Valérie Pécresse préside la région Île-de-France et les transports franciliens. En 2022, son foyer déclarait environ 9,7 millions d’euros de patrimoine. Son mari avait touché, sur la cession d’Alstom à General Electric, au minimum 430 000 euros d’actions. La même année, après 4,78 % à la présidentielle, elle appelait aux dons pour une dette d’environ 5 millions. En décembre 2023, sa région versait 125 000 euros à une ONG israélienne via le Fonds social juif unifié, qui écrivait peu après contribuer à l’effort de guerre israélien. En septembre 2026, elle annonçait une facture de 100 000 euros pour une grille de lycée à Saint-Denis, sans devis. Voici les faits, dans cet ordre.

Patrimoine du couple : 9,7 millions

En 2022, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique retenait pour Valérie Pécresse et son mari un patrimoine net d’environ 9,7 millions d’euros. Ils sont mariés sous le régime de la communauté de biens. Dans le détail : une maison d’environ 270 m² dans les Yvelines, évaluée 2,3 millions, une maison à La Baule évaluée 1,8 million, une petite maison en Corrèze, des assurances-vie et plans d’épargne, un compte de société d’environ 2,2 millions, plus d’un million d’actions General Electric, et des dettes d’environ un million, dont 811 000 euros d’emprunt immobilier. Elle a dit que c’était le patrimoine de son mari, industriel, et qu’elle l’aimait. Le classement ne change pas. Le patrimoine médian des ménages français est de l’ordre de 100 000 à 180 000 euros. Le seuil du 1 % se situe vers 2 à 2,5 millions.

Jérôme Pécresse : 430 000 euros d’actions gratuites sur la cession d’Alstom

Jérôme Pécresse dirigeait Alstom Renewable Power. En 2014-2015, General Electric rachète le pôle énergie d’Alstom, pas la branche transports, pour environ 12,4 milliards d’euros. La signature est de Patrick Kron, validée par l’État. Lui est chargé de l’intégration dès l’été 2014, puis nommé à la tête de la division mondiale des renouvelables de GE, rattaché à Jeff Immelt. Il y reste jusqu’en 2022.

En 2015, environ 430 000 euros d’actions gratuites lui sont attribués au titre de la cession, au cours de 29,66 euros, soit près de 14 500 titres. Marianne et Le Canard enchaîné ajoutent une part du fixe et du variable du comité exécutif, et aboutissent à un total d’environ 800 000 euros avant moins-values, plus une quote-part de retraite-chapeau, droit différé. Le montant minimal rendu public, ce sont ces 430 000 euros. Les actions GE du couple, plus d’un million en 2022, viennent de là. Une enquête pour conflit d’intérêts visant Valérie Pécresse, sur d’anciennes actions Alstom et les marchés d’Île-de-France Mobilités, a été classée sans suite en 2023 : le parquet a estimé qu’il n’y avait plus de lien au moment des subventions.

Campagne 2022 : 4,78 %, dette de 5 millions, appel aux dons

La même année, elle obtient 4,78 % à la présidentielle et passe sous le seuil de remboursement intégral. Elle déclare un emprunt personnel d’environ 5 millions d’euros, une campagne chiffrée autour de 7 millions, et lance un appel aux dons. Ce n’est pas le budget de la région. C’est le même nom, trois ans avant de facturer une grille aux contribuables de Saint-Denis.

125 000 euros publics au FSJU, qui revendique « l’effort de guerre israélien »

Le 26 décembre 2023, la région annonce 500 000 shekels, soit 125 000 euros, versés à l’ONG israélienne Latet par le Fonds social juif unifié, à l’appel de l’Institut français d’Israël. Aide d’urgence après le 7 octobre, dit-elle, aux côtés du Magen David Adom.

Le site du FSJU écrit qu’une de ses actions, le volontariat agricole dans les kibboutz, vise à « contribuer ainsi à l’effort de guerre israélien et à l’économie du pays ». Ce n’est pas la page du versement. Latet, de son côté, présentait ses kits comme destinés aussi « aux forces de sécurité en première ligne ». Après la polémique, la région dit avoir saisi le fonds, qui aurait confirmé un usage civil : « Aucun euro n’est allé au financement de Tsahal. » La phrase vient de l’intermédiaire qui a encaissé l’argent. Elle n’est pas une ventilation publiée. Elle n’est pas un contrôle extérieur. Rien ne prouve qu’une part n’a pas financé l’armée.

Ariel Goldmann, président du FSJU : « pas de Gazaouis innocents »

Le président du FSJU, Ariel Goldmann, est en poste depuis 2014, réélu en 2024, il a été vice-président du CRIF de 2007 à 2014. Le 12 février 2024, sept semaines après le versement, il déclare sur X : « il n’y a pas de Gazaouis innocents. » Marianne reprend la formule dès le lendemain et lui répond qu’on ne peut pas rendre toute une population coupable des actes du Hamas.

En septembre 2025, il signe dans Le Figaro la lettre demandant à Emmanuel Macron de conditionner la reconnaissance de la Palestine, aux côtés de Yonathan Arfi, Haïm Korsia, Elie Korchia… Le 24 juillet, il avait déjà écrit qu’une reconnaissance sans conditions offrait un 14 juillet au Hamas. Le 18 octobre 2023, Olivier Rafowicz, porte-parole de l’armée israélienne, était en duplex à une soirée du fonds. Frank Tapiro y était invité.

*Ariel Goldmann a effacé son tweet, mais nous avons conservé sa capture d'écran

Pécresse facture 100 000 euros une grille de lycée à Saint-Denis

Le 29 septembre 2026, elle poste une vidéo. Une grille du lycée Paul-Éluard, à Saint-Denis, cède après avoir été secouée. Sous l’image, elle écrit qu’elle enverra au maire Bally Bagayoko la facture de 100 000 euros : remplacement du portail, gardiennage, nettoyage. Les Français, dit-elle, ne veulent plus payer pour des casseurs chauffés à blanc par La France insoumise. Elle, elle a assumé : une rénovation de 45 millions, en cours.

Aucun devis ne suit. Un portail de lycée se compte en milliers d’euros, parfois en une ou deux dizaines de milliers si la structure est lourde. Le nettoyage et le gardiennage ne font pas le reste. Le nombre est rond, adressé, fait pour circuler. Le même automne, le forfait toutes zones qu’elle préside vise 93,40 euros par mois et 1 027,80 euros par an. En juin, la branche Cergy du RER A était à 76,3 % de ponctualité. Le RER D, qu’elle a jugé inacceptable, passait sous les 80 %.