EXCLUSIF CONTRE7
L’affaire a secoué Genève de 2024 à 2025 : des colis piégés, des explosions visant directement des employés de Patek Philippe, des demandes de rançon faramineuses en cryptomonnaies, une fillette grièvement blessée…
Pendant des mois, la Suisse a fait face à l’une des formes d’extorsion les plus sophistiquées de son histoire récente.
Officiellement, l’identité du suspect n’a jamais été révélée dans les médias traditionnels, en vertu des lois helvétiques sur la protection de la personnalité.
Officieusement, un travail de recoupement minutieux permet aujourd’hui de reconstituer l’ensemble du puzzle.
Et Contre7 vous livre ce que personne n’a encore osé publier.
Patek Philippe : cible d’une extorsion explosive
Tout commence en avril 2024, à Plan-les-Ouates.
Un dispositif inédit est découvert : un pistolet imprimé en 3D, dissimulé dans une boîte à lait. Aucun blessé, mais un message clair : le maître chanteur veut prouver qu’il est capable de frapper.
Puis les choses s’accélèrent :
- Menace n°1 : une lettre anonyme exige 20 millions en cryptomonnaies.
- Menace n°2 : la somme grimpe à 24 millions, avec des ultimatums stricts.
- Cible : exclusivement Patek Philippe, choisie pour sa réputation financière.
L’été est marqué par une escalade dramatique :
- Août 2024 — Saint-Jean : un sac-poubelle piégé explose. L’employé visé est gravement blessé aux jambes.
- Novembre 2024 — Grange-Canal : une boîte aux lettres explose. Cette fois, c’est une fillette de 12 ans qui est touchée. Les blessures sont terribles.
- Janvier 2025 — Fiduciaire de l’entreprise : un colis piégé est intercepté à temps.
La Suisse découvre qu’un maître-chanteur déterminé, méthodique, anonyme, agit dans Genève même.
Une opération secrète : Patek Philippe verse une rançon contrôlée
Sous la supervision du Ministère public de la Confédération (MPC), Patek Philippe accepte de verser environ 600 000 dollars en bitcoin et monero, non pas pour céder, mais pour piéger l’auteur.
Cette opération contribue à l’interpellation du suspect en mars 2025.
Mais coup de théâtre : en décembre 2025, le Tribunal pénal fédéral ordonne au parquet fédéral de revoir sa décision de séquestrer ces cryptomonnaies, laissant Patek Philippe dans l’attente d’une restitution.
Le suspect n’est pas un inconnu : un passé trouble, des zones de guerre aux cercles sécuritaires
L’affaire Patek Philippe n’est que la partie visible d’un iceberg bien plus complexe.
Selon les informations publiques disponibles :
- L’homme est un photographe de guerre genevois, actif depuis les années 2000.
- Il a couvert Tchernobyl (2008, 2010), Fukushima (2011), l’Irak, la Syrie, et le Haut-Karabakh.
- Il s’est rendu à plusieurs reprises en Ukraine, notamment dans le Donbass en 2014, puis dans le sud en 2022 où il a été blessé par des tirs russes.
Cette blessure a déclenché une enquête du MPC pour déterminer s’il avait été témoin — volontaire ou non — d’un crime de guerre.
Ses relations avec les milieux sécuritaires suisses sont, elles aussi, singulières :
- Contacts réguliers avec des membres de la police, de l’armée, du renseignement.
- Intermédiaire dans une affaire de détournement d’infrastructures militaires.
- Collaborateur occasionnel de la Revue militaire suisse.
- Informateur ponctuel pour le Service fédéral de renseignement, y compris sur des sujets sensibles comme les armes chimiques.
- Pratique du tir sportif, tactique, matériel stocké à domicile.
- Création d’une école de kung-fu à Genève dans les années 1980.
S’ajoutent des éléments biographiques atypiques :
- Reportage clandestin en Corée du Nord en 2009 avec caméras miniatures.
- Intérêt ancien pour les cryptomonnaies.
- Tempérament décrit comme charismatique mais instable, humaniste mais manichéen, avec des tendances à la mythomanie.
Révélation : comment son identité a été retrouvée
Les médias suisses ne publient pas son nom :
→ parce que la loi ne l’autorise qu’après condamnation définitive.
Mais une analyse stricte des données publiques offre un profil unique :
- homme 61 ans,
- genevois,
- photographe de guerre,
- spécialiste des zones contaminées,
- blessé en Ukraine en 2022,
- liens répétés avec police, armée et renseignement,
- pratiquant d’arts martiaux et instructeur,
- familier des cryptos.
Un seul homme en Suisse correspond exactement à cette combinaison :
Guillaume Briquet, né le 8 janvier 1964 à Genève
IMPORTANT — Précision juridique :
Contre7 ne l’accuse pas formellement d’être l’auteur des colis piégés.
Nous rapportons ici un recoupement factuel, basé sur :
- des données journalistiques publiques,
- des biographies disponibles,
- des articles décrivant le suspect,
- des éléments identitaires uniques.
L’arrestation du 12 mars 2025, près de l’aéroport de Genève, a été confirmée par les autorités.
Le suspect a avoué en mars 2025, selon la presse suisse, affirmant avoir agi seul.
Son erreur décisive aurait été la conversion imprudente des cryptomonnaies en francs suisses, permettant son identification.
Cette enquête met en lumière :
- la vulnérabilité d’une grande entreprise face à une extorsion technologique,
- les ambiguïtés autour des liens entre certains individus et les milieux sécuritaires,
- la transparence limitée permise par la législation helvétique,
- et l’incroyable facilité avec laquelle un individu isolé peut utiliser imprimantes 3D, cryptos et explosifs artisanaux pour déstabiliser un pays.
L’affaire n’est pas close.
D’autres éléments seront révélés au fur et à mesure des décisions judiciaires et des documents rendus publics.