Une Tentative Éhontée

Dans un monde où les puissants réécrivent l’histoire comme on efface un tableau noir, les déclarations récentes de Mike Pompeo, ancien secrétaire d’État américain, sonnent comme un aveu cynique. Prononcées le 13 janvier 2026 lors d’une conférence pro-israélienne au MirYam Institute, ses mots révèlent une volonté flagrante de manipuler le récit du conflit à Gaza. « Nous devons veiller à ce que l’histoire soit racontée correctement afin que, lorsque les livres d’histoire écriront cette histoire, ils n’évoquent pas les victimes de Gaza… » – une phrase applaudie par un public complice, qui en dit long sur l’arrogance des élites qui cherchent à blanchir les horreurs qu’elles soutiennent. Ce n’est pas seulement une gaffe ; c’est une stratégie pour enterrer la vérité sous un narratif monocausal, où les agresseurs deviennent victimes et les massacres, de simples « dommages collatéraux ». À l’heure où des études indépendantes estiment que le bilan des morts à Gaza dépasse les 100 000, ce « reset » historique est non seulement problématique, mais criminel dans son essence.

Le Scandale des Déclarations : Un Appel au Révisionnisme Applaudi

Imaginez un ancien haut dirigeant américain, applaudi pour avoir proposé d’effacer des pans entiers de l’histoire humaine. Pompeo n’hésite pas : il insiste sur le fait que les « vraies victimes » sont les Israéliens, reléguant les Palestiniens de Gaza à une note de bas de page, voire à l’oubli total. C’est du révisionnisme pur jus, servi avec un sourire complaisant devant un auditoire qui ovationne cette perversion. En minimisant les souffrances d’un peuple entier – des civils bombardés, affamés, déplacés – au profit d’un narratif qui pointe du doigt l’Iran et le Hamas comme uniques coupables, Pompeo incarne l’hypocrisie des puissants. Ce n’est pas de l’analyse géopolitique ; c’est de la propagande brute, conçue pour laver l’honneur d’Israël et de ses alliés occidentaux, au mépris des faits. Et le pire ? Cette rhétorique n’est pas isolée : elle s’inscrit dans une longue tradition où les vainqueurs dictent la mémoire collective, transformant les génocides en « conflits regrettables ».

Un Bilan Humain Catastrophique Ignoré : Plus de 100 000 Morts, et Ça Continue

Pendant que Pompeo joue les historiens amateurs, la réalité sur le terrain hurle une tout autre vérité. Des études indépendantes, comme celle du Max Planck Institute pour la Recherche Démographique, estiment que le nombre de morts directs dus au conflit dépasse les 100 000 à 126 000 Palestiniens depuis octobre 2023, bien au-delà des chiffres officiels du ministère de la Santé de Gaza (environ 72 000 rapportés en janvier 2026). Ces projections, basées sur des modélisations démographiques et des données croisées, incluent les victimes ensevelies sous les décombres, les morts indirectes dues à la famine, aux maladies et à la destruction des infrastructures. Des enfants amputés, des familles décimées, une espérance de vie effondrée de 36 ans en moyenne – voilà le legs concret de cette guerre asymétrique. Et Pompeo ? Il balaye cela d’un revers de main, affirmant que « toute guerre a ses pertes civiles ». Corrosif, n’est-ce pas ? Comme si ces 100 000+ vies étaient des statistiques négligeables, sacrifiées sur l’autel d’un « droit à se défendre » qui justifie tout, y compris l’effacement. C’est une insulte à l’humanité, un déni qui pue la complicité.

Les Élites et Leur Contrôle Narratif : Les Vainqueurs Écrivent, les Victimes Disparaissent

« L’Histoire est écrite par les vainqueurs », dit l’adage, et Pompeo en est l’incarnation vivante. En s’adressant à un think tank pro-israélien, il ne fait que perpétuer un système où les élites – politiques, médiatiques, académiques – imposent un narratif monocausal pour préserver leur pouvoir. Pensez-y : des financements sélectifs pour des chaires universitaires, des pressions sur les manuels scolaires, des lobbies qui criminalisent les contre-récits. C’est la même mécanique que pour le déni du génocide arménien par la Turquie ou la « Lost Cause » confédérée aux États-Unis – des efforts concertés pour minimiser les victimes et victimiser les oppresseurs. À Gaza, ce narratif impose que tout commence et finisse au 7 octobre 2023, occultant des décennies d’occupation et de blocus. Les puissants comme Pompeo ne veulent pas d’une histoire nuancée ; ils veulent une fable où Israël est l’éternelle victime, et les Palestiniens, des ombres anonymes. C’est corrosif parce que cela perpétue l’injustice : sans reconnaissance des souffrances, pas de réparations, pas de paix. Juste un cycle de violence alimenté par le mensonge.

L’Impératif de Laisser des Traces : Contre l’Esclavage Narratif Imposé

Face à cette machine à effacer, il est vital de laisser des traces indélébiles. Archives numériques, témoignages de survivants, rapports d’ONG, enquêtes internationales – tout doit être préservé pour contrer le « reset » des élites. Ne pas se contenter de consommer l’information ; la documenter, la diffuser, la graver dans la mémoire collective. Car rester esclave d’un narratif monocausal, c’est accepter que les 100 000+ morts de Gaza deviennent des fantômes historiques, effacés par des livres d’histoire biaisés. C’est corrosif pour la société : cela engendre cynisme, polarisation, et empêche toute résolution réelle. Au lieu de cela, exigeons une histoire inclusive, factuelle, qui nomme les victimes et les responsables. Les voix dissidentes – journalistes, historiens indépendants, activistes – sont les gardiens de cette vérité. Sans elles, nous risquons un monde où les puissants non seulement commettent des atrocités, mais les font disparaître.

En conclusion, les mots de Pompeo ne sont pas une simple bourde ; ils sont un symptôme d’un système pourri où l’honneur des puissants prime sur la dignité humaine. Avec plus de 100 000 morts à Gaza, ce « reset » historique est une insulte qui appelle à la révolte intellectuelle. Ne les laissez pas réécrire l’histoire – gravez-la vous-même, pour que les victimes ne soient pas oubliées, et que les coupables soient jugés par le temps.

 

Sources :

https://www.courrierinternational.com/article/etude-a-gaza-la-barre-des-100-000-morts-a-probablement-ete-atteinte_232822

https://www.haaretz.com/gaza/2025-06-26/ty-article-magazine/.highlight/100-000-dead-what-we-know-about-gazas-true-death-toll/00000197-ad6b-d6b3-abf7-edfbb1e20000

https://www.aljazeera.com/news/2024/7/8/gaza-toll-could-exceed-186000-lancet-study-says

https://www.cair.com/press_releases/cair-says-new-study-estimating-100000-dead-in-gaza-is-further-evidence-of-genocide