La pédocriminalité explose, notamment dans le périscolaire, où certains animateurs, censés protéger les enfants, les brisent à petit feu. Les signalements s’accumulent, les procédures s’éternisent et débouchent parfois sur des relaxes incompréhensibles. Pendant ce temps, des pères refusent d’attendre que la machine judiciaire broie leur enfant et finissent eux-mêmes devant les tribunaux. La justice semble parfois sanctionner plus sévèrement le protecteur que l’agresseur.

Prenons l’exemple de Roanne, en octobre 2022

Un père de 28 ans découvre qu’un adolescent de 16 ans a agressé sexuellement sa fille de six ans dans leur propre maison. Sous le choc, accompagné de trois voisins, il retrouve le suspect et le frappe à coups de bâton et de câble électrique. Dix jours d’ITT sont retenus pour le jeune. Les juges estiment que le père a « pété un câble » et le condamnent à huit mois de prison avec sursis. L’un de ses amis écope de six mois ferme, tandis que les deux autres sont relaxés. L’agresseur, lui, sera condamné plus tard à dix-huit mois de prison ferme. Le père a payé pour avoir refusé d’attendre deux ans que la justice réagisse.

D’autres pères choisissent une autre voie

Face à la lenteur des enquêtes, ils traquent eux-mêmes les prédateurs qui approchent leurs enfants sur les réseaux sociaux. Ils rassemblent des preuves, montent des dossiers et obtiennent parfois des condamnations là où la justice piétinait. Ils risquent leur liberté et leur réputation parce qu’ils estiment que personne d’autre ne protège leurs enfants à temps.

Il y a aussi ceux qui règlent l’affaire dans le silence

Sans plainte. Sans procès. Ils frappent, font comprendre, puis chacun se tait. Mais ces pères portent une autre blessure : celle d’avoir renoncé à l’idéal d’un État de droit. Reste une question : qui a trahi l’autre en premier ?

Plus récemment, en Belgique, un père a violemment agressé son voisin, un pédocriminel déjà condamné mais laissé en liberté. La victime est aujourd’hui dans un état semi-végétatif. Le père encourt dix-sept ans de prison. Là encore, la société semble plus prompte à punir celui qui a perdu le contrôle que celui dont la dangerosité était connue.

En France, seuls 0,3 % des mineurs victimes de violences sexuelles voient leur agresseur condamné

Ce chiffre, glaçant, nourrit le sentiment que le système protège davantage les prédateurs que les enfants. Lorsqu’un père voit, après des années d’attente, l’auteur des violences reprendre une vie normale à quelques kilomètres de chez lui, c’est le contrat social lui-même qui se fissure.

Le devoir d’un père n’est inscrit dans aucun article du Code pénal

Il est plus ancien que toutes les constitutions : protéger sa progéniture. La question n’est donc pas seulement de savoir si ces pères ont raison. Elle est de comprendre ce qu’une société devient lorsqu’elle place des parents devant un choix impossible, faute de répondre avec rapidité et fermeté aux crimes commis contre les enfants.

On peut débattre des conséquences de la vengeance privée

Elle comporte des risques, peut conduire à des erreurs et frapper des innocents. Mais que répond-on à ces parents lorsqu’on leur demande d’attendre des années, avec pour seule perspective une procédure interminable et, parfois, une simple obligation de soins pour l’agresseur ? Que répond-on à l’enfant qui continue de croiser son bourreau ?

La véritable question est peut-être celle-ci : que devient une société qui préfère condamner la colère de ceux qui protègent plutôt que d’empêcher le crime qui l’a provoquée ?

Regardez votre fusil de chasse. Regardez votre fille. Regardez l’homme qui lui a fait du mal et qui vit toujours à deux kilomètres de chez vous.

Que feriez-vous ?

Vraiment.

Quentin, le 29 juin 2026