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    Dans une volte-face politique qui en dit long sur ses véritables priorités, Jordan Bardella, président du Rassemblement National et autoproclamé défenseur de la souveraineté française, s’est érigé en chevalier blanc de Nicolas Sarkozy, qui vient de se voir retirer la Légion d’Honneur, cet ancien président dont les casseroles sont aussi nombreuses que ses reniements. Alors que Sarkozy a été définitivement condamné pour corruption dans l’affaire des écoutes, Bardella ose parler d’une « volonté d’humilier » l’ex-chef d’État, ignorant superbement les faits et les conséquences de ses actes. Mais au-delà de cette défense indéfendable, c’est l’hypocrisie de Bardella qui saute aux yeux, surtout lorsqu’on se rappelle que Sarkozy est celui qui a trahi la France en signant le traité de Lisbonne, un acte qui a gravement entamé notre souveraineté nationale.

    Commençons par les faits. Nicolas Sarkozy, cet homme qui a promis monts et merveilles aux Français, s’est révélé être un corrupteur avéré, condamné à un an de prison ferme pour avoir tenté d’acheter un juge. Une telle sentence, devenue définitive après l’épuisement de tous les recours, entraîne automatiquement la perte de la Légion d’honneur, une règle qui s’applique à tout citoyen, qu’il soit ancien président ou simple mortel. Pourtant, Bardella, dans un accès de démagogie, ose qualifier cette conséquence logique d' »humiliation ». Où est passé le Bardella qui prône le respect des lois et l’ordre ? Où est le Bardella qui fustige les élites corrompues ? Apparemment, ces principes s’évaporent lorsqu’il s’agit de défendre un ancien président, même lorsque ce dernier a été jugé et condamné.

    Mais le plus grave, c’est l’oubli volontaire de Bardella concernant le traité de Lisbonne. En 2007, Sarkozy, contre l’avis d’une large partie du peuple français qui avait déjà rejeté le traité constitutionnel européen en 2005, a fait ratifier ce texte sans référendum. Ce traité a non seulement renforcé les institutions européennes, mais a aussi considérablement réduit la souveraineté nationale de la France, alignant nos politiques sur celles de l’Union européenne et limitant notre capacité à décider de notre propre destin. Pour un parti comme le Rassemblement National, censé être le rempart contre le mondialisme et la perte d’identité nationale, défendre Sarkozy sur ce point est non seulement une aberration, mais une trahison des idéaux qu’il prétend porter. N’oublions pas non plus sa fameuse phrase, prononcée avec une assurance arrogante : « Nous irons ensemble vers ce nouvel ordre mondial et personne, je dis bien personne, ne pourra s’y opposer. » Une déclaration qui résume parfaitement sa vision mondialiste, aux antipodes des valeurs souverainistes que Bardella prétend défendre.

    Et ce n’est pas tout. La liste des casseroles de Sarkozy est longue et édifiante. Outre l’affaire des écoutes, où il a été condamné pour corruption et trafic d’influence, il y a l’affaire Bygmalion, où il est accusé d’avoir dépassé les limites légales de financement de sa campagne présidentielle de 2012, tentant de masquer des dépenses exorbitantes à coups de factures fictives. Puis il y a l’affaire Karachi, où des soupçons pèsent sur des financements occultes de sa campagne de 2007, liés à des ventes d’armes controversées. Sans oublier l’affaire Bettencourt, où il est soupçonné d’avoir reçu des dons illégaux de la part de l’héritière L’Oréal, ou encore l’affaire des sondages de l’Élysée, où il est accusé d’avoir utilisé des fonds publics pour des sondages à des fins personnelles. Et que dire de son rôle dans l’immigration massive, avec des politiques qui ont ouvert les vannes de l’immigration légale et illégale, contribuant à transformer la démographie de la France ? Ou de sa gestion calamiteuse de la crise financière de 2008, qui a laissé des traces profondes sur l’économie française ?

    Bardella, en se positionnant ainsi, révèle son véritable visage : celui d’un carriériste prêt à tout pour consolider sa place dans le paysage politique français, même au prix de ses propres convictions. Sa défense de Sarkozy n’est pas un acte de solidarité politique, mais un calcul cynique. En soutenant un homme qui a non seulement été condamné pour corruption, mais qui a aussi contribué à affaiblir la souveraineté française, Bardella montre qu’il n’est pas le souverainiste qu’il prétend être, mais un opportuniste qui navigue au gré des vents politiques, prêt à compromettre ses principes pour des alliances de circonstance.

    Les Français, qui ont déjà payé cher les erreurs de Sarkozy, méritent mieux qu’un leader qui ferme les yeux sur les casseroles de l’ancien président. Ils méritent un dirigeant qui, plutôt que de défendre l’indéfendable, se batte réellement pour restaurer la souveraineté nationale, sans compromis ni hypocrisie. Jordan Bardella, en choisissant de défendre Nicolas Sarkozy, a non seulement perdu une partie de sa crédibilité, mais a aussi démontré qu’il est, au fond, un imposteur souverainiste, prêt à trahir les idéaux qu’il prétend défendre pour des raisons de carrière. Et c’est là, peut-être, la plus grande humiliation de toutes.