Une photo souriante, des pouces levés et un message enthousiaste : le sénateur républicain Lindsey Graham a publié ce dimanche 18 janvier sur X une image le montrant aux côtés de David Barnea, directeur du Mossad, le célèbre service de renseignement extérieur israélien. Accompagné du commentaire « Je viens de rencontrer mon bon ami David Barnea, directeur du Mossad. Wow, ces gens sont intelligents. Que Dieu bénisse l’Amérique. Que Dieu bénisse Israël », ce post a rapidement suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et dans certains cercles politiques.

La rencontre s’est déroulée lors d’un voyage du sénateur en Israël, où il a également rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar. Graham, membre influent des commissions des Affaires étrangères et des Forces armées au Sénat, est un soutien de longue date d’Israël et un faucon notoire sur la question iranienne. La photo, prise en extérieur dans un cadre décontracté (jardin ou cour avec plantes et chemin en brique), montre les deux hommes visiblement détendus, contrastant avec le caractère hautement sensible du Mossad – une agence spécialisée dans l’espionnage, les opérations clandestines, les assassinats ciblés et le sabotage à l’étranger.

Un affichage inhabituel qui interroge

Le Mossad n’est pas un service diplomatique ordinaire : son directeur évite généralement les apparitions publiques ostentatoires. Les réunions entre responsables américains et israéliens du renseignement existent bel et bien (notamment via la CIA), mais elles restent le plus souvent confidentielles ou se limitent à des communiqués sobres. Afficher une telle proximité amicale – avec un ton presque admiratif (« Wow, ces gens sont intelligents ») – est perçu comme inhabituel, voire provocateur, pour un élu américain de ce rang.

Sur X, les réactions ont été immédiates et majoritairement critiques. De nombreux internautes ont dénoncé une « loyauté divisée », accusant Graham de prioriser les intérêts israéliens sur ceux des États-Unis. Des commentaires évoquent des soupçons de chantage (« Quel genre de matériel de chantage le Mossad détient-il sur Lindsey Graham ? »), des rumeurs persistantes sur sa vie privée, ou encore l’influence du lobby pro-israélien AIPAC. D’autres soulignent l’ironie : alors que les États-Unis font face à des défis internes, un sénateur poste une photo « entre potes » avec le chef d’une agence de renseignement étrangère.

Contexte géopolitique tendu

Cette rencontre intervient dans un climat particulièrement explosif au Moyen-Orient. Depuis fin décembre 2025, l’Iran est secoué par des manifestations. Les États-Unis ont déployé des forces supplémentaires dans la région (porte-avions, avions de transport), et des consultations intensives ont lieu entre Washington et Jérusalem sur une possible action militaire américaine – y compris des frappes ou un rôle dans un futur « Golden Dome » de défense antimissile.

David Barnea s’était rendu aux États-Unis mi-janvier pour des discussions sur l’Iran, avant que Graham ne le rencontre en Israël. Le sénateur, proche du président Trump, a multiplié les déclarations belliqueuses contre Téhéran ces dernières semaines, allant jusqu’à évoquer des scénarios radicaux.

Lindsey Graham n’est pas à son premier coup d’éclat pro-israélien, mais cette publication directe et décomplexée marque un nouveau seuil. En choisissant de rendre publique une telle proximité avec le Mossad, le sénateur savait sans doute qu’il allait faire parler de lui – et diviser davantage l’opinion américaine sur la place d’Israël dans la politique étrangère des États-Unis.