L’Affaire Athanor : la loge maçonnique qui devint une officine de barbouzes

par Nicolas Philippe Granget | Mai 10, 2026 |

L’affaire Athanor rassemble autour d’une même enquête d’anciens militaires, des policiers, des spécialistes du renseignement, des chefs d’entreprise : des francs-maçons liés à la loge Athanor de Puteaux.

Parmi les figures centrales du dossier apparaissent Frédéric Vaglio, considéré comme l’un des pivots du réseau, Sébastien Leroy, homme de terrain impliqué dans plusieurs opérations clandestines, Daniel Beaulieu, ancien agent du renseignement intérieur, ainsi que Yannick Pham, policier de la DGSI en fonction au moment des faits. Les noms de Pierre Bourdin et Carl Esnault émergent également après leur arrestation en juillet 2020 devant le domicile de Marie-Hélène Dini à Créteil.

Autour de ce noyau gravitent plusieurs commanditaires présumés issus du monde des affaires. Murielle et Gérald Millet, dirigeants de l’entreprise Apnyl, sont notamment soupçonnés d’avoir voulu faire éliminer Hassan Touzani, syndicaliste CGT et figure locale des Gilets jaunes dans l’Ain. D’autres dossiers évoquent des opérations d’espionnage industriel, d’extorsion ou d’intimidation menées au profit d’intérêts privés.

Les victimes ou cibles présumées du réseau sont nombreuses : Marie-Hélène Dini, coach d’entreprise ; Hassan Touzani ; Ferdinand Mbaou, général congolais opposant au régime de Denis Sassou-Nguesso ; Sylvain Berrios, maire de Saint-Maur-des-Fossés ; une cadre dirigeante de Mercedes-Benz France agressée dans une affaire d’espionnage industriel ; un couple d’entrepreneurs de Seine-et-Marne victime d’extorsion et de violences ; une habitante de région parisienne visée par un incendie criminel ; ainsi qu’un milliardaire russe installé à Monaco ciblé par un projet d’extorsion.

Le dossier fait également réapparaître plusieurs affaires criminelles restées mystérieuses pendant des années. Parmi elles, le meurtre de Laurent Pasquali, pilote automobile français disparu à l’automne 2018. Ses ossements sont retrouvés le 1er septembre 2019 dans une forêt près de Cistrières, en Haute-Loire, à plusieurs centaines de kilomètres de son domicile. L’enquête reliera ensuite cette affaire au réseau Athanor, avec notamment le nom de Daniel Beaulieu, ancien policier du renseignement intérieur, présenté comme l’un des principaux suspects.

Mais c’est surtout la tuerie de Chevaline, survenue le 5 septembre 2012 en Haute-Savoie, qui donne à l’affaire une dimension encore plus troublante. Ce jour-là, Saad al-Hilli, ingénieur britannique d’origine irakienne, son épouse Iqbal, sa belle-mère Suhaila al-Allaf, ainsi que le cycliste français Sylvain Mollier sont abattus sur une route forestière isolée. Aucun lien judiciaire définitif n’établit à ce jour l’implication directe du réseau Athanor dans cette affaire. Mais le fait que cette tuerie soit apparue dans les ramifications de l’enquête suffit à illustrer l’ampleur des zones d’ombre entourant ce dossier hors norme impliquant au total dix-huit hommes et trois femmes.

La loge Athanor, installée dans les Hauts-de-Seine et rattachée à la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), était à l’origine une loge maçonnique classique réunissant chefs d’entreprise, anciens policiers, militaires et membres du renseignement. Mais son nom est aujourd’hui associé à l’une des affaires criminelles les plus troublantes de ces dernières années. Selon les enquêteurs, plusieurs de ses membres auraient transformé ce cercle discret en véritable officine clandestine, mêlant surveillance, intimidations, violences et projets d’assassinats commandités. L’affaire, révélée après l’arrestation fortuite de deux militaires de la DGSE en 2020, a progressivement mis au jour un réseau opaque où se croisent anciens agents du renseignement, intérêts privés, règlements de comptes et liens maçonniques.

