Palantir Technologies, fondée en 2003 par Peter Thiel et Alex Karp, s’est imposée comme un acteur incontournable de l’analyse de données et de l’intelligence artificielle, mais son ascension soulève des questions brûlantes. Derrière son nom inspiré des boules de cristal omniscientes de Tolkien, Palantir opère dans l’ombre, tissant des liens avec des gouvernements, des agences de renseignement et des géants financiers comme BlackRock et Vanguard. Accusée de « fichage » des populations, de participation à des opérations militaires controversées en Ukraine, en Israël et ailleurs, et de proximité avec l’administration Trump, l’entreprise incarne une fusion inquiétante de technologie, pouvoir et profit. Cet article, sourcé et étayé, explore l’empire de Palantir et les zones d’ombre qu’il projette.
Une machine à surveiller : Palantir et le « fichage » des populations
Les plateformes phares de Palantir, Gotham et Foundry, permettent de collecter, intégrer et analyser des masses de données hétérogènes — des bases gouvernementales aux réseaux sociaux, en passant par les données biométriques. Ces outils, capables de profiler individus et groupes, sont au cœur des accusations de surveillance de masse portées contre l’entreprise. Aux États-Unis, Palantir a conclu des contrats juteux avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et le Département de la Sécurité intérieure (DHS). En 2025, un contrat de 30 millions de dollars avec l’ICE a renforcé la capacité de l’administration Trump à traquer les migrants en temps réel, alimentant les politiques de déportation massive. Ce « fichage » numérique, qui inclut des données biométriques sur les enfants migrants, a provoqué la colère d’organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, et poussé plus d’une douzaine d’anciens employés à dénoncer publiquement une trahison des valeurs fondatrices de Palantir.
En France, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) s’appuie sur Palantir depuis 2016, après les attentats de Paris, pour analyser des données dans la lutte contre le terrorisme. Un contrat initial de 10 millions d’euros, renouvelé en 2019, a suscité des critiques virulentes en raison des liens historiques de l’entreprise avec la CIA, via un financement de 2 millions de dollars d’In-Q-Tel en 2003 []. Des agents de la DGSI et de la DGSE ont exprimé des inquiétudes sur d’éventuelles fuites de données vers les États-Unis, malgré l’utilisation d’un réseau sécurisé. La France, consciente des enjeux de souveraineté, travaille à remplacer Palantir par une solution nationale, avec des acteurs comme Blueway et Thales en lice pour un appel d’offres de 40 millions d’euros, visant une transition d’ici avril 2027.
Ces pratiques de surveillance, bien que présentées comme des outils de sécurité, flirtent avec l’éthique. Palantir se défend en vantant la précision de ses technologies, mais pour beaucoup, l’entreprise est devenue le symbole d’un Big Brother technologique, où la vie privée est sacrifiée sur l’autel de la sécurité.
Une présence en Ukraine : Un « laboratoire » pour la guerre technologique
Palantir ne se contente pas de surveiller : elle joue un rôle actif dans les conflits armés, notamment en Ukraine. Dès 2022, l’entreprise a fourni gratuitement ses logiciels aux forces ukrainiennes, une tactique classique pour démontrer la valeur de ses produits avant de sécuriser des contrats à long terme. En mars 2024, Palantir a signé un partenariat de déminage avec le ministère ukrainien de l’Économie, prévu jusqu’en 2033, pour localiser les mines laissées par le conflit. Des publications sur X suggèrent que Palantir, en collaboration avec la NSA, fournit des capacités de ciblage par IA, notamment pour localiser en temps réel les défenses antiaériennes russes en prévision de l’utilisation des F-16.
Louis Mosely, vice-président exécutif de Palantir pour le Royaume-Uni et l’Europe, a qualifié l’Ukraine de « meilleur terrain d’essai pour nos produits » lors d’une rencontre avec l’ancien commandant ukrainien Valeriy Zaluzhny. Alex Karp, lors du Forum économique mondial de 2023, a poussé plus loin en décrivant l’Ukraine comme un « laboratoire » pour les technologies militaires. Ces déclarations, d’un cynisme glaçant, laissent entendre que Palantir voit les conflits comme des opportunités commerciales. Des utilisateurs sur X ont averti que cette implication pourrait faire des actifs américains des cibles légitimes, exacerbant les tensions géopolitiques.
