Le Global Engagement Center (GEC), organe du Département d’État américain, a officiellement fermé ses portes. Créé pour contrer la « désinformation étrangère », il a rapidement été perçu comme un instrument de censure masqué. Alors que les États-Unis se repositionnent sur la scène mondiale, l’influence de personnalités comme Donald Trump et Elon Musk a redéfini les débats sur la liberté d’expression et le rôle des gouvernements dans la régulation de l’information. La fermeture du GEC marque-t-elle une défaite pour les censeurs ou un simple réajustement stratégique ?

Créé en 2016, sous l’administration Obama, le GEC avait pour mission initiale de contrer la propagande djihadiste diffusée par des groupes terroristes comme Daesh. Mais après l’élection de Donald Trump, le rôle du GEC a pris une tournure plus ambiguë :

Sous Trump, le GEC s’est vu reprocher d’être un outil pour discréditer les médias critiques de son administration.

Sous Biden, l’organisme s’est concentré sur la lutte contre les « fake news » russes et chinoises, tout en élargissant son champ d’action à des questions sociétales sensibles, comme la pandémie ou les élections américaines.

Le problème ? Sous prétexte de protéger la démocratie, le GEC a souvent été accusé de museler les voix dissidentes, y compris aux États-Unis. Ce n’était plus seulement la propagande étrangère qui était ciblée, mais aussi des opinions jugées « dérangeantes » pour les récits officiels.

L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2017 a bouleversé la perception du GEC. Trump, connu pour son discours anti-establishment, a critiqué à plusieurs reprises l’organisme, le qualifiant de « machine de désinformation contrôlée par l’État ». Son approche populiste a attiré l’attention sur la partialité des institutions comme le GEC, qui semblaient servir des agendas politiques.

Puis est arrivé Elon Musk, le nouveau patron de Twitter (rebaptisé X), dont les actions ont radicalement changé le paysage médiatique :Musk a dénoncé les collaborations entre le gouvernement américain, y compris le GEC, et les grandes plateformes pour censurer certains contenus sous prétexte de « désinformation ».

Sous sa direction, les « Twitter Files » ont révélé que des agences comme le GEC avaient directement influencé le bannissement ou le shadowbanning de comptes critiques, notamment sur des sujets comme la pandémie ou les élections.

Musk a repositionné Twitter/X comme un bastion de la liberté d’expression, exposant les mécanismes de contrôle d’information orchestrés par des institutions comme le GEC.

Ces révélations ont miné la crédibilité du GEC et amplifié la méfiance publique envers les initiatives gouvernementales de lutte contre la désinformation.

Le Département d’État justifie la fermeture du GEC par des raisons budgétaires et une volonté de rationalisation. Officiellement, l’administration Biden estime que d’autres agences, comme la NSA, peuvent désormais remplir ce rôle.

Mais cet argument paraît faible :

Le budget du GEC représentait une infime part des dépenses fédérales.

Avec des tensions internationales croissantes, pourquoi démanteler un outil supposément crucial pour contrer la désinformation étrangère ?

Les raisons officieuses de la fermeture semblent beaucoup plus embarrassantes :

  1. Révélations des Twitter Files : La transparence forcée par Musk a mis au jour les liens entre le GEC et les grandes plateformes, révélant l’étendue de la censure opérée sous couvert de « protection des citoyens ».
  1. Méfiance grandissante : Les citoyens américains, et même certains élus, ont commencé à percevoir le GEC comme un organe de propagande interne, plutôt qu’un outil de défense contre les ingérences étrangères.
  1. Opposition politique : Les partisans de Trump et les défenseurs de la liberté d’expression ont intensifié leurs critiques, rendant le GEC politiquement indéfendable.

Un impact global : Quand la lutte contre la désinformation devient un prétexte

La fermeture du GEC met en lumière un problème central : les outils créés pour « protéger la démocratie » se transforment souvent en armes contre la liberté d’expression.

Luttes d’influence : Pendant que l’Amérique joue aux régulateurs, des pays comme la Russie et la Chine avancent leurs pions en toute liberté.

Exclusion des voix dissidentes : Des plateformes comme X, sous Musk, montrent que les récits officiels ne tolèrent pas la contradiction.

Cette fermeture expose une vérité dérangeante : la lutte contre la désinformation a souvent été un alibi pour étouffer les opinions gênantes. En Europe, des initiatives similaires se multiplient, mettant en péril la liberté d’informer.

Avec la disparition du GEC, les défenseurs de la liberté d’expression peuvent souffler… 

Maya Fernandez