Illustration réalisée par Contre7
Le 10 mai 2025, le Jerusalem Post (https://www.jpost.com/middle-east/article-853387) a publié une information troublante pour Benjamin Netanyahou : Donald Trump envisagerait de reconnaître un État palestinien, sans le Hamas, selon une source diplomatique du Golfe. Ce possible revirement marque un tournant pour « Bibi », habitué au soutien indéfectible de Trump, qui avait auparavant validé ses politiques les plus controversées – transfert de l’ambassade à Jérusalem, reconnaissance de l’annexion du Golan. À l’époque, ces positions s’inscrivaient dans une stratégie claire, soutenue par des lobbys influents comme l’AIPAC, qui mobilise des fonds et des réseaux pour orienter la politique étrangère américaine en faveur d’Israël. Aujourd’hui, Trump semble répondre à d’autres impératifs, notamment un « deal financier majeur » avec l’Arabie saoudite, qui conditionne ses relations à des concessions pour les Palestiniens. La pression s’intensifie avec Emmanuel Macron, qui, depuis avril 2025, a évoqué une possible reconnaissance de la Palestine à l’ONU en juin, avec Riyad. « La paix passe par une reconnaissance mutuelle », a-t-il déclaré le 14 avril à l’Institut du monde arabe. Netanyahou, acculé, dénonce une « récompense pour le terrorisme » et menace d’annexer la Cisjordanie. Mais ses gesticulations ne trompent plus : « Bibi » est au bord du gouffre, et ses soutiens radicaux, y compris les sayanims, se retrouvent piégés par leur propre jeu destructeur.
La Cour internationale de Justice (CIJ) a déjà porté un coup fatal à la légitimité d’Israël. Le 19 juillet 2024, elle a jugé l’occupation des territoires palestiniens depuis 1967 illégale, dénonçant les colonies, l’apartheid, la ségrégation raciale, les transferts forcés et l’exploitation illégale des ressources. Israël doit évacuer « le plus rapidement possible » la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza, et verser des réparations. La Cour pénale internationale (CPI) a enfoncé le clou en novembre 2024, émettant un mandat d’arrêt contre Netanyahou pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza, où plus de 1 100 Palestiniens ont été tués après la rupture d’un cessez-le-feu en avril 2025. Ces décisions ont mis en lumière le rôle des sayanims, ces agents dormants israéliens – souvent issus de la diaspora juive – qui, par idéologie, soutiennent les politiques d’Israël à l’étranger.
Netanyahou, lui, incarne une idéologie suprémaciste, héritée du sionisme révisionniste de son père Ben-Zion, disciple de Zeev Jabotinsky, qui prônait une « muraille de fer » contre les Arabes. Cette vision, qui place la domination israélienne au-dessus de toute considération humaniste, se reflète dans ses politiques : sa gestion de Gaza, où plus de 1 100 Palestiniens ont été massacrés en avril 2025, est dénoncée comme un « nettoyage ethnique ». En février 2025, il a osé proposer un État palestinien… en Arabie saoudite, une idée grotesque perçue comme une tentative de déportation massive. En Israël, 56 % des citoyens voulaient sa démission dès 2023, selon un sondage du Jerusalem Post. À l’international, les accusations de génocide et le mandat d’arrêt de la CPI l’ont transformé en paria. Certains imaginent même un jour un procès retentissant pour crimes contre l’humanité à La Haye, un rêve qui, au vu des pressions croissantes, pourrait bien se concrétiser.
En France et aux États-Unis, les sayanims, décrits par Jacob Cohen dans Le Printemps des sayanims (2010), ont longtemps opéré dans l’ombre, infiltrant médias, cercles politiques et intellectuels pour défendre Israël et diaboliser ses critiques sous l’accusation d’antisémitisme. En France, des figures comme Meyer Habib, qui a traité Gaza de « cancer » en 2023, ou Nili Kupfer-Naouri, accusée d’appeler à l’épuration ethnique, sont devenues des parias. Habib, visé par une enquête pour incitation à la haine, est largement dénoncé comme un apologiste du génocide. Kupfer-Naouri, qui a échangé avec Jordan Bardella lors d’une conférence en Israël en mars 2025, est pointée du doigt comme une propagandiste de la violence. Aux États-Unis, les sayanims, liés à des lobbies comme l’AIPAC, ont soutenu des opérations troubles, comme l’assassinat d’un leader du Hamas à Dubaï en 2010 avec des passeports européens falsifiés, déclenchant un scandale diplomatique. Mais leur influence s’effrite : l’opinion publique, écœurée, les perçoit comme les complices d’une politique criminelle, marquée par la même idéologie suprémaciste.
C’est un retour de bâton aussi brutal que mérité, et un espoir pour l’humanité. Netanyahou et ses sayanims ont cru pouvoir défier le monde avec leur vision suprémaciste, semant la mort et l’injustice. Aujourd’hui, ils récoltent l’orage. La CIJ et la CPI ont tracé la voie, et l’opinion publique mondiale, de plus en plus acquise à la cause palestinienne, exige des comptes. Netanyahou, « Bibi le magicien », voit son empire de haine s’effondrer sous le poids de ses crimes. Les sayanims, eux, regardent leur château de cartes s’écrouler, incapables de sauver leur champion. Ce revirement, s’il se confirme, est une lueur d’espoir pour tous ceux qui croient en la justice : la chute d’un système bâti sur l’oppression est en marche, et elle est aussi inexorable que salvatrice.