Une influence mondiale : Israël, OTAN et au-delà
L’empreinte de Palantir s’étend bien au-delà de l’Ukraine. En Israël, l’entreprise a renforcé ses liens avec le ministère de la Défense depuis janvier 2024, fournissant des technologies d’IA pour des opérations à Gaza. Alex Karp, qui a tenu une réunion du conseil d’administration à Tel Aviv en signe de solidarité, s’est posé en fervent défenseur d’Israël, critiquant les entreprises silencieuses sur la question . Ces contrats ont déclenché des manifestations, des activistes accusant Palantir de contribuer à des frappes meurtrières via ses outils de ciblage. Lors d’une confrontation en mai 2025, une manifestante a accusé Karp de « tuer des Palestiniens », ce à quoi il a répondu en la qualifiant de « produit involontaire d’une force maléfique, Hamas » . Ces propos, d’une violence rhétorique rare, illustrent le positionnement sans compromis de Karp.
En Europe, Palantir a marqué un coup majeur en mars 2025 avec l’acquisition par l’OTAN de son Maven Smart System NATO (MSS NATO), destiné à moderniser les capacités de combat de l’Alliance en 30 jours. L’entreprise collabore également avec des clients commerciaux et gouvernementaux au Royaume-Uni, où elle est perçue comme un leader dans la sécurité des données. En 2023, la France était son troisième marché mondial, avec des clients comme Airbus et Stellantis. Des partenariats récents avec Google, Vatn Systems, Everfox et Databricks montrent une expansion agressive dans la défense, la fabrication et la cybersécurité.
Une puissance financière soutenue par des géants de l’investissement
Derrière cette machine de guerre technologique se trouvent des investisseurs de poids : BlackRock et Vanguard, deux titans de la gestion d’actifs. Selon des dépôts récents, Vanguard détient environ 8,82 % des actions de Palantir (198,5 millions d’actions au 30 avril 2025), tandis que BlackRock possède 7,4 % (158,2 millions d’actions au 8 novembre 2024) [,]. Ces géants financiers, souvent critiqués pour leur emprise sur les marchés mondiaux, soutiennent une entreprise dont les activités flirtent avec la surveillance de masse et les opérations militaires controversées. Cette alliance soulève une question dérangeante : les profits de Palantir, dopés par des contrats avec des gouvernements autoritaires ou des agences de renseignement, servent-ils avant tout les intérêts de ces mastodontes financiers, au détriment des libertés individuelles ?
Une proximité controversée avec l’administration Trump et Elon Musk
Sous l’administration Trump, Palantir a consolidé son influence à Washington. En 2025, l’entreprise a décroché plus de 113 millions de dollars en contrats fédéraux, dont un projet avec le Department of Government Efficiency (DOGE), dirigé par Elon Musk, pour développer une « méga API » d’accès aux données de l’IRS. Cette initiative, visant à centraliser les données des Américains, a alarmé les défenseurs des libertés civiles, qui craignent une utilisation à des fins politiques, comme le ciblage d’opposants.
La proximité avec Musk est renforcée par des liens personnels et professionnels. Peter Thiel, co-fondateur de Palantir, est un ancien partenaire de Musk à PayPal, et xAI, la startup de Musk, a annoncé en mai 2025 une alliance avec Palantir pour des solutions d’IA dans le secteur financier. Le CTO de Palantir, Shyam Sankar, a qualifié l’équipe DOGE de « héros », tandis que Karp a accompagné Musk et Trump lors d’une visite en Arabie Saoudite en mai 2025, renforçant l’image d’un axe technologique aligné sur l’agenda Trump.
Une éthique en question : Le coût de l’omniprésence
Avec une action en hausse de 62 % en 2025, Palantir prospère financièrement. Pourtant, ce succès a un coût. Les déclarations d’Alex Karp, qui a vanté la capacité de Palantir à « effrayer » ou « tuer » des ennemis, choquent par leur brutalité. Sa rhétorique, qui rejette les critiques comme des produits d’une « religion païenne », révèle une vision où la fin justifie les moyens. Alors que Palantir s’impose comme un pilier de la guerre technologique, son rôle dans la surveillance, les conflits armés et les politiques migratoires soulève un débat urgent : jusqu’où une entreprise peut-elle aller au nom de la sécurité et du profit ?
