Macron contre le journalisme : quand l’État intimide les révélateurs de vérité
Dans une France où la liberté d’informer est de plus en plus mise à mal, les journalistes indépendants paient souvent le prix fort pour faire leur métier. Ariane Lavrilleux, enquêtrice chevronnée chez Disclose, en est l’un des visages les plus emblématiques. Diffusée le 16 janvier 2026 sur la chaîne Off Investigation, son interview choc revient sur les intimidations subies depuis la révélation des « Egypt Papers » en 2021. Nous, média indépendant dédié à la défense de la liberté d’information, soutenons sans réserve ces vrais journalistes qui risquent leur liberté pour éclairer l’opinion publique.
L’affaire Sirli : quand les armes antiterroristes deviennent outils de répression
Tout commence en novembre 2021. Disclose publie une série d’enquêtes explosives sur l’opération militaire française Sirli en Égypte. Lancée en 2016 sous François Hollande et maintenue sous Emmanuel Macron, cette mission de renseignement visait officiellement à lutter contre le terrorisme à la frontière égypto-libyenne. Mais les documents obtenus par les journalistes montrent un détournement grave : les renseignements fournis par la France ont servi au régime d’Abdel Fattah al-Sissi pour cibler et exécuter sommairement des civils – contrebandiers, migrants, opposants présumés – causant des centaines de morts arbitraires.
Au lieu d’ouvrir une enquête sérieuse sur ces allégations, le ministère des Armées a classé ses propres investigations « secret-défense » et porté plainte pour compromission de ce secret. L’État choisit de poursuivre les messagers plutôt que d’assumer ses responsabilités.
39 heures de garde à vue : le récit glaçant d’Ariane Lavrilleux
Le 19 septembre 2023, à l’aube, la DGSI perquisitionne le domicile d’Ariane Lavrilleux à Marseille. Placée en garde à vue pendant près de 39 heures, elle subit des conditions indignes : refus de médicaments, cellule insalubre, interrogatoires manipulateurs (« Es-tu capable de mentir ? », « Comment étaient tes vacances en Égypte ? »). Son téléphone est géolocalisé en temps réel, ses comptes bancaires épluchés, ses déplacements surveillés pendant des mois. Une traque digne d’une suspecte terroriste, pour une journaliste qui a simplement fait son travail.
Libérée sans charges immédiates, elle obtient un non-lieu en 2025 – une première victoire pour le droit d’informer –, même si le parquet fait appel. Sa source présumée, un ancien militaire, est quant à elle renvoyée en correctionnelle en mai 2026. Le message est clair : révéler des faits d’intérêt général peut coûter cher.
Voici l’interview complète menée par OFF Investigation où Ariane Lavrilleux raconte son calvaire et dénonce l’escalade des pressions sur la presse depuis 2017. Un témoignage essentiel que nous relayons avec force :
Une dégradation inquiétante de la liberté de la presse en France
Ariane Lavrilleux n’est pas un cas isolé. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, les convocations, perquisitions, violences lors de manifestations et usages du « secret-défense » pour bloquer des enquêtes se multiplient. Reporters sans frontières (RSF) classe la France à la 25e place mondiale en 2025 (score 76,62/100), en recul constant, avec un indicateur économique particulièrement faible dû à la concentration médiatique et aux pressions financières. L’ONG dénonce une situation « difficile » à l’échelle mondiale, mais la France reste le pays européen le plus touché par les atteintes étatiques à la presse.
La journaliste pointe aussi l’opposition française à une directive européenne renforçant la protection des sources, et les déclarations d’Emmanuel Macron critiquant les médias comme un « feu vert » aux intimidations.
Soutien aux vrais journalistes
Chez Contre7, nous défendons bec et ongles la liberté d’information. Ariane Lavrilleux incarne ce journalisme courageux, indépendant, au service du public et non du pouvoir. Face à un État qui préfère le secret à la transparence.
L’information libre est un droit et un combat.