Une condamnation disproportionnée et inquiétante

Le 26 mars 2026, le tribunal judiciaire de Paris a rendu un verdict particulièrement sévère à l’encontre d’Olivia Zémor. La militante de 78 ans a été condamnée à 24 mois de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité, à son inscription au FIJAIT (fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes), à verser 3 000 euros de dommages et intérêts à l’Organisation Juive Européenne, ainsi que 2 000 euros de frais de justice.

Deux articles publiés en octobre 2023 au cœur des poursuites

Le « crime » reproché à Olivia Zémor ? La publication de deux articles sur le site d’EuroPalestine, l’association qu’elle dirige depuis plus de vingt ans. Ces textes, parus les 7 et 8 octobre 2023, ont été qualifiés par la justice d’« apologie d’acte de terrorisme ».

Pourtant, Olivia Zémor n’a jamais appelé à la violence, n’a jamais incité à la haine et n’a jamais commis le moindre acte illégal. Elle est une militante pacifiste de longue date, connue pour son engagement constant en faveur des droits du peuple palestinien.

Une militante humaniste réduite au statut de « terroriste »

À 78 ans, Olivia Zémor incarne depuis un quart de siècle une voix humaniste courageuse. Elle refuse le silence complice face à l’occupation, à la colonisation israélienne et aux violations répétées du droit international. Condamner une femme de son âge et de son parcours à être inscrite au fichier des auteurs d’infractions terroristes relève d’une injustice flagrante et d’une instrumentalisation dangereuse du droit antiterroriste.

Une réaction digne et déterminée

À la sortie du tribunal, Olivia Zémor a réagi avec force et dignité :

« Cette décision a remis une couche sur les décisions déjà très graves du procureur. On ne nous empêchera pas de soutenir les gens qui luttent contre la colonisation israélienne. On ne nous intimidera pas. Cela fait 24 ans qu’on lutte pour la cause palestinienne, on ne s’arrêtera pas. »

Elle a immédiatement annoncé faire appel de cette condamnation qu’elle considère comme brutale et politique.

Une atteinte grave à la liberté d’expression

Cette décision n’est pas une simple affaire judiciaire. Elle constitue une sanction politique qui vise à criminaliser toute voix critique et humaniste sur la question palestinienne. En assimilant des articles d’analyse et de dénonciation à de l’apologie du terrorisme, la justice française envoie un message inquiétant : en 2026, en France, exprimer une position dissidente sur le conflit israélo-palestinien peut vous valoir d’être traitée comme une terroriste.

C’est une atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté de conscience. Condamner une militante pacifiste de 78 ans pour ses écrits, c’est non seulement une injustice individuelle, mais aussi un précédent dangereux pour toutes les voix qui osent encore parler de droits humains, de justice et de paix au Proche-Orient.

Contre7 apporte son soutien total

Contre7 dénonce avec fermeté cette condamnation injuste et disproportionnée. Nous suivrons de près l’appel d’Olivia Zémor et continuerons à défendre la liberté de critiquer, d’analyser et de dénoncer sans peur d’être réduit au silence.

La solidarité avec Olivia Zémor n’est pas une option. Elle est une nécessité pour qui refuse que la justice devienne un outil de répression politique.