Les accusations de plagiat d’Astrid-Aimé qui a déposé 2 plaintes contre Max Lobe et les éditions Zoé, résistent-elles à la vérification ?

Nous avons contrôlé les pièces du dossier…  

 

Dans l’univers du livre, on aime croire que tout commence par une page blanche et une voix unique. L’écrivain y apparaît comme un artisan de l’imaginaire, un passeur de mots. On célèbre l’originalité, la signature d’une plume. Pourtant, derrière cette aura, une ombre plus prosaïque circule aussi : le plagiat.

Astrid-Aimé est un auteur Français indépendant, né à Yaoundé (Cameroun). En 2021, il publie « Repères », un récit initiatique autobiographique, sans maison d’édition derrière lui. Quatre ans plus tard, il affirme reconnaître dans le roman d’un écrivain bien plus installé des pans entiers de son propre texte.

Pendant plusieurs jours, nous avons étudié les documents transmis par Astrid-Aimé, auteur de « Repères », qui accuse l’écrivain Max Lobe et les Éditions Zoé d’avoir repris une grande partie de son œuvre dans « La Danse des pères ». (2 plaintes pénales en cours selon l’auteur)

Sur les 288 similitudes extensibles à 300 selon un rapport d’expertise universitaire terminée, un échantillon de 100 nous a été transmis. Nous avons vérifié nous-mêmes, une à une, ces 100 occurrences directement dans le roman publié par Max Lobe. Les passages cités existent bien dans « La danse des pères ».

L’expertise complète, portant sur près de 300 similitudes, procédés de transformations, analyses et jurisprudences est assortie d’une conclusion signée par Kisito HONA, Ph.D. – enseignant – chercheur, Spécialiste des questions de plagiat/contrefaçon littéraire. (Ses directeurs de thèse sont Hélène Maurel Indart et François Guiyoba)

Après avoir examiné ces 100 similitudes, nous estimons ces éléments suffisamment sérieux pour publier les principales pièces du dossier et permettre à chacun de se faire sa propre opinion.
(un dossier que nous continuerons d’actualiser au fil des pièces qui nous seront transmises et lorsque le volet judiciaire aura avancé)

 

  1. LES FAITS

En octobre 2019, Astrid-Aimé affirme avoir déposé son manuscrit autobiographique « Repères » à la Société des Gens de Lettres (SGDL), établissant une date d’antériorité officielle.

En 2020, il contacte l’écrivain Max Lobe via Instagram et lui transmet une partie de son manuscrit et un résumé pour avoir son avis. La réponse, versée à la plainte pénale, est laconique : « C’est pas bon. Du courage. » 

En septembre 2021, « Repères » est publié en financement participatif, préfacé par le docteur Pierre Duterte, médecin psychothérapeute. Le livre est présenté au public à Douala (Cameroun) le 9 octobre 2021, puis fait l’objet d’une dédicace à Yaoundé (Cameroun) début novembre.
Le livre circule ensuite dans des salons littéraires francophones, dont Genève en 2023 et 2024.

Le 7 février 2025, les Éditions Zoé publient « La Danse des pères » de Max Lobe. Le roman sera traduit notamment en allemand à l’automne 2025 sous le titre « Ein Funky-Makossa für die Freiheit » (éditions Akono Verlag).
On peut remarquer dans ce titre traduit, l’absence du mot « père ».

Le 30 septembre 2025, Astrid-Aimé dépose une plainte pénale à Lausanne pour contrefaçon, violation du droit d’auteur, abus de confiance et usurpation, visant Max Lobe et les Éditions Zoé.

Selon l’auteur, cette plainte aurait ensuite été transférée à Genève à son insu. Un document lui refusant l’accès à son propre dossier lui a par ailleurs été notifié. (Nous avons obtenu une copie de ce document)
Une nouvelle plainte a été déposée à la procureure de la république à Paris le 7 juillet 2026 par Astrid-Aimé. Celle-ci a été enregistrée.

  1. NOTRE MÉTHODE

Face à un dossier construit essentiellement sur des déclarations et des pièces transmises par la partie plaignante, nous avons choisi de ne rien prendre pour acquis.

Astrid-Aimé nous a transmis un premier extrait de ce travail : le tableau des 100 similitudes réalisées par un spécialiste des questions de plagiat/contrefaçon littéraire, classées par contextes narratifs. Nous nous sommes également procurés le texte intégral de « La Danse des pères » de Max Lobe des éditions Zoé. 

Nous avons consulté le texte intégral de « La Danse des pères » et contrôlé, page après page, chacune des 100 références figurant dans l’échantillon transmis.
Résultat : toutes sont confirmées dans le texte publié, aucune ne s’est révélée inexacte ou déplacée sur cent occurrences, or un seul écart aurait suffi à fragiliser l’ensemble du dossier. 