Les affaires

Le 24 juillet 2020, dans un quartier résidentiel de Créteil, un riverain remarque depuis plusieurs heures une voiture stationnée de manière inhabituelle près du domicile de Marie-Hélène Dini, dirigeante d’une école de coaching et cheffe d’entreprise connue dans le secteur du développement professionnel. Intrigués, les policiers contrôlent le véhicule. À bord, ils découvrent deux hommes armés, équipés de matériel de surveillance et utilisant des pseudonymes. Les suspects se présentent alors comme étant en « mission homo », le jargon du renseignement désignant une opération clandestine d’élimination ciblée.

Les deux hommes arrêtés s’appellent Pierre Bourdin et Carl Esnault. Officiellement, ils ne sont pas membres du service Action de la DGSE, mais agents de sécurité privés travaillant pour un sous-traitant chargé de la surveillance du Centre parachutiste d’entraînement spécialisé (CPES) de la DGSE à Cercottes, dans le Loiret. Lors de leurs auditions, ils expliquent avoir été convaincus qu’ils agissaient dans le cadre d’une opération relevant de la sécurité nationale. Selon leurs déclarations, Marie-Hélène Dini leur aurait été présentée comme une agente ou une informatrice du Mossad, les services secrets israéliens.

Mais au fil de l’enquête, les policiers découvrent que cette prétendue mission d’État cacherait en réalité un contrat privé. Derrière cette opération apparaissent alors d’anciens membres du renseignement, des spécialistes de la sécurité privée et plusieurs francs-maçons liés à la loge Athanor. Ce qui ressemblait au départ à une simple tentative d’assassinat va progressivement révéler l’existence d’un réseau opaque mêlant barbouzerie, règlements de comptes et criminalité organisée.

Au fil de l’exploitation des téléphones et des échanges cryptés saisis après l’arrestation de Pierre Bourdin et Carl Esnault, les enquêteurs découvrent des références à une autre affaire criminelle restée longtemps mystérieuse : la mort de Jean-Claude Olivier, ancien pilote de rallye et dirigeant historique de Yamaha France. Disparu en janvier 2013, son corps avait été retrouvé près d’Arras, dans le Pas-de-Calais, à environ 500 kilomètres de son domicile francilien. À l’époque déjà, les circonstances de sa mort avaient intrigué les enquêteurs : déplacement inhabituel, opération méthodique, zones d’ombre nombreuses. En remontant les connexions entre anciens militaires, spécialistes de la sécurité privée et membres liés à la loge Athanor, la justice commence alors à soupçonner que certains protagonistes de l’affaire Dini pourraient également être impliqués dans cette affaire plus ancienne. Peu à peu, les recoupements entre les différents suspects, leurs contacts et leurs méthodes vont faire apparaître l’existence d’un réseau clandestin bien plus vaste que ce que les enquêteurs imaginaient au départ.

Parmi les cibles présumées du réseau Athanor figure également Hassan Touzani, ouvrier dans une entreprise de plasturgie de l’Ain, syndicaliste CGT et figure locale du mouvement des Gilets jaunes. Selon l’enquête, plusieurs membres de la cellule criminelle auraient été sollicités en 2020 pour organiser son assassinat. Les commanditaires présumés sont Murielle Millet, directrice générale de l’entreprise Apnyl à Izernore, et son mari Gérald Millet. D’après les investigations, le couple craignait que l’activisme syndical de Hassan Touzani ne favorise l’implantation durable de la CGT dans leur société. Les enquêteurs évoquent le versement d’environ 80 000 euros pour financer l’opération. Avant même ce projet d’élimination, le syndicaliste aurait déjà subi des pressions et des intimidations dans un contexte social particulièrement tendu. Finalement, le démantèlement du réseau Athanor après l’affaire Marie-Hélène Dini mettra un terme au projet criminel avant son passage à l’acte.

