Un nouveau chapitre s’ouvre dans la saga judiciaire de Julian Assange, et il met directement en cause Keir Starmer, actuel Premier ministre britannique. Une récente publication de WikiLeaks révèle que le Crown Prosecution Service (CPS), sous la direction de Starmer de 2008 à 2013, a supprimé des emails cruciaux échangés avec les autorités suédoises pendant la procédure d’extradition d’Assange. Ce scandale, qui soulève des questions sur l’intégrité et la transparence de Starmer, expose les dessous d’une justice instrumentalisée au service d’intérêts politiques.

Des emails disparus, une détention arbitraire prolongée

Selon WikiLeaks, le CPS, alors dirigé par Starmer, a délibérément effacé des emails qui documentaient ses échanges avec les procureurs suédois dans le cadre de l’affaire Assange. Ces documents auraient pu éclairer les décisions prises entre 2010 et 2013, période où Assange faisait l’objectif d’une enquête pour des allégations d’agression sexuelle en Suède – des accusations qu’il a toujours niées, les qualifiant de prétexte pour une extradition ultérieure vers les États-Unis. Le CPS aurait même conseillé aux Suédois de ne ni abandonner ni faire avancer l’enquête, maintenant Assange dans un limbo juridique qui l’a conduit à une détention prolongée à Londres. En 2016, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a qualifié cette situation de « détention arbitraire », un verdict accablant pour les autorités britanniques.

Ce n’est qu’en janvier 2025, après qu’un tribunal britannique a ordonné au CPS de fouiller ses archives, que l’absence de ces emails a été mise en évidence, comme le rapporte Computer Weekly [https://www.computerweekly.com/news/252541057/ICO-complaint-seeks-answers-from-prosecutors-over-deleted-Assange-emails]. Mais ce n’est pas tout : des révélations antérieures montrent que le CPS, sous Starmer, a activement dissuadé les procureurs suédois d’interroger Assange à Londres, une démarche qui aurait pu résoudre l’affaire rapidement. Selon Newsweek, un avocat du CPS aurait écrit à la procureure suédoise Marianne Ny en 2011 : « Il ne serait pas prudent pour les autorités suédoises d’interroger le prévenu au Royaume-Uni. » [https://www.newsweek.com/julian-assange-confinement-arrest-scandal-wikileaks-1414050]. Pourquoi cette obstination à compliquer une affaire déjà fragile ? Était-ce une stratégie délibérée pour discréditer Assange, le dépeignant comme un fugitif tout en préparant le terrain pour une extradition vers les États-Unis, où il risquait des poursuites pour avoir révélé des secrets d’État ?

Keir Starmer, un passé qui le rattrape

Keir Starmer, aujourd’hui à la tête du gouvernement britannique, se retrouve sous le feu des critiques pour son rôle dans cette affaire. À l’époque où il dirigeait le CPS, il aurait effectué plusieurs voyages à Washington, rencontrant des officiels américains de haut rang, dont l’Attorney General Eric Holder, selon une enquête de Thomas Fazi [https://www.thomasfazi.com/starmers-role-in-assanges-persecution]. Ces rencontres, qui coïncidaient avec la gestion de l’affaire Assange, auraient pu révéler une coordination entre Londres et Washington pour neutraliser le fondateur de WikiLeaks. Problème : les documents relatifs à ces voyages ont été « détruits » par le CPS, comme l’a découvert Declassified UK [https://www.declassifieduk.org/cps-has-destroyed-all-records-of-keir-starmers-four-trips-to-washington/]. Une telle destruction systématique de preuves ne peut être vue comme une simple coïncidence – elle suggère une volonté de dissimuler des échanges potentiellement compromettants.

Sous la direction de Starmer, le CPS semble avoir agi comme un outil de répression plutôt que comme un garant de la justice. En 2013, alors que l’affaire était encore en cours, le CPS a refusé une demande d’Assange d’accéder à ses données personnelles, prétextant des « affaires en cours ». Ironie du sort, dès 2014, après le départ d’un avocat du CPS, les emails liés à l’affaire ont été supprimés sous prétexte que l’enquête était close, une incohérence dénoncée par les soutiens d’Assange.

Une justice au service de l’injustice

L’affaire Assange est devenue un symbole des dérives d’un système judiciaire prêt à sacrifier les droits fondamentaux pour des agendas politiques. Pendant plus d’une décennie, Assange a été broyé par cette machine : confiné à l’ambassade d’Équateur à Londres de 2012 à 2019, puis emprisonné à Belmarsh après son arrestation, il n’a quitté le Royaume-Uni qu’en 2024 après un accord avec le ministère américain de la Justice. Mais le mal était fait. Les années de détention, d’incertitude et de persécution ont laissé des traces indélébiles, tant pour Assange que pour la crédibilité des institutions britanniques.

Ce scandale pose une question fondamentale : comment un homme comme Keir Starmer, qui se présente comme un champion de la droiture et de l’État de droit, a-t-il pu superviser une telle parodie de justice ? Les emails supprimés, les conseils douteux aux Suédois, les voyages mystérieux à Washington : tout indique une machination orchestrée pour briser Assange, un homme dont le seul crime était de révéler des vérités que les puissants voulaient garder secrètes. Starmer, alors à la tête du CPS, n’était pas un simple spectateur – il était un acteur clé de ce drame.

Aujourd’hui, alors que Starmer dirige le Royaume-Uni, ces révélations jettent une ombre sur son intégrité. La vérité, bien que malmenée, finit toujours par ressurgir, et elle est rarement clémente envers ceux qui l’ont étouffée. Starmer devra répondre de ses actes – non pas en tant que Premier ministre, mais en tant qu’homme qui, dans l’ombre, a contribué à faire taire l’un des plus grands lanceurs d’alerte de notre époque.

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