Quand la République confie ses rênes à des hommes sans boussole morale, faut-il encore s’étonner du chaos ?

Quand l’exemplarité devient optionnelle

Il fut un temps – lointain, mythifié – où la République se voulait exemplaire. Les ministres, les présidents d’institutions, les élus se savaient tenus à un devoir d’honneur. Aujourd’hui ? C’est le concours Lépine de l’impunité. L’éthique ? Une variable d’ajustement. La légitimité ? Un slogan pour faire joli dans les discours. Et pendant que les Français désertent les urnes ou votent avec rage, les puissants, eux, verrouillent le système.

Bayrou : le retour du miraculé

François Bayrou, le revenant politique par excellence. Il chute, il revient, il promet, il trahit. L’homme est un oxymore vivant : modéré dans les discours, extrême dans le mépris des avertissements.

La bombe Bétharram explose au moment où il redevient Premier ministre, comme une malédiction collée à ses mocassins. Accusé de n’avoir rien fait – ou plutôt d’avoir tout tu – face aux violences sexuelles dans un établissement dont il connaissait tout, il s’en sort (provisoirement ?) grâce à un classement sans suite express du parquet. Une efficacité judiciaire qu’on aimerait voir pour les victimes ordinaires…

Et pendant que les témoignages s’accumulent (plus de 170, selon Mediapart, 22 février 2025), lui, continue d’enchaîner les fonctions et d’encaisser les indemnités. Il faut croire qu’en République, certains silences valent de l’or.

Richard Ferrand : Monsieur Transparence en eaux troubles

Autre parangon de vertu républicaine : Richard Ferrand. L’ancien président de l’Assemblée nationale, ce grand donneur de leçons, a lui aussi son petit placard. Sauf que là, les squelettes sont en costard trois pièces. L’affaire des Mutuelles de Bretagne, révélée par Le Canard Enchaîné en mai 2017, où Ferrand fait louer un local appartenant à sa compagne à l’organisme qu’il dirigeait, aurait dû suffire à l’éjecter de toute fonction publique.

Mais non. En France, la récompense de la duplicité, c’est la promotion. Mis en examen en 2019 pour « prise illégale d’intérêts », il devient président de l’Assemblée la même année. Et comme tout bon soldat du macronisme, il se dit victime d’une cabale. L’honneur ? Il est toujours sauf, paraît-il.

Aujourd’hui encore, malgré les soupçons persistants, Richard Ferrand continue de grenouiller dans les cercles du pouvoir. Intouchable. Inamovible. Irréprochable… du moins dans la novlangue de la Macronie.

Une République sous tutelle morale ?

Les cas Bayrou et Ferrand ne sont pas des anomalies. Ils sont devenus la norme. La preuve vivante que le pouvoir ne se gagne plus par la compétence ou l’exemplarité, mais par la fidélité au prince. Macron nomme qui il veut, quand il veut, peu importe le bulletin de vote. Le peuple ? Une formalité.

Car c’est bien là le cœur du scandale : un président élu par défaut, minoritaire en voix, mais majoritaire en pouvoir. Qui piétine les scrutins, nomme ses valets et impose ses hommes de paille à des postes clés. Et pendant que les Français galèrent pour finir le mois, les Bayrou, Ferrand, Attal ou Darmanin, eux, gravitent autour du soleil élyséen, en orbite protégée.

Conclusion : vers un effondrement programmé ?

Si l’intégrité républicaine est un naufrage, c’est qu’elle a été sciemment sabordée. Par lâcheté. Par cynisme. Par clientélisme.

Et si l’on en croit le silence médiatique, le classement rapide des procédures, et les nominations politiques absurdes, il ne reste plus grand-chose à sauver.

Mais à Contre7, on continue d’enquêter, de nommer, de dénoncer. Parce que le vrai pouvoir, c’est de dire non. Et de se souvenir.

« La République, c’est la vertu » disait Robespierre. Aujourd’hui, c’est surtout un carnet d’adresses. »

Souhaites-tu que je décline cet article en un fil X, ou en un format vidéo TikTok pour teaser sa sortie sur Contre7 ?

Nicolas Philippe Granget,  le 02 Avril 2025