  1. CE QUE MONTRENT LES DOCUMENTS

Voici une sélection de 5 comparaisons directement issues de l’échantillon vérifié.
L’intégralité des 100 similitudes contrôlées est consultable en annexe.

Astrid-Aimé

La constante : foot et bruit + inversion

« La Danse des Pères » M. Lobe

Page 52

« C’est comme ça que papa avait réussi à se libérer de la bande de tontinardes de son épouse. Il s’en était allé regarder son match de foot dans un bar du quartier. Mais à peine avait-il tourné le dos que déjà la voix perchée de Auntie Bwamè, celle-là même que pâ accusait de puer la Chine, résonnait fort dans un chant-slogan que les Valeureuses adoraient pousser lorsqu’elles marinaient dans  un confit de joies. »

« Repères » Astrid-Aimé

Page 52

« Cette nuit, une petite algarade a lieu. Nuit chaude où

les moustiques m’agressent au salon pendant que j’essaie de regarder un match de foot, sans oublier la cacophonie du

bar d’à côté. Effondré sur son fauteuil malgré lui, il reste finalement à la maison, cédant à mes caprices. »

Cette similitude est d’autant plus forte et troublante qu’elle tombe sur la même page de part et d’autre.

Combinaison de mots et souvenir

« La Danse des Pères » M. Lobe

Page 34

«…un temps deux mouvements, il me soulève et me jette à califourchon sur ses épaules, mes petites mains s’accrochent à son front parce qu’il a lâché mes pieds…. Moi, perché là-haut, j’adore voir les souvenirs en désordre dans la tête de mon père… né d’un père inconnu et d’une mère qui s’est fait la malle, à ses premiers pas, à ses tout premiers babillages, il est vite repéré par Um Nyobè …Tout ça en 1900-avant-hier dans un gouvernement en exil dans le maquis de Longassè. »

« Repères » Astrid-Aimé

Page 58

« Dans sa tête, il organise un peu ses futurs propos… Il trempe ses mains dans ses souvenirs de lave dans le but que le bassin aride de ma curiosité soit comblé par l’eau, qui a depuis coulé sous les ponts…

Jusqu’au village, je te portais dans un des tout premiers kangourous de l’époque qui se vendaient à Monoprix. J’étais donc parti pour le village, je prenais mes vacances toujours au mois d’août. »

Combinaison association, jour de weekend et cotisations

« La Danse des Pères » M. Lobe

Page 50

« Les Valeureuses, c’est une tontine associative de crédit et d’épargne.Tous les premiers samedis du mois, … on ne fait pas que cotiser, encaisser… »

« Repères » Astrid-Aimé

Page 256

« L’association Bamiléké qui organise des réunions de cotisations et qui sollicite sa présence tous les dimanches a perdu un de ses membres. »

Combinaison : futilité – Manu Dibango au centre d’un trio – terreur

« La Danse des Pères » M. Lobe

Page 20

« Pâ dit que dans les années 1970, le funky-makossa n’était pas seulement une danse de divertissement: … c’était une attitude, tout un état d’esprit, I feel Good de James Brown1, Manu Dibango2, Miriam Makeba3, … Eh oui, …nous dansions pour faire face à la terreur de la chose blanche. »

« Repères » Astrid-Aimé

Page 262

« Le soir, il ne fallait surtout pas que mon père le sache. Le sport était pour lui une activité d’idiot. Et je ne te dis pas comme j’étais bon au football. Alors, ceux qui n’avaient pas de père ou qui n’étaient pas de bonne famille, les Roger Milla1, les Manu Dibango2, les Eto’o3, étaient ce que l’on appelle aujourd’hui des délinquants. Avec un père autoritaire comme le mien, ces pratiques m’étaient interdites. »

Combinaison passé plus hostile hier au village ici en ville

« La Danse des Pères » M. Lobe

Page 13

« Pâ dit que dans les années 1970, le funky-makossa n’était pas seulement une danse de divertissement: … c’était une attitude, tout un état d’esprit, I feel Good de James Brown1, Manu Dibango2, Miriam Makeba3, … Eh oui, …nous dansions pour faire face à la terreur de la chose blanche. »

« Repères » Astrid-Aimé

Page 108

« Le soir, il ne fallait surtout pas que mon père le sache. Le sport était pour lui une activité d’idiot. Et je ne te dis pas comme j’étais bon au football. Alors, ceux qui n’avaient pas de père ou qui n’étaient pas de bonne famille, les Roger Milla1, les Manu Dibango2, les Eto’o3, étaient ce que l’on appelle aujourd’hui des délinquants. Avec un père autoritaire comme le mien, ces pratiques m’étaient interdites. »

    La page 265 du livre « Repères » d’Astrid-Aimé est également troublante, car elle aborde « La danse des rois » (FOTSO), ce qui n’est pas très éloigné du nom qu’a choisi Max LOBE pour son livre « La danse des pères ».