La tuerie de Chevaline : 2012

Le 5 septembre 2012, la tuerie de Chevaline sidère la France et le Royaume-Uni. Sur une route forestière isolée de Haute-Savoie, près du village de Chevaline, quatre personnes sont abattues avec une extrême violence : Saad al-Hilli, ingénieur britannique d’origine irakienne, son épouse Iqbal, la mère de cette dernière ainsi qu’un cycliste français, Sylvain Mollier. Deux petites filles survivent miraculeusement au massacre. Très vite, cette affaire devient l’un des dossiers criminels les plus mystérieux de la décennie : piste familiale, espionnage industriel, conflit financier, règlement de comptes international… les hypothèses se multiplient sans qu’aucune ne permette d’identifier formellement le ou les tueurs.

Des années plus tard, le nom de l’affaire refait surface dans le dossier Athanor. Au cours des investigations, plusieurs protagonistes liés à la loge maçonnique et au milieu des anciens militaires ou spécialistes du renseignement sont soupçonnés d’avoir eu connaissance d’éléments relatifs à la tuerie. Les enquêteurs s’intéressent notamment à la proximité de certains membres du réseau avec des opérations clandestines et des profils capables de conduire des missions de surveillance ou d’exécution discrète. Aucun lien judiciaire définitif n’a cependant été établi à ce jour entre la loge Athanor et la tuerie de Chevaline. Mais le simple fait que cette affaire soit apparue dans les ramifications de l’enquête a renforcé l’image d’un réseau opaque gravitant autour d’anciens barbouzes, de mercenaires privés et d’hommes rompus aux méthodes du renseignement clandestin.

Meurtre à Tel-Aviv

Le 17 mai 2020, l’ambassadeur de Chine en Israël, Du Wei, est retrouvé mort dans sa résidence officielle d’Herzliya, près de Tel-Aviv. Diplomate de haut rang, nommé quelques mois plus tôt par Pékin, il venait de critiquer publiquement la politique américaine au Moyen-Orient et les pressions exercées contre la Chine dans le contexte du Covid-19. Les autorités israéliennes évoquent rapidement une mort naturelle, probablement liée à un problème cardiaque. Pourtant, en Chine comme dans certains médias internationaux, cette disparition brutale suscite de nombreuses interrogations en raison du contexte géopolitique extrêmement sensible et du profil stratégique du diplomate. Des médias chinois rappellent alors que Du Wei était considéré comme un homme-clé de la diplomatie chinoise au Moyen-Orient, tandis que plusieurs observateurs israéliens soulignent les tensions croissantes entre Washington, Pékin et Tel-Aviv à cette période.

L’affaire prend une dimension encore plus troublante lorsque le nom de Du Wei apparaît dans le dossier Athanor. Selon les éléments de l’enquête française, un exécutant lié à la loge maçonnique aurait évoqué devant les enquêteurs la mort de l’ambassadeur chinois comme l’une des opérations potentiellement liées au réseau clandestin gravitant autour d’Athanor. Aucun élément judiciaire définitif ne permet cependant d’établir un lien direct entre la loge et la mort du diplomate chinois. Mais cette évocation dans les procès-verbaux a profondément marqué les enquêteurs, tant elle élargissait soudainement le champ des activités présumées du réseau : d’affaires privées françaises mêlant chefs d’entreprise et règlements de comptes, l’enquête basculait vers des affaires à dimension potentiellement internationale impliquant anciens agents du renseignement, opérations opaques et diplomatie sensible.

Fusillade : un diplomate congolais gravement blessé

Parmi les ramifications les plus sensibles du dossier Athanor figure également la tentative d’assassinat du général congolais Ferdinand Mbaou, ancien chef de la sécurité présidentielle sous le président Pascal Lissouba et opposant déclaré au régime de Denis Sassou-Nguesso. Installé en exil à Bessancourt, dans le Val-d’Oise, le général est grièvement blessé par balles le 10 novembre 2015 devant son domicile. L’auteur des tirs ne sera jamais identifié officiellement.

