Le 16 septembre 2025, les États-Unis et le Royaume-Uni ont signé le « Tech Prosperity Deal », un accord injectant 42 milliards de dollars dans l’intelligence artificielle (IA) et l’énergie nucléaire civile, porté par des mastodontes comme Microsoft, Amazon, Nvidia, Oracle, BlackRock, OpenAI, CoreWeave et, indirectement, Palantir. Présenté comme un « changement générationnel » pour créer 7 600 emplois et révolutionner la santé et l’énergie, ce pacte cache une menace insidieuse : une surveillance de masse accrue et une mainmise de l’ultra-libéralisme sur les données et la souveraineté des citoyens. Alors que l’Union européenne (UE) fait mine de résister avec des régulations comme le RGPD et l’AI Act, l’implication d’acteurs comme BlackRock et Palantir, alliés à la résignation du public, rapproche dangereusement nos sociétés de la vision dystopique de Klaus Schwab, où la vie privée est sacrifiée au nom du progrès.

Un réseau d’infrastructures au service de la surveillance

Le « Tech Prosperity Deal » finance des data centers et superordinateurs dopés à l’IA, censés accélérer la recherche médicale et l’énergie durable. Mais les entreprises impliquées – Microsoft, Amazon (AWS), Oracle – sont des partenaires de longue date des services de renseignement. Microsoft et AWS fournissent des services cloud à la CIA et à la NSA, tandis que le GCHQ britannique collabore avec AWS pour des projets de surveillance. **Palantir**, bien que non listé officiellement, est un acteur clé de cet écosystème : fondée avec l’appui d’In-Q-Tel (le fonds d’investissement de la CIA), cette entreprise excelle dans l’analyse prédictive pour la NSA, le FBI et le ministère britannique de la Défense. Ses outils, comme Gotham, permettent de croiser des bases de données massives pour traquer individus et comportements, souvent au détriment des libertés fondamentales.

Ce n’est pas tout : BlackRock, géant de la finance ultra-libérale, investit 500 millions de livres dans l’accord, renforçant l’emprise des multinationales sur les infrastructures critiques. BlackRock, souvent critiqué pour son influence démesurée sur les politiques économiques mondiales, symbolise un modèle où les intérêts privés priment sur la souveraineté des peuples. Ces connexions rappellent des scandales passés : l’opération Rubicon, où la CIA et le BND espionnaient des alliés via la société Crypto AG (révélée en 2020), et le programme PRISM, dévoilé par Edward Snowden en 2013, où Microsoft, Amazon et d’autres livraient des données à la NSA, y compris sur des citoyens européens. Snowden avertissait alors : « La surveillance de masse n’est pas seulement une question de vie privée, c’est une question de pouvoir. » Les data centers britanniques financés par l’accord, notamment par BlackRock et Palantir, pourraient collecter des données européennes, menaçant la souveraineté numérique de l’UE.

Une population conditionnée à abandonner sa vie privée

Malgré ces risques, le public semble de plus en plus résigné. Les promesses de 7 600 emplois, d’avancées médicales et d’énergie durable éclipsent les inquiétudes sur la vie privée. Les Big Tech, avec leurs services omniprésents (Google, Amazon, Microsoft), désensibilisent les citoyens à la collecte de données, tandis que BlackRock finance des projets qui concentrent le pouvoir économique entre les mains de quelques acteurs ultra-libéraux. Palantir, avec ses contrats controversés (ex. : NHS, Home Office), illustre comment des outils d’IA peuvent transformer des données anodines en profils intrusifs, souvent sans transparence.

Cette résignation est amplifiée par une ingénierie sociale sophistiquée : campagnes médiatiques vantant l’innovation, intégration des technologies dans la vie quotidienne, et rhétorique sécuritaire justifiant la surveillance face aux menaces géopolitiques (Chine, Russie). Les scandales PRISM et Rubicon, révélés des années après leur mise en œuvre, montrent que les abus peuvent rester cachés longtemps, laissant les infrastructures s’enraciner.

L’UE, souvent vantée comme un rempart, fait mine de résister avec le RGPD et l’AI Act. En réalité, ses gouvernements et entreprises dépendent des technologies américaines (AWS, Azure) pour leurs administrations et services de santé. Les crises, comme les applications de traçage COVID en 2020, ont normalisé les technologies invasives. Une partie du public européen, accaparée par des préoccupations économiques, reste indifférente aux enjeux de vie privée, facilitant la mainmise des Big Tech et de firmes comme BlackRock sur les données et les politiques publiques.

Une convergence avec la vision ultra-libérale de Klaus Schwab

Cette dynamique s’aligne avec la vision de Klaus Schwab, président du Forum économique mondial, souvent dénoncé pour son apologie de l’ultra-libéralisme. Schwab envisage une société hyper-connectée où la perte de vie privée est un compromis acceptable pour le progrès, déclarant : « Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre. » Le « Tech Prosperity Deal », avec ses partenariats public-privé, l’implication de BlackRock et les outils de surveillance de Palantir, incarne cette philosophie : des infrastructures d’IA et de cloud qui normalisent la collecte massive de données, au profit d’intérêts privés et sécuritaires. Cette convergence n’est pas un hasard : elle reflète un agenda où les multinationales, soutenues par des gouvernements complices, redessinent les sociétés au détriment des libertés individuelles.

À moyen terme, cette trajectoire semble inexorable. L’UE, malgré ses régulations, adopte les technologies des Big Tech, tandis que l’ingénierie sociale – campagnes positives, rhétorique sécuritaire, dépendance technologique – conditionne les populations à accepter la transparence imposée. Sans un sursaut populaire, cette dynamique menace non seulement la vie privée, mais aussi la **souveraineté intellectuelle**, où les citoyens perdent le contrôle de leurs données et de leur autonomie face à des systèmes d’IA opaques, pilotés par des acteurs comme BlackRock et Palantir.

Un sursaut citoyen pour contrer l’ultra-libéralisme

Le « Tech Prosperity Deal » n’est qu’un symptôme d’une dynamique mondiale où la surveillance devient le prix de l’innovation, portée par des géants comme BlackRock et Palantir, symboles d’un ultra-libéralisme débridé. Comme PRISM et Rubicon, les abus pourraient n’être révélés que dans des années, après que les infrastructures se sont ancrées. L’UE, en faisant mine de résister, ne fait que ralentir une convergence vers la vision de Klaus Schwab, où la transparence imposée et l’emprise des multinationales dominent. Seule une mobilisation citoyenne massive, soutenue par des lanceurs d’alerte et des organisations comme EDRi ou NOYB, peut enrayer cette érosion de la vie privée et préserver une souveraineté intellectuelle menacée. Sans ce sursaut, l’agenda ultra-libéral de Schwab risque de devenir notre réalité, plus vite qu’on ne le croit.