Article mis à jour le 22 janvier 2025

Un lancement sous haute tension géopolitique

Le World Economic Forum (WEF) de Davos, qui se tient cette semaine du 19 au 25 janvier 2026 sous le thème « A Spirit of Dialogue », est devenu le cadre principal pour le lancement opérationnel du Gaza Board of Peace (Conseil de Paix pour Gaza). Cette initiative américaine, présidée à vie par le président Donald Trump, vise à superviser la démilitarisation, la reconstruction et la gouvernance transitoire de Gaza dans le cadre de la phase 2 du plan de paix en 20 points annoncé en octobre 2025. Plusieurs sources diplomatiques et médiatiques confirment que la première réunion du board est prévue en marge du forum, avec Trump à la tête d’une délégation américaine massive incluant Marco Rubio (secrétaire d’État), Steve Witkoff (envoyé spécial), Jared Kushner et d’autres figures clés. Des annonces supplémentaires sur la composition finale et les adhésions sont attendues sur place, transformant Davos en un laboratoire de diplomatie transactionnelle.

Le rôle central du WEF dans le lancement du board

Le forum alpin, qui réunit plus de 3 000 participants dont des chefs d’État, des PDG et des représentants d’organisations internationales, offre un cadre idéal pour ces tractations. Trump, présent physiquement contrairement aux années précédentes, présidera la réunion inaugurale du board dans les couloirs ou lors de side-events. Les discussions porteront sur :

  • Les adhésions des pays invités (environ 60 lettres diplomatiques envoyées mi-janvier).
  • Le financement via un ticket d’entrée de 1 milliard de dollars pour un siège permanent, destiné à la reconstruction de Gaza.
  • Une possible extension du mandat du board à d’autres conflits (Ukraine, Venezuela évoqués dans certains rapports).

Cette édition marque une transition majeure pour le WEF : elle est la première sans Klaus Schwab à la tête, après sa démission en 2025. Le forum est désormais coprésidé de manière intérimaire par Larry Fink (président et PDG de BlackRock) et André Hoffmann (vice-président de Roche Holding), avec Børge Brende en tant que président et PDG exécutif. Larry Fink, en particulier, a joué un rôle clé pour attirer des participants de haut niveau, dont Trump, et pour redynamiser l’événement après des années difficiles. Son influence financière et ses réseaux ont contribué à faire de Davos 2026 l’un des plus fréquentés de l’histoire, avec un record de dirigeants politiques et d’entreprises. Le WEF, marqué par ce nouveau leadership, voit ainsi son agenda géopolitique dominé par ce projet américain, qui contourne largement l’ONU et privilégie des partenariats public-privé.

Composition et membres clés du board

Le board se divise en deux niveaux : le Board of Peace principal (leaders mondiaux) et un Gaza Executive Board opérationnel. Parmi les figures déjà annoncées :

  • Marco Rubio (secrétaire d’État américain).
  • Tony Blair (ancien Premier ministre britannique).
  • Jared Kushner (ancien conseiller Moyen-Orient).
  • Steve Witkoff (envoyé spécial).
  • Ajay Banga (président de la Banque mondiale).
  • Nickolay Mladenov (ancien envoyé ONU, nommé directeur général).
  • Représentants régionaux : Hakan Fidan (Turquie), Ali al-Thawadi (Qatar), Hassan Rashad (Égypte), Reem Al-Hashimy (Émirats arabes unis).

Un comité technocratique palestinien (National Committee for the Administration of Gaza), dirigé par le Dr Ali Shaath et composé de 12 professionnels apolitiques de Gaza, gère les affaires quotidiennes sous supervision internationale. Cependant, aucun représentant palestinien de haut niveau (Autorité palestinienne ou factions) n’est intégré au board principal, ce qui suscite des critiques sur l’absence de voix directe des principaux concernés.

Les pays invités par Washington

La Maison Blanche a adressé des invitations à environ 60 pays pour devenir membres fondateurs. Parmi eux figurent : Albanie, Argentine, Australie, Autriche, Bahreïn, Belgique, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Chine, Chypre, Colombie, République tchèque, Danemark, Égypte, Éthiopie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Inde, Indonésie, Irlande, Italie, Japon, Jordanie, Kenya, Koweït, Malaisie, Mexique, Maroc, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Nigeria, Norvège, Oman, Pakistan, Paraguay, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, Qatar, Roumanie, Russie, Arabie saoudite, Singapour, Afrique du Sud, Corée du Sud, Espagne, Suède, Suisse, Thaïlande, Tunisie, Turquie, Émirats arabes unis, Royaume-Uni, États-Unis, Vietnam. L’Union européenne et les Nations Unies sont également mentionnées dans certaines listes. Plusieurs pays (Argentine, Canada, Hongrie, Vietnam) ont déjà accepté ; d’autres comme la France, l’Allemagne et l’Inde évaluent encore l’offre. La liste officielle devrait être finalisée à Davos.

La position d’Israël

  • Objections initiales : Israël (via le bureau de Netanyahu) a critiqué la composition de l’organe opérationnel subordonné pour Gaza, appelé Gaza Executive Board. Israël s’est opposé notamment à l’inclusion de la Turquie et du Qatar (considérés comme des « lignes rouges » en raison de leurs liens avec le Hamas et de leur rivalité régionale avec Israël). Le gouvernement israélien a déclaré que cette composition n’avait pas été coordonnée avec Israël et allait « à l’encontre de sa politique ».
  • Changement de position : Quelques jours plus tard (autour du 21-22 janvier 2026), Netanyahu a annoncé qu’Israël acceptait l’invitation de Trump à rejoindre le Board of Peace principal. Des responsables israéliens ont expliqué que ne pas participer n’était « pas une option », car cela permettrait à Israël d’influencer les décisions (notamment sur la démilitarisation, la sécurité et la reconstruction de Gaza), surtout sous la présidence de Trump (allié proche). Israël voit aussi cette structure comme une alternative à l’ONU, dont il est très critique.

Une critique du mondialisme

Le Gaza Board of Peace, lancé sous l’égide du WEF 2026, incarne un mondialisme transactionnel et élitiste : un club fermé où l’accès se paie cher, les décisions se prennent en marge des institutions multilatérales, et les peuples directement concernés (notamment les Palestiniens au niveau stratégique) sont marginalisés. En monétisant l’influence et en incluant des rivaux géopolitiques, ce modèle érode la souveraineté nationale et réduit la paix à un produit marchand dominé par des élites globales. 

 

Sources