Alors que l’administration américaine de Donald Trump envisage une intervention en Iran,
Téhéran a récemment réitéré des menaces concernant la fermeture potentielle du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique par lequel transite une part significative du pétrole mondial.
Contexte des tensions actuelles
Les relations entre l’Iran et les États-Unis se sont détériorées depuis la reprise des manifestations en Iran fin 2025. Le président Trump a qualifié ces événements de « massacre » et a annoncé l’envoi d’une « armada » navale américaine vers le golfe Persique, incluant le porte-avions USS Abraham Lincoln, pour dissuader toute escalade. En réponse, des responsables iraniens ont multiplié les avertissements, invoquant des options de représailles asymétriques.
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est un point de passage critique : environ 20 à 30 % du pétrole mondial transporté par voie maritime y transite quotidiennement, soit près de 13 millions de barils par jour. Une perturbation, même temporaire, pourrait entraîner une flambée des prix du pétrole et des disruptions économiques mondiales, affectant particulièrement l’Europe, la Chine et les États-Unis.
Les déclarations récentes de l’Iran
Le 24 janvier 2026, un média affilié au Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) a explicitement menacé de fermer le détroit d’Ormuz si les États-Unis perturbaient la sécurité iranienne ou régionale. Behnam Saeedi, membre de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du parlement iranien, a déclaré que cette option était « sur la table » en cas de menace contre les « intérêts vitaux » de l’Iran, tels que des frappes militaires américaines.
Des sources iraniennes indiquent que des plans de contingence incluent des restrictions au trafic maritime, potentiellement via des inspections forcées, des mines ou des attaques de drones.
Ces menaces ont été relayées sur les réseaux sociaux et par des médias internationaux. Des pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite, ont exhorté les États-Unis à éviter une frappe, craignant des conséquences catastrophiques sur les approvisionnements en pétrole.
Implications géopolitiques et économiques
Une fermeture totale du détroit reste improbable, car elle nuirait à l’Iran lui-même, qui exporte une grande partie de son pétrole via cette voie, notamment vers la Chine.
Des analystes estiment que même une menace crédible suffit à influencer les marchés : les prix du pétrole ont déjà grimpé à 61 dollars le baril suite aux tensions récentes. Une escalade pourrait impliquer une réponse multinationale, avec des escortes navales par les États-Unis et leurs alliés pour sécuriser les voies maritimes.
Les menaces iraniennes sur le détroit d’Ormuz s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion face à une possible intervention américaine. Bien qu’elles restent pour l’instant rhétoriques, elles exacerbent les risques d’un conflit plus large dans une région déjà instable. Les acteurs internationaux, y compris la Chine et la Russie, observent de près la situation, car toute disruption pourrait avoir des répercussions mondiales sur l’énergie et l’économie. Une désescalade diplomatique semble essentielle pour éviter un scénario catastrophe, mais la trajectoire actuelle reste incertaine.