Mais plusieurs années plus tard, l’enquête sur la loge Athanor fait réapparaître cette affaire. Les magistrats découvrent que Sébastien Leroy, considéré comme l’un des exécutants du réseau, avait surveillé Ferdinand Mbaou pendant plusieurs années. Les investigations révèlent également qu’en 2018, trois anciens agents français de la DGSE — Alain Brunet, Bruno Susini et Daniel Forestier — avaient été arrêtés et soupçonnés de préparer une nouvelle opération visant le général congolais. Daniel Forestier sera lui-même retrouvé assassiné par balles en Haute-Savoie le 21 mars 2019, ajoutant une nouvelle zone d’ombre au dossier. Dans les procès-verbaux de l’affaire Athanor, les enquêteurs soupçonnent alors l’existence d’un réseau mêlant anciens membres du renseignement, sécurité privée et intérêts étrangers, capable d’organiser des opérations clandestines sur le territoire français.

Règlement de comptes en politique

L’enquête sur le réseau Athanor va également faire émerger une affaire touchant directement la sphère politique locale en Île-de-France. Les enquêteurs découvrent qu’un projet d’opération clandestine aurait visé Sylvain Berrios, maire de Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val-de-Marne (94). Selon plusieurs éléments versés au dossier, des membres gravitant autour du réseau auraient été sollicités pour mener des surveillances et collecter des informations sensibles sur l’élu. L’affaire s’inscrit dans un contexte de rivalités politiques locales et de tensions autour de marchés publics et d’intérêts immobiliers. Au fil des auditions, les magistrats soupçonnent que certains anciens militaires et spécialistes de la sécurité liés à la loge Athanor proposaient leurs services bien au-delà du simple renseignement privé, avec des méthodes relevant parfois de véritables opérations de barbouzerie : filatures, intimidations, repérages et collecte illégale d’informations. Même si aucun projet d’assassinat visant officiellement le maire n’a été judiciairement établi à ce jour, cette affaire a contribué à renforcer l’image d’un réseau parallèle capable d’intervenir dans des dossiers politiques sensibles en utilisant des méthodes clandestines habituellement associées au renseignement ou au crime organisé.

Espionnage industriel

Le 24 septembre 2018, dans le Val-d’Oise, une cadre de la direction des achats de Mercedes-Benz France est violemment agressée à son domicile par un homme se faisant passer pour un livreur de pizzas. Une fois la porte ouverte, la victime est rouée de coups et son ordinateur professionnel est dérobé. Très vite, les enquêteurs comprennent qu’il ne s’agit pas d’un simple cambriolage mais d’une opération d’espionnage industriel destinée à récupérer des informations confidentielles liées à un appel d’offres stratégique de Mercedes. Selon l’enquête, cette mission aurait été commanditée par une prestataire de la marque allemande en difficulté commerciale. Les investigations désignent alors plusieurs membres du réseau Athanor comme intermédiaires ou exécutants potentiels. Le nom de Sébastien Leroy, présenté comme l’un des principaux hommes de terrain du réseau, apparaît dans le dossier, tout comme ceux de Frédéric Vaglio, ancien journaliste reconverti dans la sécurité privée, et Daniel Beaulieu, ancien agent du renseignement intérieur. Tous trois appartiennent ou gravitent autour de la loge Athanor de Puteaux. Pour les magistrats, cette affaire illustre parfaitement le mode opératoire du réseau : utiliser des anciens militaires, policiers ou spécialistes du renseignement pour mener des opérations clandestines au service d’intérêts privés, économiques ou personnels.

