Un document déclassifié des dossiers Epstein (référencé EFTA00079513) adressé à la juge américaine Loretta A. Preska ainsi qu’au ministère de la Justice des États-Unis, révèle une plainte accablante d’une Française née en 1980. Cette femme accuse Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, Jean-Luc Brunel et le prince Andrew de viols répétés dès l’âge de 5 ans, avec la complicité de sa famille paternelle. Le témoignage décrit également un harcèlement postérieur par de nombreuses personnalités françaises, et un détail précis – une menace impliquant des requins autour de l’île Little Saint James – renforce sa crédibilité, car il évoque un mode opératoire révélé publiquement après le dépôt de sa plainte.
Accusations Contre des Personnalités Françaises : Un Harcèlement Organisé
Selon le document, la plaignante décrit un harcèlement continu après sa majorité, impliquant des figures publiques françaises visant à l’intimider ou à la réduire au silence. Voici les allégations détaillées :
- Franck Ribéry (footballeur) : Aurait obtenu son numéro et adresse pour la harceler, tenté de la frapper dans son jardin (intervention de la police pour l’éloigner), et serait lié à un réseau de prostitution.
- Maud Bourdin : Appels anonymes et canulars cruels (ex. : demander si elle a besoin d’un chien d’aveugle), menaces de ruiner sa carrière, provocation d’un licenciement abusif après deux ans de travail.
- Gérard Lanvin (acteur) : Intimidation violente en criant « laisse Maud Bourdin tranquille » (noté pour un rôle de flic corrompu à Lyon).
- Nadine de Rothschild : Rencontre imposée dans la rue, organisée par le père.
- Patrick Balkany (politique) : Appell’aurait appelée sans avoir son numéro, visite chez elle avec chauffeur pour l’intimider.
- Benjamin Biolay (chanteur) : serait venue de manière répétée devant chez elle autour de 2013.
- Jean-Marie Bigard (humoriste) : Blagues violentes sur le viol devant des enfants Place Stanislas à Nancy, et l’aurait frappée (dans un souvenir).
- Béatrice Dalle et Virginie Despentes (actrice et auteure) : l’auraient harcelée ensemble sous ses fenêtres en 2017.
- Renan Luce (chanteur) : l’aurait harcelée de 2016 à 2018, ami envoyé sous ses fenêtres de cuisine, tentative de contact via son ex-femme sur Facebook.
- Sylvain Cormier (avocat) : aurait commis des violences physiques (l’attraper par les bras pour l’immobiliser), il aurait frappé son ex-compagne devant elle, aurait demandé d’être mis en relation avec de filles de 14 ans.
- Christian Quesada : l’aurait harcelée (avec Bigard).
- Adil Rami (footballeur) : l’aurait harcelée.
- Pascal Obispo (chanteur) : l’aurait harcelée entre 1997 et 1999.
- Michel Drucker (animateur) : l’aurait intimidée Place Stanislas en 2007 après des rumeurs.
- Agnès Dalbin (avocate) : Amie des Balkany, abandon de défense, l’aurait poussée vers un internement psychiatrique.
- Brigitte Bardot : Son équipe équestre serait venue l’accuser à tort de maltraitance animale, menant à une inspection municipale.
- Yann Planforêt (Warner Music) : accusations de Cyberharcèlement en 2009.
Ces actes sont présentés comme un réseau de stars tentant de l’attirer dans le « star system » ou de la faire taire, avec intrusions informatiques et intimidations physiques.
Le Parcours Judiciaire en France
La plaignante a d’abord agi en France :
- Le 11 septembre 2019 : Plainte par lettre recommandée au procureur de Paris Rémy Heitz contre Brunel, Maxwell, le prince Andrew et complices (suite à la mort d’Epstein le 10 août 2019).
- Le 17 septembre 2019 : Dépôt direct au parquet de Paris, avec un entretien de 2h30.
Selon elle, la police judiciaire (Mme Lantin) a classé l’affaire comme prescrite, refusant d’interroger sa famille paternelle (soupçonnée de liens avec Epstein). Elle conteste cette prescription en invoquant la loi de 2018 étendant le délai à 30 ans pour les crimes sexuels sur mineurs nés après le 6 août 1980.
Entrave Alléguée par Marlène Schiappa
La plaignante accuse Marlène Schiappa (Secrétaire d’État en 2019) d’avoir entravé l’enquête. Dans une lettre officielle du 16 octobre 2019, Schiappa affirme qu’Epstein « n’a violé personne en France, seulement aux États-Unis » et nie que des enfants aient été vendus par des familles françaises. Cela, selon la victime, préjuge l’enquête et décourage d’autres plaintes.
Appel aux Autorités Américaines
Déçue par la réponse française, elle s’adresse aux États-Unis le 12 novembre 2019, demandant :
- L’intégration aux procédures civiles américaines.
- Un mandat d’arrêt international.
- Une comparaison de photos d’enfance avec des vidéos saisies en 2008.
- Un gel des avoirs d’Epstein à Paris (propriété via un trust).
Elle rejette tout fonds philanthropique : « Rien ne me fera passer sous omerta. Tout l’argent du Trust de Jeffrey Epstein provient du trafic d’êtres humains, chantage organisé en bande. » Elle qualifie cela potentiellement de crime contre l’humanité.
Les Accusations Principales Contre le Réseau Epstein
Le témoignage décrit des viols filmés dès 5 ans, des séquestrations (caves, chambres, salles de massage, avions, voitures avec chauffeur, appartement parisien d’Epstein), des menaces, privations d’eau et de nourriture, administrations de substances altérant le discernement, rituels sadiques (enfants attachés, oppositions forcées pour survie). Ghislaine Maxwell est accusée de rires pendant les abus, Jean-Luc Brunel de trafic, le prince Andrew de participation au réseau. La famille paternelle (Clementine, Donato, Lucienne, Jocelyne, Louis, Jean Sébastien Bertran) aurait livré l’enfant.
L’Anecdote du Mot « Requin » : Un Détail Renforçant la Crédibilité
Un élément troublant émerge : Sur Little Saint James (durant son enfance, avant l’acquisition officielle par Epstein en 1998), affamée, non lavée, en tenue sexualisée type sado-maso en cuir laissant entrevoir son corps d’enfant, Epstein pointe l’océan et prononce un seul mot en français : « requin ». Cette menace implicite – les eaux infestées de requins rendant toute fuite impossible – évoque un mode opératoire précis du réseau Epstein.
Ce détail est particulièrement significatif car la plainte est déposée le 11 septembre 2019 en France. Le premier récit public similaire – Sarah Ransome décrivant une tentative d’évasion en nageant vers des eaux infestées de requins – apparaît deux jours plus tard, le 13 septembre 2019, dans une interview au Telegraph. Aucune mention publique de requins autour de Little Saint James n’existe avant le 11 septembre 2019. Il est donc improbable que la plaignante ait pu s’inspirer ou inventer cette anecdote, renforçant l’authenticité de son témoignage basé sur des souvenirs personnels plutôt que sur des informations médiatisées.
Implications d’un Scandale Transatlantique
Ce document met en lumière un volet français sous-estimé de l’affaire Epstein, avec des allégations de complicités institutionnelles et élitistes. La plaignante affirme avoir survécu grâce à l’amour de sa mère (victime collatérale) et plaide pour la vérité : « Mon pouvoir est la parole. » Les personnalités nommées n’ont pas répondu publiquement. Ce témoignage appelle à une enquête approfondie pour vérifier ces graves accusations et explorer les liens transatlantiques.
Source principale : Document déclassifié EFTA00079513 du ministère de la Justice américain (disponible ici).