès du siècle sur fond de racisme supposé s’évapore en un dossier de sécurité classique.

Mais le mal est fait. Les unes de presse, les indignations prématurées et les tweets enflammés ont déjà circulé. Les mêmes qui, quelques mois plus tôt, restaient étrangement silencieux quand des Palestiniens se faisaient refouler ou tabasser aux frontières, trouvent soudain dans un parc accrobranche des relents de Vichy. L’absurde devient norme.

La réalité, elle, est beaucoup moins croustillante : l’organisateur avait été prévenu suffisamment tôt, le déplacement a été annulé en amont, et les familles ont été remboursées intégralement dès la veille. Aucun enfant n’a donc mis un pied sur le site, aucun n’a subi de refus d’entrée, et surtout, personne n’a été mis en danger. Mais pourquoi s’embarrasser de faits quand le storytelling de la persécution fonctionne si bien ?

Cette affaire révèle une mécanique devenue familière : d’abord l’accusation médiatique, ensuite la récupération politique, et enfin, beaucoup plus tard, une timide rectification. Entre-temps, la réputation d’un gérant de parc est broyée, et la presse se sera une nouvelle fois ridiculisée en confondant sécurité avec idéologie.

À force, on pourrait presque en rire. En France, on manque de Canadair pour éteindre les incendies, mais on a toujours une armée de pyromanes médiatiques pour enflammer l’opinion. Le plus ironique ? C’est que la prudence du gérant a permis d’éviter un drame qui, s’il s’était produit, aurait déclenché exactement la même meute politico-médiatique, mais cette fois pour dénoncer son imprévoyance.

En somme : coupable s’il agit, coupable s’il n’agit pas. Bienvenue dans la République de l’indignation automatique.

👉 Sources :

  • France Bleu – Refus d’accueillir des jeunes Israéliens : le gérant invoque des raisons de sécurité
  • Actu.fr – Jeunes Israéliens refoulés : le gérant sort du silence
  • Communiqué officiel du parc Tyrovol, 25 août 2025