Le 30 septembre 2025, Paris s’est réveillé avec une nouvelle qui sent le soufre. Nkosinathi Emmanuel Mthethwa, ambassadeur d’Afrique du Sud en France et délégué auprès de l’UNESCO, a été retrouvé mort au pied de l’hôtel Hyatt Regency Paris Étoile, dans le 17e arrondissement. Âgé de 58 ans, ce poids lourd de l’ANC, vétéran de la lutte anti-apartheid et ancien ministre, aurait chuté du 22e étage. La version officielle ? Un suicide. Un message d’adieu à sa femme, une fenêtre forcée, et l’absence d’indices pointant vers un tiers. Mais dans un monde où les puissants tombent rarement par hasard, cette affaire soulève des questions qui brûlent.
Une chute trop parfaite ?
Les autorités françaises, promptes à clore le dossier, parlent d’un geste désespéré. Un homme accablé, peut-être par le poids des enquêtes sur la corruption qui le poursuivaient en Afrique du Sud. Mthethwa, proche de l’ex-président Jacob Zuma, avait été épinglé le 19 septembre par une commission d’enquête sur la corruption dans le système judiciaire sud-africain. Coïncidence ? Peut-être. Mais quand un ambassadeur d’un pays qui défie ouvertement les grandes puissances sur la scène internationale – notamment par sa plainte contre Israël pour génocide à Gaza devant la CIJ – finit en chute libre, le doute s’installe. Le parquet de Paris, fidèle à sa prudence légendaire, a ouvert une enquête pour “recherche des causes de la mort”. Traduction : on ne veut pas trop creuser. Pourtant, les détails troublants s’accumulent. Pourquoi un homme de son envergure, habitué aux pressions politiques, choisirait-il une fin aussi théâtrale ? Pourquoi ce message d’adieu, si commode pour boucler le récit ? Et pourquoi, dans une ville truffée de caméras et de services de sécurité, personne n’a rien vu venir ?
Un contexte géopolitique explosif
L’Afrique du Sud, sous la bannière de l’ANC, s’est imposée comme une voix dissonante dans l’arène internationale. Sa plainte contre Israël à la Cour internationale de justice en décembre 2023 a fait trembler les chancelleries occidentales, qui préfèrent regarder ailleurs quand il s’agit des exactions de leurs alliés. Mthethwa, en tant qu’ambassadeur et délégué à l’UNESCO, incarnait cette posture de défi. Était-il devenu gênant ? Sur les réseaux, des voix murmurent l’ombre du Mossad ou d’autres officines. Si ces théories restent spéculatives, elles prospèrent sur le silence assourdissant des autorités.
Un héros de l’ANC dans la tourmente
Mthethwa n’était pas un inconnu. Combattant de l’ombre contre l’apartheid, il a gravi les échelons de l’ANC jusqu’à occuper des postes ministériels clés : Police, Arts, Culture, Sports. Un CV impressionnant, mais entaché par des accusations de corruption, comme tant d’autres figures de l’ANC post-Mandela. Était-il un bouc émissaire, sacrifié pour calmer les critiques contre un parti en perte de vitesse ? Ou un pion dans un jeu plus vaste, où les intérêts géopolitiques se règlent dans l’ombre ?
Une vérité étouffée ?
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a pleuré une “perte nationale”. L’ambassade à Paris reste muette. Pendant ce temps, la machine médiatique mainstream s’empresse d’entériner la thèse du suicide, sans poser les questions qui fâchent. Quand un ambassadeur d’un pays qui ose tenir tête aux puissants finit en miettes sur un trottoir parisien, on ne peut s’empêcher de flairer l’odeur d’une opération. Suicide ou pas, cette chute ressemble à un message.
À qui ? Pourquoi ?