Le verdict du 26 février 2026

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Alain Soral à deux ans de prison ferme assortis d’un mandat d’arrêt. Les chefs d’accusation retenus incluent l’association de malfaiteurs, l’apologie du terrorisme, la provocation directe en ligne à un acte de terrorisme et des injures publiques en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion.

Aucune apologie directe imputable à Soral

Une analyse précise des faits montre que Soral n’a pas personnellement produit ou exprimé d’apologie du terrorisme. Aucune citation, aucune déclaration personnelle ne glorifie explicitement les attaques du 7 octobre 2023 ni n’appelle à la violence. La condamnation repose sur le rôle du site Égalité & Réconciliation (dont il est le directeur de publication) qui a hébergé entre 2020 et 2024 une émission radio intitulée « Axe de la Résistance ». Cette émission adoptait une ligne géopolitique pro-iranienne et critique envers Israël « avec des jingles incluant des chants du Hezbollah et des sourates » . Le site aurait également « servi de relais » pour des liens ou publications liés au canal Telegram du même nom, administré par d’autres personnes.

Un simple relais d’analyse géopolitique

Il s’agit donc d’un hébergement et d’un relais dans le cadre d’une analyse géopolitique, non d’une création ou d’une promotion active de contenus illicites par Soral lui-même. La justice a qualifié ce relais d’« amplification » en raison de l’audience historique du site, mais cette visibilité ne transforme pas automatiquement un relais critique en complicité criminelle.

Une peine disproportionnée

La peine de deux ans ferme apparaît disproportionnée par rapport aux faits : la principale animatrice du réseau Telegram a écopé d’un an ferme, et les réquisitions du parquet visaient trois ans contre Soral. La récidive judiciaire de l’intéressé (plusieurs condamnations antérieures) a sans doute aggravé la sanction, mais elle ne justifie pas à elle seule une telle sévérité pour un rôle indirect.

Le rôle contestable de la LICRA

La présence de la LICRA comme partie civile accentue le sentiment de partialité. Cette association, systématiquement impliquée dans les dossiers concernant Soral, obtient régulièrement des condamnations en se présentant comme défenseur de l’antiracisme. Pourtant, son action judiciaire cible de manière récurrente les critiques de la politique israélienne ou les analyses géopolitiques alternatives sur le Moyen-Orient. Sous couvert de lutte contre l’antisémitisme, elle exerce une influence militante qui oriente souvent les poursuites vers des voix dissidentes. Dans ce procès, comme dans de nombreux précédents, la LICRA a contribué à qualifier le relais d’une émission géopolitique comme une « promotion de propagande haineuse », alors que les éléments d’apologie provenaient d’autres acteurs du réseau.

La réaction officielle sur Égalité & Réconciliation

Sur son site, Égalité & Réconciliation a publié une réponse immédiate intitulée « Alain Soral condamné à deux ans de prison ferme par la justice franco-israélienne ». L’article dénonce une persécution politique et une instrumentalisation judiciaire, qualifiant le tribunal de « justice franco-israélienne » pour souligner une supposée mainmise sur les institutions françaises. Il insiste sur l’absence totale d’apologie directe de la part de Soral, présente l’hébergement de l’émission comme une simple diffusion d’analyse géopolitique critique, et accuse la LICRA d’être une officine au service d’intérêts pro-israéliens. Le texte annonce un appel probable et invite à soutenir le site, en dénonçant une atteinte flagrante à la liberté d’expression sur les questions du Moyen-Orient.

egaliteetreconciliation.fr/Alain Soral condamné à deux ans de prison ferme par la justice franco-israélienne

Un traitement inégal des discours controversés

Cette affaire illustre un traitement inégal : des discours controversés ou des glorifications dans d’autres contextes font l’objet de poursuites plus modérées, tandis que les analyses critiques envers Israël ou les ingérences occidentales au Moyen-Orient entraînent des peines lourdes. La combinaison d’une audience importante, d’un passé judiciaire chargé et d’une partie civile militante semble avoir pesé plus que les faits précis.

Un parcours marqué par des persécutions judiciaires répétées

Alain Soral fait l’objet depuis plus de quinze ans d’un acharnement judiciaire exceptionnel : des dizaines de procédures, des condamnations cumulées à plusieurs années de prison ferme (souvent avec sursis ou aménagements), des interdictions de territoire, des saisies et des censures multiples. Cette accumulation de poursuites, souvent initiées par les mêmes associations et pour des motifs similaires (critiques géopolitiques, négationnisme, incitation à la haine), est perçue par ses soutiens comme une stratégie d’épuisement et de neutralisation d’une voix dissidente. Ce dossier s’inscrit dans une continuité qui renforce l’impression d’un traitement judiciaire ciblé, où la récidive invoquée sert parfois de prétexte à des sanctions de plus en plus sévères.

Vers un appel…

Un appel permettra sans doute de réexaminer ces éléments, car ce jugement dépasse le cas individuel pour interroger la liberté d’analyser librement les conflits géopolitiques sans risquer une criminalisation systématique.

La justice doit appliquer les lois de manière impartiale, sans se laisser influencer par des priorités militantes ou des narratifs dominants.