Le 30 janvier 2026, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, a lâché une phrase qui fait froid dans le dos : « Et les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste. » Prononcée dans l’émission L’invité politique sur France Info, cette déclaration intervient juste après l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Au même moment, outre-Manche, la Chambre des Lords vote un amendement pour interdire les VPN aux enfants. Coïncidence ou convergence autoritaire ?

La France vient de franchir une étape symbolique dans la régulation du numérique

La proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 26 janvier 2026 (130 voix pour, 21 contre). Portée par l’exécutif et soutenue par Emmanuel Macron, cette mesure vise à protéger la santé mentale des adolescents face à l’addiction aux écrans et aux contenus nocifs. L’âge moyen de création d’un premier compte est de 8 ans et demi, un chiffre choc souvent rappelé par les promoteurs du texte.

Mais c’est dans l’interview accordée le 30 janvier à Serge Cimino sur France Info que la ministre Anne Le Hénanff a révélé une ambition plus large. Interrogée sur la facilité de contournement via les VPN (réseaux privés virtuels), elle a répondu avec pragmatisme : la loi ne sera pas étanche à 100 %, mais si elle protège « 65-70 % des enfants », ce sera déjà une victoire. Puis, en conclusion : « Et les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste. »

Cette phrase, reprise en titre par France Info elle-même (« Ce n’est qu’un début, les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste »), n’est pas anodine. Elle suggère que les outils de chiffrement et d’anonymat en ligne – essentiels pour la vie privée, le journalisme d’investigation, les lanceurs d’alerte ou simplement l’accès à une information non filtrée – pourraient faire l’objet d’une régulation accrue. Sous couvert de protection de l’enfance, on ouvre la porte à une surveillance renforcée des adultes.

Un précédent britannique déjà en marche

Le timing n’est pas fortuit. Au Royaume-Uni, le 21 janvier 2026, la Chambre des Lords a voté (207 voix contre 159) un amendement au Children’s Wellbeing and Schools Bill interdisant la fourniture de services VPN aux mineurs de moins de 18 ans. Les fournisseurs seraient obligés d’instaurer une « highly effective age assurance » (vérification d’âge très efficace), sous peine de sanctions. L’objectif officiel : empêcher le contournement de l’Online Safety Act, qui impose déjà des contrôles d’âge pour les sites pornographiques ou les contenus « harmful » (troubles alimentaires, etc.).

Le gouvernement Labour s’oppose pour l’instant à cet amendement, mais le débat est lancé et le texte passe maintenant à la Chambre des Communes. Les associations de défense de la vie privée (EFF, Open Rights Group) dénoncent une mesure qui, pour protéger les enfants, risque de collecter des données d’identité sur tous les utilisateurs et de créer un précédent de censure généralisée.

Une logique européenne dangereuse ?

En France comme au Royaume-Uni, le discours est le même : « On ne peut pas viser la perfection absolue, mais on avance progressivement. » Pourtant, chaque « avancée » érode un peu plus les libertés numériques. Les VPN ne servent pas seulement à regarder Netflix à l’étranger ou à contourner une restriction d’âge : ils protègent contre la surveillance de masse, les cyberattaques, les régimes autoritaires… et, ironiquement, contre les excès de régulation étatique.

Si la France suit le chemin britannique – vérification d’âge obligatoire pour les VPN, blocages au niveau des fournisseurs d’accès, ou même interdiction partielle –, on pourrait assister à une normalisation de l’idée que l’État peut décider quels outils d’anonymat sont acceptables. Dans un contexte où l’Union européenne renforce déjà ses outils (DSA, DMA, AI Act), cette pente glissante inquiète : la protection des mineurs devient-elle le cheval de Troie d’une surveillance accrue ?

Et maintenant ?

Pour l’instant, aucune mesure concrète n’est annoncée en France contre les VPN. Mais la phrase d’Anne Le Hénanff, prononcée sans filtre, sonne comme un avertissement. Dans un pays où la liberté d’expression et la protection des données sont des valeurs constitutionnelles, il est urgent de poser la question : jusqu’où ira-t-on au nom de la « protection des enfants » ? La réponse viendra peut-être plus vite qu’on ne le pense.

(Sources : France Info – L’invité politique du 30 janvier 2026 ; Votes du Parlement britannique – Division du 21 janvier 2026 ; Rapports sur l’Online Safety Act et le Children’s Wellbeing and Schools Bill.)

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