Le 2 mars 2026 s’est ouvert le procès de Tariq Ramadan après 9 ans de procédure.

Il est accusé par 3 femmes d’agressions sexuelles et de viols.

L’objectif de cet article n’est pas de défendre Tariq Ramadan mais de dénoncer la cabale dont il a fait l’objet et les conditions de son procès qui a abouti à une condamnation à 18 ans de réclusion criminelle ce 25 mars 2026.

Le jugement s’est déroulé sans le prévenu et sans ses avocats.

Les 3 plaignantes

Henda Ayari porte plainte le 20 octobre 2017.

Henda Ayari, c’est cette prétendue ancienne salafiste qui symboliquement retirait son voile sur le plateau d’Ardisson en 2016 pour faire la promo de son bouquin.  En pleine campagne #metoo, elle est immédiatement contactée par Caroline Fourest dont on connaît l’inimitié pour Tarik Ramadan. Celle-ci sera d’ailleurs accusée de subordination de témoin par la suite, sans suites. Les deux femmes deviennent inséparables. Et c’est d’ailleurs la première personne qu’elle remerciera sur X au sortir du délibéré le 25 mars 2025.

Henda Ayari accuse Tarik Ramadan de l’avoir violée le 26 mai 2012. Mais un problème majeur alerte les enquêteurs. Dans sa plainte, elle déclare avoir été abusée au Holidays Inn à Paris en mars 2012 . Aux policiers, elle situera les faits le 30 mars ou le 06 avril.  Enfin, au juge d’instruction il dira avoir noté sur un carnet le 26 mai  2012 au Crown Plaza de Paris. Problème, ce jour-là, elle était à un mariage, près de Rouen, des photos publiées sur Facebook le confirme.  La juge a donc pointé du doigt des incohérences dans les différentes auditions de la plaignante.

Hendi Ayari est la seule des trois plaignantes a faire le tour des plateaux, souvent pour vendre ses livres. Elle est la seule à avoir demandé le huis-clos du procès. Elle était la seule présente lors du délibéré. Depuis sa plainte, plusieurs avocats l’ont défendu, dont Maitre David Olivier Kaminsky, membre du bureau exécutif du CRIF, Maitre Jonas Haddad, Maitre Francis Szpiner, intervenants réguliers aux conférences du CRIF. Trois avocats qui ont défendu l’affaire Sarah Halimi.

Trois avocats connus pour leur militantisme sioniste accusant un islamologue controversé de viol…

Henda Ayari, invitée en mars 2025 à la conférence ELNET, le lobby israélien. 

Sept jours plus tard, le 27 octobre  une femme de 45 ans, surnomée Christelle (photo), rencontre Ramadan au bar de son hôtel lors d’une conférence à Lyon en octobre 2009. 

La victime présumée utilisait une béquille pour se déplacer suite à un accident de la route récent, d’où la mention de « personne vulnérable » dans l’accusation. Il échangeait alors sur Skype depuis plusieurs semaines. Au bout de 10 minutes de conversation ils montent dans sa chambre. C’est là qu’aurait eu lieu le viol, plus précisément une fellation et une sodomie non consenties lors d’une relation consentie, accompagnés de coups. Notons qu’aucun rapport médical ne confirme les traces d’un rapport forcé.  Et que l’accusation ne tient que sur le témoignage de cette anonyme.

Elle témoigne avoir contacté l’islamologue après sa conversion à l’islam et l’aurait alors rencontré pour la première fois à cette occasion. « C’est des coups, des violences sexuelles, des mots ignobles, d’une vulgarité sans nom. Je hurlais au secours, je hurlais ‘non’ et plus je hurlais, plus il cognait », avait-elle raconté a BFM. 

Les enquêteurs ont des doutes sur cette version. Les SMS relevés par la Brigade Criminelle ont été « transmis après les faits supposés », écrivent les policiers. Ils « laissent perplexe, car la plaignante semble ravie de la nuit passée ». Au fil de la lecture de ces messages, les enquêteurs notent des déclarations « surprenantes et fluctuantes », alternant entre les messages d’amour et les reproches.

La plaignante déplore dans ces messages par moment son comportement brutal et son égoïsme. « J’étais venue ce jour-là d’octobre pour du bio, je n’ai eu que du Mac do Frelaté », envoie Christelle, une femme décrite comme « véhémente » par les policiers, à Tariq Ramadan. « La plaignante n’emploie jamais le mot viol, elle parle de violences. Elle semble blessée dans son amour-propre. Et n’emploiera le mot viol qu’après un rendez-vous avec un avocat », précisent encore les enquêteurs.

La 3eme victime présumée,  anonyme surnommée Marie, rencontrée pour la première fois le 15 fevrier 2013 a entretenu des relations intimes pendant 16 mois avec Tariq Ramadan. Elle a déclaré avoir été violée neuf fois à Paris, Lille, Roissy, Londres et Bruxelles. Cette femme denonce une emprise mentale qui l’aurait poussée à revoir Ramadan.

La sentance

Les avocats de Tariq Ramadan, Me Ouadie Elhamamouchi et Me May Sarah Vogelhut avaient demandé le report de l’audience pour des raisons de santé. L’homme de 63 ans souffre d’une sclérose en plaque et assurait ne pas être en état de supporter 3 semaines de procès. Des experts mandatés ont malgré tout estimé qu’il pourrait y assisté. 

Le procès a été maintenu. Les avocats de l’accusé ont décidé de ne pas participer à cette « mascarade ».

C’est donc la juge Corinne Goetzmann (Le gang des barbares) qui annonce la sanction. Le prédicateur, déjà condamné par la justice helvète à trois ans pour un autre viol, 

prends 18 ans de prison, assorti d’un suivi sociojudiciaire pendant huit ans, d’une injonction de soins, de la privation des droits civils et civiques pendant dix ans et de l’interdiction définitive du territoire français.

C’était exactement la réquisition du procureur. Ce qui arrive rarement. 

Un procès à huit clos, sans la présence du prévenu et de ses avocats, ni même de deux des trois plaignantes.

Des témoignages incohérents.

Aucune preuve physique. 

Une peine exceptionnellement lourde.

Un acharnement juridique dont les enjeux dépassent les dérives sexuelles qu’on nous présente.