Palantir n’est pas une simple entreprise technologique : c’est une machine de pouvoir qui redéfinit les frontières entre innovation et contrôle. Soutenue par BlackRock et Vanguard, alignée sur des gouvernements puissants et des figures comme Musk et Trump, elle incarne une ère où la technologie devient une arme à double tranchant. Reste à savoir si cette boule de cristal verra un jour ses propres ombres exposées au grand jour.
Sources :
- Yahoo Finance, rapports sur les contrats fédéraux et actionnaires de Palantir [,].
- Publications sur X, témoignages d’anciens employés et déclarations de Karp [,].
- Rapports sur les contrats avec la DGSI, l’Ukraine, Israël et l’OTAN [,].
- Communiqués de presse sur les partenariats avec xAI, Google, et autres [,].
☠️Alex Karp, le PDG de Palantir Technologies, qui ne cache même plus les exactions de Palentir, déclare devant ses actionnaires que son entreprise «renforce les institutions, effraie les ennemis et, à l'occasion, les tue ».🔫
— Vincent VDO (@Vincent_VDO_X) February 7, 2025
Il faut savoir que Palantir n'est pas née d'une… pic.twitter.com/YvowTcWDtd
Le jour où Nice a voulu appliquer la surveillance émotionnelle dans ses tramway
Nice, ville emblématique de la Côte d’Azur, est souvent célébrée pour son cadre idyllique, ses plages et son patrimoine culturel.
Mais en janvier 2019, elle a failli devenir le théâtre d’une expérimentation technologique inquiétante : l’introduction de la reconnaissance des émotions dans les tramways de la ligne 1. Ce projet, porté par la municipalité de Christian Estrosi – fervent adepte de la “Safe City” et multi-condamné pour diffamation et injure publique, tout en étant visé par des enquêtes pour détournement de biens publics et autres affaires – et la start-up messine Two-I, visait à analyser les expressions faciales des usagers via les caméras de vidéosurveillance pour détecter stress, anxiété ou colère.
Présentée comme une avancée pour la sécurité, cette initiative a suscité une vive controverse, révélant les dangers d’une surveillance intrusive dans une ville déjà saturée de caméras. Bien que l’expérimentation ait été abandonnée, cet épisode reste un signal d’alarme : jusqu’où irons-nous dans la quête d’une “Safe City” au détriment des libertés individuelles ?
Euro numérique : quand Lagarde prend la Chine en modèle
L’Euro Numérique : Une Menace pour la Liberté Financière et un Pas de Plus Vers le Contrôle Social ?
Île-de-France : Pécresse supprime les subventions de personnes handicapées
Dans une décision discrète, révélée le 19 septembre 2025, le Conseil régional d’Île-de-France, présidé par Valérie Pécresse, a choisi de supprimer les subventions annuelles de 2 millions d’euros allouées aux Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH). Ces structures, instaurées par la loi de 2005 sur l’égalité des chances, jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap, en finançant des équipements, des adaptations de véhicules ou encore des aides quotidiennes. Cette coupe budgétaire, décidée sans annonce publique ni consultation des départements concernés, risque d’aggraver les difficultés de près de 2 000 bénéficiaires chaque année.
Team Jorge : Les Mercenaires du Cyber et la Manipulation Électorale
Une armée d’avatars capables de lancer des rumeurs en quelques secondes. Des faux comptes mobilisés pour influencer des élections, salir des adversaires ou manipuler des marchés financiers. Des messageries piratées en temps réel, jusque dans l’entourage de chefs d’État. Derrière ces opérations clandestines, un nom revient sans cesse : Tal Hanan, alias « Jorge ».
En février 2023, le consortium Forbidden Stories, accompagné de médias partenaires comme Radio France, The Marker et Haaretz, publie une enquête inédite. Après plus de six mois d’investigation sous couverture, ses journalistes parviennent à lever le voile sur l’identité de cet ancien des forces spéciales israéliennes et sur sa galaxie de partenaires issus du renseignement, du lobbying et de la cybersurveillance.
