Suite à l’intervention militaire américaine du 3 janvier 2026 ayant conduit à la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, la Russie et la Chine, deux alliés stratégiques de longue date du Venezuela, ont réagi avec vigueur. Cette opération, accompagnée d’un blocus naval sur les tankers pétroliers sanctionnés, a exacerbé les tensions géopolitiques et énergétiques, plaçant Moscou et Pékin en première ligne de la contestation internationale.

La Russie : Condamnation ferme et défi maritime direct

La Russie a qualifié l’action américaine d’« agression armée » et d’« acte d’agression » contre un État souverain. Le ministère des Affaires étrangères russe a appelé à la libération immédiate de Maduro, affirmant que le Venezuela doit pouvoir déterminer son avenir sans ingérence militaire extérieure. Moscou a également soutenu la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, demandée conjointement avec la Chine et la Colombie, pour dénoncer cette violation du droit international.

Sur le plan maritime, la Russie a directement contesté le blocus imposé par les États-Unis fin décembre 2025. Le tanker Bella 1 (rebaptisé Marinera), initialement en route vers le Venezuela pour charger du pétrole, a vu son équipage peindre un drapeau russe sur sa coque et l’enregistrer sous pavillon russe après une tentative d’interception par les garde-côtes américains. Moscou a déposé une protestation diplomatique formelle auprès de Washington, exigeant l’arrêt immédiat de la poursuite de ce navire, qui fuit désormais dans l’Atlantique Nord. Ce geste illustre la détermination russe à protéger ses intérêts énergétiques et à tester les limites de l’application du blocus américain.

La Chine : Condamnation virulente et préoccupations économiques

Pékin a exprimé être « profondément choqué » par l’intervention américaine, qualifiant celle-ci d’« acte hégémonique » et de violation flagrante du droit international, de la souveraineté vénézuélienne et de la paix régionale en Amérique latine et dans les Caraïbes. Le ministère des Affaires étrangères chinois a appelé les États-Unis à cesser de « renverser » des gouvernements souverains, à libérer Maduro et à respecter les principes de non-ingérence. La Chine a également participé activement au débat au Conseil de sécurité des Nations unies, où elle a accusé Washington d’agir comme un « juge mondial ».

Économiquement, la Chine – principal acheteur de pétrole vénézuélien (environ 80 % des exportations) et créancier majeur de Caracas – est directement impactée par le blocus. Des supertankers, souvent destinés à la Chine, ont quitté les ports vénézuéliens en « mode obscur » (transpondeurs AIS éteints) pour transporter des millions de barils de brut lourd vers l’Asie, malgré les risques. Pékin a condamné les saisies de tankers par les États-Unis comme illégales et prépare des ajustements : les raffineries chinoises se tournent vers d’autres sources (Iran, Russie) pour compenser les perturbations potentielles. Malgré ces défis, la Chine réaffirme que sa coopération avec le Venezuela restera inchangée, même après la capture de Maduro.

Un front commun contre l’hégémonie américaine ?

La Russie et la Chine, par leurs condamnations diplomatiques conjointes et leurs actions sur le terrain (maritime pour Moscou, économique pour Pékin), se positionnent comme les principaux contrepoids à l’influence américaine en Amérique latine. Cette crise renforce leur narrative d’un monde multipolaire face à une puissance unilatérale, tout en soulignant les risques d’escalade autour des ressources pétrolières et de la souveraineté nationale.

Sources :

  • The Atlantic, Reuters, The New York Times, BBC, Al Jazeera, The Washington Post, CNN, The Guardian, Hindustan Times, NBC News, Axios (janvier 2026)
  • Rapports de TankerTrackers.com et analyses maritimes sur les tankers (Bella 1/Marinera, supertankers vers la Chine)