Illustration réalisée par Contre7
Le 30 mai 2025, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a franchi une nouvelle ligne rouge avec une déclaration aussi arrogante que provocatrice. Lors d’une visite dans un avant-poste de colonisation en Cisjordanie, il a annoncé vouloir « construire l’État juif israélien » sur ce territoire palestinien occupé depuis 1967, défiant ouvertement les critiques d’Emmanuel Macron et de la communauté internationale. Cette sortie, qui s’inscrit dans une politique d’expansion territoriale illégale, expose le gouvernement israélien actuel à une condamnation croissante, tant sur la scène géopolitique que dans l’opinion publique mondiale. En jouant la carte de l’intransigeance, Israel Katz et ses alliés au pouvoir risquent de plonger leur pays dans une impasse dont les conséquences pourraient être désastreuses.
Un mépris flagrant du droit international
Les paroles d’Israel Katz ne sont pas un simple coup d’éclat. Elles accompagnent une politique concrète : l’approbation de 22 nouvelles colonies juives en Cisjordanie, une décision confirmée par le ministère israélien de la Défense et rapportée par The Times of Israel en 2025. Ce projet viole directement la Quatrième Convention de Genève, qui interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile dans un territoire occupé. L’ONU, dans un rapport du 16 octobre 2024 publié par Le Monde, a qualifié ces colonies de « crime de guerre », une position partagée par des organisations comme Amnesty International. Pourtant, Katz fanfaronne : « Ils reconnaîtront un État palestinien sur le papier, et nous construirons ici l’État juif israélien sur le terrain. » Une telle rhétorique, qui rejette toute possibilité de coexistence avec les Palestiniens, est une gifle au droit international et aux efforts diplomatiques pour une solution à deux États.
Une communauté internationale excédée
Cette provocation intervient alors que les tensions entre Israël et ses partenaires internationaux atteignent un point critique. Depuis Singapour, Emmanuel Macron a appelé à « durcir la position » contre Israël face à la crise humanitaire à Gaza, où 45 000 Palestiniens ont été tués depuis octobre 2023, selon les chiffres de l’ONU (Le Monde, 2024). Un communiqué conjoint du Royaume-Uni, de la France et du Canada, publié le 19 mai 2025 sur le site de l’Élysée, a dénoncé l’expansion des colonies comme un obstacle à la paix, menaçant de sanctions ciblées. Mais le gouvernement israélien, dirigé par Benjamin Netanyahu et ses alliés ultranationalistes, semble imperméable à ces pressions. Le ministère des Affaires étrangères a même accusé Macron d’être « en croisade contre l’État juif », allant jusqu’à ironiser sur une célébration du 7 octobre 2023, date de l’attaque du Hamas qui a déclenché la guerre à Gaza. Une réponse d’une indécence rare, qui illustre le mépris de ce gouvernement pour la diplomatie.
Ce comportement isole Israël à un moment où il a besoin de ses partenaires. Les États-Unis, historiquement un soutien indéfectible, ont suspendu une livraison d’armes en 2024 pour protester contre l’offensive à Rafah (BBC). L’Union européenne envisage des sanctions économiques si l’expansion des colonies se poursuit (Reuters, 2025). Même des pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël, comme la Jordanie et l’Égypte, expriment leur inquiétude face à cette politique (Wikipedia, 2025). En défiant le monde entier, Israel Katz et le gouvernement israélien se tirent une balle dans le pied, transformant leur pays en un État paria.
Une opinion publique mondiale en colère
L’opinion publique internationale, déjà horrifiée par les destructions à Gaza et les violations des droits humains en Cisjordanie, ne pardonne pas cette nouvelle provocation. Les images de villages palestiniens rasés pour laisser place à des colonies, les témoignages de familles expropriées et les rapports d’ONG dénonçant un « nettoyage ethnique » alimentent une indignation globale. Les manifestations pro-palestiniennes se multiplient à travers le monde, de Paris à Tokyo, et le mouvement de boycott d’Israël (BDS) gagne du terrain. En poursuivant une politique expansionniste, le gouvernement israélien renforce l’image d’un État oppresseur, loin du narratif de victime qu’il cherche à promouvoir. Les déclarations arrogantes de Katz, qui promet que l’État d’Israël « prospérera » là où les critiques seront « jetées à la poubelle de l’histoire », ne font qu’attiser cette colère.
Une politique qui menace Israël de l’intérieur
En interne, cette stratégie est tout aussi risquée. La coalition de Netanyahu, dominée par des partis ultranationalistes comme celui de Bezalel Smotrich, privilégie une vision idéologique – revendiquant la « Judée-Samarie » au nom de droits bibliques – au détriment de la stabilité. Selon un rapport de l’ONG Peace Now (BBC, 29 mai 2025), 70 à 80 % des ministres israéliens soutiennent une annexion formelle de la Cisjordanie, rendant toute solution à deux États impossible. Cela pourrait exacerber les tensions avec les 3,3 millions de Palestiniens de Cisjordanie, déjà privés de droits fondamentaux, et provoquer une nouvelle vague de violences. Sur le plan régional, des pays comme la Turquie et l’Iran exploitent cette situation pour rallier le monde arabe contre Israël, tandis que la Chine, puissance montante au Moyen-Orient, pourrait se détourner d’Israël pour des raisons stratégiques (Foreign Relations of Israel, 2025).
Un gouvernement irresponsable
Israel Katz, par ses provocations, incarne l’irresponsabilité d’un gouvernement qui joue avec l’avenir de son peuple. En défiant le droit international, en provoquant l’exaspération de ses partenaires historiques comme les États-Unis et l’Union européenne, et en ignorant la colère de l’opinion publique mondiale, il met Israël sur une trajectoire d’isolement et de conflit permanent. Cette politique expansionniste, qui sacrifie toute chance de paix pour des gains idéologiques à court terme, est une bombe à retardement. Tôt ou tard, il faudra rendre des comptes – devant la justice internationale, devant les Palestiniens, et devant l’histoire elle-même.


