L’enquête publiée le 8 août 2026 par Le Monde révèle que Saint-Tropez n’était pas seulement un lieu de villégiature pour Jeffrey Epstein. La célèbre station varoise a servi de base régulière à ses activités, au même titre que son appartement de l’avenue Foch à Paris.
Une présence quasi annuelle
Selon Le Monde, Epstein se rendait presque chaque été à Saint-Tropez. La ville, haut lieu saisonnier de la mode, du luxe et des aspirantes mannequins, correspondait parfaitement à son mode opératoire. En 2002, il y loue avec Ghislaine Maxwell la villa « Mirage » du 29 juin au 20 juillet, pour 100 000 euros la semaine. Des photos extraites des Epstein Files le montrent sur la plage, près du port et Place aux Herbes, en compagnie de Maxwell.Saint-Tropez apparaît ainsi comme le deuxième endroit préféré d’Epstein en France, après Paris.
Un lieu de prédation identifié par les enquêteurs
Un rapport de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) de 2020 cite explicitement Saint-Tropez comme l’un des lieux de prédation d’Epstein et de son associé Jean-Luc Brunel. Virginia Giuffre a notamment témoigné avoir été contrainte par Epstein et Maxwell d’avoir des relations sexuelles avec Brunel dans un hôtel de la ville.Des échanges de mails évoquent également des « Ladies parties » organisées sur place et la présence de « plein de filles ». Le circuit était bien établi : recrutement et dîners à Paris, puis yachts, fêtes et séjours estivaux sur la Côte d’Azur.
Un maillon du réseau français
Jean-Luc Brunel, agent de mannequins mort en prison en 2022, y amenait régulièrement de jeunes femmes de ses agences pour des week-ends. Le milieu de la jet-set, des yachts et de la mode offrait un cadre idéal pour les activités du réseau. Ghislaine Maxwell, elle aussi très présente à Saint-Tropez chaque été, y jouait un rôle central.L’enquête du Monde s’appuie sur des documents judiciaires américains, des photos, des mails et des témoignages pour montrer que Saint-Tropez n’était pas un simple lieu de vacances, mais bien une base opérationnelle.
Une révélation qui s’inscrit dans un contexte tendu
Ces éléments interviennent alors que le volet français de l’affaire Epstein continue de susciter des interrogations, notamment après la mort récente de plusieurs acteurs du dossier. L’enquête sur les ramifications françaises se poursuit. Mais les révélations sur Saint-Tropez confirment que le réseau d’Epstein ne se limitait pas à Paris : il s’étendait largement sur la Côte d’Azur.