illustration réalisée par Contre7
En Amérique, RFK Jr. veut les interdire. En France, on les retrouve dans les bonbons de vos enfants.
Pendant que les États-Unis s’apprêtent à tourner la page des colorants artificiels issus du pétrole, la France, elle, continue à fermer les yeux. Trop de lobbies, trop de complicités. Résultat ? Des colorants potentiellement toxiques continuent de colorer joyeusement les céréales du petit-déj et les bonbons fluo… avec la bénédiction de l’État.
Robert F. Kennedy Jr. l’a annoncé le 21 avril 2025 : les huit colorants alimentaires synthétiques encore autorisés aux États-Unis seront progressivement interdits. En ligne de mire : le Red 3, le Red 40, le Yellow 5, le Yellow 6, le Blue 1, le Blue 2, le Green 3, et le Citrus Red 2. Des noms qui sonnent chimiques… et pour cause : ils sont issus du pétrole. Et certains sont liés à des troubles neurologiques ou à des cancers selon plusieurs études citées par la FDA et le Washington Post.
Et chez nous ?
En France, ces mêmes colorants ont leurs petits cousins réglementaires, souvent désignés par des codes E (comme E102 pour la tartrazine, E127 pour l’érythrosine, etc.). Et ils sont bien présents dans nos rayons :
- E129 (Red 40) : dans les bonbons Haribo, les sodas, les céréales sucrées, certains yaourts.
- E102 (Yellow 5) : dans les moutardes industrielles, chips, soupes déshydratées.
- E133 (Blue 1) : dans les boissons énergétiques, glaces, gâteaux à colorants.
- E127 (Red 3) : dans les cerises confites, mais aussi dans certains médicaments comme le Spasfon ou le Doliprane enfant.
Oui, des produits destinés aux enfants contiennent encore ces additifs.
Pire encore : la France continue à autoriser l’érythrosine (E127), colorant rouge classé cancérogène possible, interdit dans plusieurs pays. Chez nous, il est réservé aux cerises… mais on en retrouve aussi dans certains médicaments sans que les parents ne soient vraiment informés.
L’Union européenne impose bien un étiquetage spécifique sur certains de ces colorants : « Peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants ». Une mention qui passe inaperçue au milieu des dizaines d’ingrédients et des slogans marketing.
La vraie question : pourquoi ces substances sont-elles encore autorisées en Europe alors que plusieurs États américains – comme la Californie – les bannissent des cantines scolaires ? Pourquoi tolérer ici ce que d’autres pays jugent dangereux ?
Réponse simple : les lobbies industriels.
Le marché des colorants artificiels est un business florissant pour les géants de l’agroalimentaire. Ils colorent à moindre coût, sont plus stables que les pigments naturels, et permettent de vendre du sucre ou de la farine transformée sous des apparences séduisantes. On mange d’abord avec les yeux, dit-on… et les industriels l’ont bien compris.
Mais à quel prix ?
Chez Contre7, on ne se satisfait pas des demi-mesures. On ne se contente pas d’étiquettes minuscules ou de doses journalières soi-disant « admissibles ». On pose la vraie question : que fait le gouvernement français pour protéger nos enfants ? Parce qu’au fond, tolérer des molécules issues du pétrole dans l’assiette des plus jeunes, c’est faire un choix politique. Celui de l’empoisonnement lent, mais légal.