On les reconnaissait à leurs brassards blancs dans plusieurs villes françaises. A Nice, Nantes, Grenoble, Angers, Rennes, Montpellier, Nancy, Rouen, Brest, Tours, Dijon, Clermont-Ferrand, Lyon, Marseille et Bordeaux, des milices se sont organisées pour ajouter un nouveau désordre dans les manifestations du 24 octobre.
Face camera, ils prétendent vouloir protéger les commerces des casseurs, une démarche louable. Mais les images circulant sur les réseaux sociaux nous montrent autres choses : des groupes d’hommes blancs cagoulés provocant les manifestants. Ce qui saute aux yeux ? Les CRS, en rang derrière les fauteurs de trouble, ne réagissent pas. Pire ! Lorsque les manifestants ripostent, les CRS viennent en soutien aux miliciens qui continuent à caillasser sans être appréhendé.
A ses nombreuses vidéos montrant l’évidence sur les réseaux sociaux, le Ministre de l’Intérieur Laurent Nunez réagit deux jours plus tard sur BFM face à Apolline de Malherbe : » A aucun moment la police ne les a protégé, à aucun moment ils n’ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes ».
Problème un militant d’extrême droite, Alexandre alias Lexweights sur Intagram fait des déclarations qui contredisent le récit officiel de Nunez :
« Grâce à tous les contacts qu’on avait, moi j’ai pu prévenir toute la police municipale, mes collègues ont prévenu la BAC, la nationale, et les CRS et les gendarmes, on a eu énormément de soutien de leur part. Ils savent qu’on est avec eux. On sait qu’ils sont avec nous. Ils nous ont globalement tous encouragé, soutenu, remercier. J’espère que ce sera comme ça les prochaines fois car y’en aura d’autres. Merci a tous ceux qui me suivent de la police, vous nous avez prévenu sur les groupes, vous avez vraiment participé au truc, et c’était super.
Autre point positif, c’est l’impact psychologique qu’on a eu sur les troupes qu’on cherche a contrôler, tous les wesh, les jeunes et moins jeunes qui zonent, tous les reubeus qui regardent de travers. Point négatif, le chef des CRS, qui lui n’était peut-être pas au courant de nos intentions mais surtout qui n’était pas avec nous. Alors, il y avait le procureur devant lui, il était obligé de rester dans son discours officiel, et son discours officiel ne va pas. Le discours officiel : c’est l’Etat qui a le monopole de la violence légitime. Il m’a dit : je veux pas de milices, j’ai pas besoin de vous. Bref, vous êtes pas assez nombreux les gars, en face vous avez des centaines de milliers de personnes qui exploitent notre système et qui en tirent toute la sève jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien, et qui veulent nous détruire. Votre déontologie est dépassée, elle ne suffit plus. Vous avez besoin de nous. Nous le cadre déontologique, on n’en a pas. Nous on ne représente pas l’Etat, on représente le peuple. Je lui ai dit : la guerre civile vous allez l’avoir, et là vous aurez besoin de nous… »
Nos recherches ont permis d’identifier plusieurs figures. Le principal organisateur est Charlie Mombert, 34 ans, un influenceur fitness et ancien acteur porno qui a créé le réseau Telegram Entraide citoyenne avec « 66 boucles urbaines ». Il a été filmé à Montpellier aux côtés des Jeunes d’Oc. À Montpellier, le porte-parole des Jeunes d’Oc, Anthony Lacoste , a été identifié dans la milice aux brassards blancs. À Rouen, plusieurs militants connus : Léo Rivière-Prost , alias Gros lardon, figure de la mouvance néonazie identitaire, impliqué dans l’expédition punitive de Romans-sur-Isère. Aussi Bastien M., fiché S, Jack dit Barberousse, Mathieu L., et Augustin S. de La Cocarde. On y trouve aussi Grégoire Houdan, candidat RN aux municipales, et Rodolphe Launay-Duval, ex-candidat de la droite. À Nancy, le groupe Les Templiers a appelé à la mobilisation sur Instagram, effacé depuis. À Toulouse, la Jeunesse antifasciste a identifié une cadre nationale de Némésis. Les autres groupuscules cités : Les Normaux à Rouen, héritiers de Génération Identitaire, Active Club, et l’Action française.
Des milices violentes d’extrême-droite s’organisent donc partout en France avec la complicité des autorités et sous les yeux des réseaux. La guerre civile est énoncée par ses militants mais le ministre de l’intérieur Nunez dément l’évidence.
Nous observerons et suivront l’évolution de cette dangereuse dérive dans les mois qui viennent.