Ce travail révèle un marché parallèle où la désinformation est devenue un produit, négocié comme n’importe quelle marchandise, au service de clients politiques ou privés prêts à tout pour tordre la réalité.
“Things don’t necessarily have to be true, as long as they are believed.”
Cette maxime pourrait sortir d’un manuel de propagande soviétique ou d’un traité cynique de Machiavel. Elle est pourtant signée Alexander Nix, l’homme qui dirigeait Cambridge Analytica, la société devenue synonyme de manipulation de masse.
2018 : l’affaire éclate. Cambridge Analytica siphonne les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs Facebook, les dissèque, les recycle et les exploite pour influencer des scrutins. Officiellement, c’est du “marketing politique”. En réalité, c’est une guerre de
l’information : du Brexit à la victoire de Donald Trump, en passant par une soixantaine de pays clients, des États autoritaires aux multinationales pétrolières. Pendant quelques mois, le monde découvre horrifié que les élections peuvent être achetées à coups d’algorithmes et de fake news calibrées au scalpel.
Mais ce scandale mondial n’a livré qu’une partie de son secret. Car derrière la vitrine Cambridge Analytica, des ombres agissaient. Des sous-traitants israéliens, spécialistes du hacking, désignés par une lanceuse d’alerte comme « l’équipe chargée de fouiller les opposants ». Dans les locaux londoniens, d’anciens employés racontent avoir vu ces hommes débarquer avec des clés USB remplies de mails piratés de responsables politiques. « Tout le monde a paniqué, personne ne voulait toucher à ça », confiera un salarié au Guardian.
Leur existence, on la connaît. Leurs
méthodes, on les devine. Mais leur identité, elle, reste verrouillée. Derrière l’expression « hackers israéliens », parlait-on d’individus isolés ou d’une structure organisée ? Mystère. Aucun article, aucune enquête, n’a jamais réussi à briser le silence. Dans ses propres mails internes, Alexander Nix les évoquait à peine, parlant d’« Israeli black ops ». Aucun nom de famille, aucune société. Juste un pseudonyme, brut et glaçant : « Jorge »…
Lozère : L’Éducation Sexuelle, un Terrain de Prédateurs
La rentrée scolaire 2025 en France s’ouvre sur un scandale qui devrait faire hurler de rage chaque parent et citoyen sensé. Une enquête de Mediapart a mis au jour une aberration effroyable : en Lozère, un conseiller pédagogique, condamné en 2011 pour détention de fichiers pédopornographiques, avait été chargé de former des enseignants du primaire au programme d’« éducation à la vie affective et relationnelle » (EVARS). Oui, un individu aux antécédents criminels, lié à des actes immoraux envers des enfants, était en position d’influencer l’éducation de nos tout-petits. Ce n’est pas une maladresse administrative, c’est une trahison institutionnelle qui pue la corruption et l’incompétence.
La France et l’Europe dans les griffes d’une dystopie rampante
La fameuse démocratie française et européenne, jadis fière, est aujourd’hui fourvoyée, piégée dans une dystopie naissante où la censure et la surveillance s’infiltrent comme un poison lent. Les « Twitter Files : France », révélés par Michael Shellenberger sur Public, exposent un scandale révoltant : en 2022, le gouvernement français, par l’entremise de ses ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères, a exercé des pressions répétées sur Twitter (désormais X) pour museler des comptes et des publications, souvent sans preuves solides, sous prétexte de « désinformation » ou d’« ingérence étrangère ». À cette censure ciblée s’ajoute une menace encore plus venimeuse : le « Chat Control », un projet européen qui, sous couvert de protéger les enfants, ambitionne de scanner les communications privées de 450 millions de citoyens. Ces dérives, combinées à la mainmise des milliardaires sur les médias et à un arsenal législatif liberticide, révèlent une démocratie défigurée, où la liberté d’expression et la vie privée sont sacrifiées sur l’autel du contrôle. Il est temps de briser les chaînes de cette dystopie avant qu’elle ne nous étouffe complètement.


