Un timing trop serré pour n’être qu’un hasard

 

Vendredi 18 septembre, Emmanuel Macron réunit à l’Élysée les chefs de parti et des candidats à 2027, avec le renseignement et l’état-major. Il déclare que « la menace hybride russe à l’encontre des Européens et de la France s’est intensifiée », que « la nature de l’agressivité russe change », et demande un plan de protection des infrastructures critiques contre les attaques de drones et les cyberattaques.

Une alerte reprise dans plusieurs capitales

 

La même alerte n’est pas limitée à Paris. Dans les jours qui précèdent et le jour même, plusieurs gouvernements et institutions européennes emploient les mêmes éléments de langage : menace russe, guerre hybride, attaques de drones.

  • Pologne : le 17 septembre, Donald Tusk évoque le risque de frappes hybrides de drones ou de missiles contre des pays soutenant l’Ukraine, dont la Pologne.
  • Italie : le 17 septembre à Oslo, Giorgia Meloni parle de « provocations » russes et d’une possible escalade avec l’Europe.
  • Finlande : Alexander Stubb appelle à se préparer à des drones, des sabotages et une guerre hybride.
  • Lituanie : Vilnius indique disposer des mêmes évaluations que Varsovie et détaille des plans d’évacuation, dont un itinéraire vers la Pologne.
  • Union européenne : Ursula von der Leyen et Kaja Kallas dénoncent l’intensification des attaques hybrides russes contre les États membres.
  • Suisse : le 18 septembre, Berne adopte sa stratégie de sécurité 2026, qui cite notamment les menaces hybrides et la guerre en Ukraine.

Les exemples avancés dans ces capitales concernent surtout des incidents en Europe : drone à l’aéroport de Leipzig, train frappé près de la frontière polonaise, incursions aériennes, dont l’interception de jets russes au-dessus de la Lituanie par des chasseurs italiens de l’OTAN.

 

Washington, la même semaine

 

Les États-Unis s’expriment aussi sur l’Ukraine, la Russie et l’Europe. Le 16 septembre, la Chambre des représentants adopte une loi de sanctions contre Moscou. Le 18 septembre, Donald Trump promulgue le Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act, qui vise notamment l’énergie russe, l’industrie de défense et la « flotte fantôme ». Le Département d’État notifie par ailleurs au Congrès une possible vente militaire de 2,7 milliards de dollars à l’Ukraine, comprenant des systèmes de défense aérienne et de lutte antidrones. Volodymyr Zelensky indique compter sur une rencontre avec Trump vers le 20 septembre, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

 

La déclaration de Poutine

 

Samedi 19 septembre, Vladimir Poutine déclare que la Russie n’a « aucune intention agressive envers l’Europe », mais que si la situation se poursuit, Moscou « sera contrainte de répondre ».

 

L’attaque de drones sur Moscou

 

Dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 septembre, des centaines de drones visent Moscou et sa région, au dernier jour des législatives russes. Sergueï Sobianine annonce plus de 1 600 drones abattus depuis samedi, dont 450 en direction de Moscou. Une installation de la raffinerie de Moscou est endommagée. Dans la région, deux personnes sont tuées et environ 400 habitants évacués, selon le gouverneur Andreï Vorobiov. Ces chiffres d’interceptions viennent des autorités russes.

Volodymyr Zelensky indique que les frappes ukrainiennes à longue portée ont eu « un impact très significatif » sur une installation pétrolière et une infrastructure logistique de la région de Moscou.

La même nuit, des frappes russes font des victimes en Ukraine, dont plusieurs morts dans les régions de Kyiv et de Soumy selon Kiev.

Entre les alertes lancées à Paris, Varsovie, Oslo, Helsinki, Vilnius, Bruxelles et Berne, les décisions américaines du 18 septembre, et les fumées au-dessus de Moscou, moins de trois jours se sont écoulés.

D’un côté, un discours européen sur une menace russe en Europe. De l’autre, une attaque de drones ukrainiens sur Moscou.

#QUI menace #QUI ?

La séquence laisse une question ouverte : pendant que l’Europe alerte sur une menace russe de drones et de guerre hybride, ce sont des drones ukrainiens qui frappent Moscou.

Reste à savoir #QUI, dans ces quarante-huit heures, représente réellement une menace.