En septembre 2025, le Népal a été secoué par une vague de manifestations menées par la génération Z, transformant une interdiction des réseaux sociaux en un soulèvement politique qui a conduit à la démission du Premier ministre K.P. Sharma Oli le 9 septembre. Avec au moins 30 morts, des bâtiments gouvernementaux incendiés et l’armée déployée, ce mouvement, souvent appelé « Gen Z protests », soulève des questions troublantes : s’agit-il d’une révolte spontanée contre la corruption endémique ou d’une « révolution de couleur » orchestrée par des puissances occidentales pour déstabiliser un Népal s’alignant sur l’Eurasie ? Voici une analyse des faits et des indices.
Un Timing Suspect : Une Semaine Après le Sommet de l’OCS
Le sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), tenu à Tianjin du 31 août au 1er septembre 2025, a marqué un renforcement des liens entre le Népal, la Chine et l’Inde. K.P. Sharma Oli, présent en tant que partenaire de dialogue, a plaidé pour un statut d’observateur au sein de l’OCS et consolidé les investissements chinois via l’Initiative Ceinture et Route (BRI), avec près d’un milliard de dollars dans des projets d’infrastructures. La « Déclaration de Tianjin » a réaffirmé l’unité eurasiatique face à l’hégémonie occidentale, dans un contexte de tensions avec les États-Unis, notamment sur les tarifs douaniers imposés à l’Inde.
Mais, le 4 septembre, le gouvernement népalais interdit 26 plateformes de médias sociaux (Facebook, X, YouTube, TikTok, etc.), invoquant une non-conformité aux règles d’enregistrement. Cette décision, perçue comme une tentative de censure, déclenche des manifestations massives qui dégénèrent les 8 et 9 septembre en violences : le Parlement, la Cour suprême et des résidences de politiciens sont incendiés, avec un bilan de 22 à 30 morts. Ce timing, juste après l’alignement du Népal avec l’OCS, semble trop précis pour être fortuit. La corruption (le Népal est 110e sur 180 à l’indice de Transparency International 2024) et le chômage des jeunes (20 % pour les 15-24 ans) étaient des problèmes chroniques, mais pourquoi l’interdiction des réseaux sociaux intervient-elle à ce moment précis ? Certains y voient une provocation calculée pour enflammer un mécontentement préexistant.
Le Rôle Trouble des ONG Occidentales : NED et OSF
Au cœur du soulèvement, l’ONG Hami Nepal, dirigée par Sudan Gurung, a mobilisé la jeunesse via Instagram et Discord, en appelant à manifester en uniforme scolaire. Bien que présentée comme philanthropique, Hami Nepal est liée à des financements occidentaux suspects. Le National Endowment for Democracy (NED), financé par le Congrès américain (250-300 millions de dollars par an), soutient depuis 2019 des initiatives népalaises contre la corruption et l’influence chinoise. Des enquêtes révèlent que Hami Nepal bénéficie de fonds NED pour des campagnes comme « Youth Against Corruption », utilisant des symboles comme le poing serré, typique des révolutions colorées financées par l’Occident (Ukraine 2014, Géorgie, Printemps arabe).
Les Open Society Foundations (OSF) de George Soros, actives au Népal depuis 2007, financent également des ONG comme Purak Asia pour des « réformes démocratiques ». Le maire de Katmandou, Balendra Shah, proche des manifestants et ayant rencontré l’ambassadeur américain en 2024, est perçu comme une figure potentiellement soutenue par ces réseaux. Ce schéma – financement d’ONG, symboles unificateurs, escalade rapide – rappelle le « playbook » des révolutions colorées, où des griefs locaux sont exploités pour provoquer un changement de régime.
Une Révolution de Couleur ? Les Indices s’Accumulent
Les révolutions de couleur suivent un modèle : un mouvement populaire contre la corruption est infiltré par des acteurs externes pour aligner un pays sur les intérêts occidentaux. Au Népal, l’interdiction des réseaux sociaux a agi comme un catalyseur, transformant une colère en ligne en chaos dans les rues. Les demandes des manifestants – un gouvernement intérimaire sous l’ex-juge Sushila Karki et la dissolution du Parlement – pourraient ouvrir la voie à un leadership pro-occidental. Ce scénario s’inscrit dans une vague régionale de bouleversements : Sri Lanka (2022), Bangladesh (2024), Pakistan, Myanmar. Des analystes, notamment russes, parlent d’ »internet revolutions » pilotées par le NED et l’OSF pour contrer la Chine et l’OCS.
Bien que les preuves directes d’ingérence soient rares, les liens financiers et le contexte géopolitique rendent l’hypothèse crédible. La Chine, via Global Times, évoque des « forces extérieures », tandis que l’Inde surveille sa frontière. L’ONU et Human Rights Watch réclament des enquêtes, mais sans aborder la question de l’ingérence.
Une Menace pour la Stabilité Régionale
Si le soulèvement népalais est une révolution de couleur, son objectif serait d’affaiblir l’influence chinoise (BRI) et l’unité eurasiatique post-OCS. Avec 30 morts et un pays sous couvre-feu, le Népal paie un lourd tribut à ces jeux géopolitiques. Une enquête indépendante est cruciale pour distinguer la révolte populaire de la manipulation extérieure. En attendant, ce chaos rappelle que les aspirations légitimes des jeunes peuvent être détournées pour servir des agendas internationaux, au détriment de la stabilité régionale.
Sources : Global Times, Transparency International, NED.org, OSF archives.