     

    4.LE PRÉJUDICE / Pourquoi cette affaire dépasse le simple débat littéraire ?

    Astrid-Aimé fait état, dans ses documents de procédure, d’un préjudice à plusieurs dimensions.

    Moral d’abord : « Repères » est un récit autobiographique construit autour de la mémoire de son père, décédé en 2022 un après la sortie du livre. La transposition alléguée de scènes intimes, liées à son récit de vie, celui de son père et à sa famille, rend l’atteinte particulièrement difficile à supporter. Pierre Duterte, médecin psychothérapeute ayant suivi Astrid-Aimé et préfacier de son livre, atteste de la réalité de ce vécu.

    Professionnel ensuite : « La Danse des pères » bénéficie de la notoriété de Max Lobe et des Éditions Zoé, ainsi que d’une diffusion internationale : le livre est distribué en France, en Suisse, en Belgique et au Québec, et une édition commerciale existe désormais en allemand, à la suite de la vente des droits de traduction pour cette langue. Des droits ont également été cédés pour une édition en portugais. Astrid-Aimé, auteur indépendant sans maison d’édition institutionnelle derrière lui, dénonce à ce titre un déséquilibre médiatique qu’il considère comme une injustice supplémentaire.

    Vital enfin : un suivi médical engagé, ainsi que des épisodes d’apathie et de dépression, sont documentés dans la procédure.


    5. CE QUE RÉPONDENT MAX LOBE ET LES ÉDITIONS ZOÉ

    Caroline Coutau, directrice des Éditions Zoé depuis 2011, conteste catégoriquement toute atteinte au droit d’auteur dans La Danse des pères. Elle reproche à Astrid-Aimé de n’avoir jamais précisément identifié les passages du roman de Max Lobe qui porteraient, selon lui, atteinte à ses droits.
    L’avocate de Max Lobe et des Éditions Zoé, Anne-Virginie La Spada, a transmis à ActuaLitté un courrier daté du 17 juin 2025, adressé à l’ancien conseil d’Astrid-Aimé. Ce document soutient que Max Lobe puise l’ensemble de son œuvre dans son propre vécu au Cameroun, indépendamment de tout contact avec le manuscrit d’Astrid-Aimé. Les ressemblances évoquées par le plaignant : télévision, football, musique, rapport au chef de l’État, y sont présentées comme « le fruit des expériences communes » des deux hommes, originaires du même pays.

    Caroline Coutau affirme par ailleurs n’avoir eu connaissance de la plainte pénale qu’après sa médiatisation.

    (Article publiée le 05/12/2025 dans Actuallité : « Plagiat ou inspiration : un écrivain met en cause Max Lobe et les éditions Zoé »)    

    Aucune réponse publique détaillée n’a, à ce jour, répondu point par point aux similitudes reproduites dans les documents que nous publions.
    Astrid-Aimé réfute cette version des faits.

    1. LES ÉLEMENTS QUE NOUS AVONS PERSONNELLEMENT VÉRIFIÉS

      Nous pouvons affirmer :

    – « Repères » est antérieur (dépôt SGDL, octobre 2019 et publié en octobre 2021) à « La Danse des pères » (parution en février 2025)

    – Les échanges Instagram entre Astrid-Aimé et Max Lobe existent.

    – Un document refusant à Astrid-Aimé l’accès à son propre dossier lui a été notifié 

    – Les 100 passages de l’échantillon ont été vérifiés un à un dans le texte publié de « La Danse des pères » de Max Lobe et correspondent tous, sans exception, aux références indiquées.

     

    1. POURQUOI NOUS PUBLIONS CETTE ENQUÊTE ?

    Lorsqu’un auteur affirme avoir été plagié, deux solutions existent. La première consiste à le croire sans vérifier. La seconde vise à écarter ses accusations sans examiner les pièces, surtout si c’est un auteur avec une notoriété moins importante.

    Nous avons choisi une troisième voie : vérifier, puis publier les éléments que nous avons pu contrôler. Le reste appartient désormais à la justice.

    Ce dossier restera ouvert tant que la justice n’aura pas tranché. Mais il ne peut rester silencieux : à ce jour, ni Max Lobe, ni les Éditions Zoé, ni leur avocate Anne-Virginie La Spada n’ont apporté de réponse détaillée, point par point, à la mesure des éléments que nous diffusons ici et cela pose question.
    Nous publierons, dans les mêmes conditions de transparence, toute réponse étayée par des éléments vérifiables.



    Plus d’infos sur Astrid-Aimé :
    https://www.astrid-aime.fr/
    https://www.instagram.com/astrid_aime_auteur/ 

    https://www.facebook.com/astrid.aime.9/

      Annexes:

      Notre objectif n’est pas de nous substituer à la justice. Il est de permettre au lecteur d’accéder à des documents qui, jusqu’à présent, n’étaient pas accessibles au public et de comprendre sur quels éléments repose une procédure judiciaire toujours en cours.