La sanction vient de tomber contre l’avocate extravertie, influenceuse sur Instagram, qui s’était fait connaître par ses réactions lors du Procès Mazan dans une affaire où Gisèle Pelicot avait été violée par des dizaines d’hommes. Elle défendait alors Jean-Marc Leloup, 74 ans, chauffeur routier à la retraite : coupable de viol aggravé et condamné à 6 ans de réclusion criminelle avec mandat de dépôt alors que 19 ans avaient été requis ; et Omar Douiri, 36 ans, agent d’entretien : 12 ans requis par le procureur, coupable de viol aggravé, condamné à 8 ans de prison.

Le procès des viols de Mazan, qui s’est tenu du 2 septembre au 19 décembre 2024 devant la cour criminelle d’Avignon, a été l’un des plus médiatisés de ces dernières années en France. L’affaire concernait plusieurs décennies de violences sexuelles et de soumission chimique imposées par Dominique Pelicot à son épouse Gisèle Pelicot, suivies d’actes commis par 51 hommes qui l’ont violée à son insu. L’ensemble des accusés a été reconnu coupable, avec des peines allant de quelques années de prison à vingt ans pour Pelicot lui-même.

Me Nadia El Bouroumi, avocate inscrite au barreau d’Avignon, avait attiré l’attention du public pendant le procès pour ses prises de parole et ses vidéos partagées sur les réseaux sociaux. Son comportement, jugé polémique par certains observateurs, a conduit le bâtonnier de l’ordre des avocats d’Avignon à saisir le conseil régional de discipline des barreaux de la cour d’appel de Nîmes pour des faits liés à ces publications.

 Le conseil régional de discipline de la cour d’appel de Nîmes a rendu sa décision ce jeudi concernant les vidéos postées par l’avocate avignonnaise Nadia El Bouroumi pendant le procès des viols de Mazan. Elle est relaxée pour la première vidéo, mais condamnée pour la seconde.

L’avocate avignonnaise Nadia El Bouroumi est condamnée à quatre mois d’interdiction d’exercer la profession d’avocat, dont deux avec sursis pour sa vidéo postée sur Instagram pendant le procès des viols de Mazan, dans laquelle elle chante sur la chanson « Wake me up before you go », qui veut dire en français « réveille moi avant de partir ».

La sanction est moins sévère que les 18 mois d’interdiction d’exercer qui avaient été requis à son encontre au cours de l’audience disciplinaire, mais elle reste lourde de conséquences pour sa carrière juridique.

Cette affaire soulève plus largement la question de la frontière entre la défense légitime des intérêts d’un client et l’usage des réseaux sociaux par des professionnels du droit, à une époque où la communication et la médiatisation des procès influencent de plus en plus la perception publique de la justice.