Extorsion de fonds

Parmi les dossiers les plus inquiétants liés au réseau Athanor figure également l’affaire d’un couple d’entrepreneurs de Seine-et-Marne victime, entre 2019 et 2020, d’une violente campagne d’intimidation destinée à récupérer une dette estimée à plus de 300 000 euros. Selon l’enquête, les victimes — un couple homosexuel dirigeant une entreprise — auraient été ciblées à la suite d’un conflit commercial avec des relations d’affaires proches du réseau Athanor. Les méthodes employées relèvent d’une véritable opération de terreur : portail incendié, rats morts jetés dans le jardin, menaces répétées, puis passage à tabac particulièrement violent de l’un des deux hommes. Les investigations judiciaires désignent Sébastien Leroy comme l’un des exécutants présumés de cette opération clandestine. Celui-ci reconnaîtra avoir participé à certaines actions violentes contre rémunération, affirmant avoir été recruté et encadré par Yannick Pham, policier alors en fonction à la DGSI et spécialisé dans les faux documents et les techniques clandestines. Selon les enquêteurs, Pham aurait servi d’intermédiaire entre les commanditaires et les hommes de terrain du réseau Athanor. L’affaire illustre une nouvelle fois le fonctionnement de cette cellule parallèle : d’anciens membres du renseignement, des policiers ou agents de sécurité privée mettant leurs compétences opérationnelles au service de règlements de comptes privés, financiers ou personnels.

L’enquête Athanor révèle également un projet d’extorsion visant un milliardaire russe installé à Monaco. Selon les éléments découverts par les enquêteurs français, plusieurs membres du réseau envisageaient de monter une opération clandestine destinée à soutirer plusieurs millions d’euros à cet homme d’affaires, dont l’identité n’a jamais été officiellement rendue publique dans la procédure. Les investigations montrent que le projet reposait sur les méthodes déjà utilisées dans d’autres dossiers liés à la loge : surveillance, collecte d’informations sensibles, intimidation et pression psychologique. Les magistrats soupçonnent que d’anciens membres du renseignement et spécialistes de la sécurité privée liés à Athanor devaient jouer un rôle central dans cette opération.

Le dossier judiciaire indique toutefois que ce projet n’a jamais été exécuté, soit en raison de désaccords internes, soit parce que l’enquête ouverte après la tentative d’assassinat de Marie-Hélène Dini a désorganisé le réseau avant son passage à l’acte. Les enquêteurs considèrent néanmoins cette affaire comme révélatrice de l’évolution du groupe Athanor : d’un cercle de renseignements privés et de barbouzerie locale, certains membres semblaient progressivement s’orienter vers des opérations internationales ciblant des personnalités fortunées, avec des méthodes proches du crime organisé transnational.

Témoin gênante

Parmi les dossiers révélés par l’enquête Athanor figure également un incendie criminel survenu en région parisienne en 2019. Cette année-là, le véhicule d’une femme vivant en banlieue parisienne est volontairement incendié en pleine nuit. Le feu se propage rapidement jusqu’à son habitation, obligeant la victime à fuir avec ses enfants pour échapper aux flammes. Selon les enquêteurs, cette opération n’avait rien d’un simple acte de vandalisme : la femme venait de découvrir des malversations financières et des facturations suspectes au sein d’une entreprise appartenant à un membre gravitant autour de la loge Athanor. Au cours de sa garde à vue, Sébastien Leroy — présenté comme l’un des principaux exécutants du réseau — reconnaît avoir participé à cette mission d’intimidation.

Les magistrats considèrent alors cet incendie comme une nouvelle illustration des méthodes utilisées par le groupe : menaces, violences ciblées et opérations clandestines destinées à faire taire des personnes jugées gênantes pour les intérêts de certains membres ou commanditaires du réseau. Le lieu exact et l’identité complète de la victime n’ont cependant pas été rendus publics dans la procédure accessible à la presse.

Les questions legitimes

Onze affaires distinctes ont été évoquées dans cet article. Onze dossiers mêlant assassinats, tentatives de meurtre, espionnage industriel, extorsions, intimidations, opérations clandestines et anciens membres du renseignement. Pourtant, selon les éléments connus de l’enquête, la loge Athanor aurait été active pendant près de huit années, entre 2012 et 2020. Une durée suffisamment longue pour soulever une question devenue inévitable : combien d’autres opérations n’ont jamais été découvertes ?

Car derrière les mises en examen et les procès-verbaux apparaît une réalité troublante : des hommes formés