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KABOUL, Afghanistan – Le 12 mai 2025, les talibans ont interdit la pratique des échecs en Afghanistan, une décision qui s’inscrit dans leur politique de restrictions culturelles depuis leur retour au pouvoir en 2021. Le ministère de la Promotion de la Vertu et de la Prévention du Vice a qualifié ce jeu de « haram » (interdit) selon son interprétation de la loi islamique, entraînant une suspension indéfinie des activités liées aux échecs dans le pays. Pourtant, cette interdiction contraste fortement avec le rôle historique du monde musulman, qui a contribué de manière significative à la diffusion et au développement des échecs à travers les siècles.

Une interdiction motivée par des préoccupations religieuses

Selon un article publié par le Times of India le 12 mai 2025, le ministère taliban a justifié cette interdiction en déclarant que les échecs vont à l’encontre des principes islamiques, notamment en raison de leur association potentielle avec le jeu d’argent. En parallèle, la Fédération afghane des échecs a été dissoute, mettant un coup d’arrêt brutal à un sport qui avait connu un regain d’intérêt ces dernières années. Des joueurs afghans avaient sollicité l’autorisation de poursuivre leurs activités, mais leurs demandes ont été rejetées (Times of India, 12 mai 2025, consultable sur : timesofindia.indiatimes.com).

Un article de Chess.com, publié le même jour, précise que cette suspension serait également motivée par des préoccupations internes à la Fédération afghane des échecs, déjà paralysée par des conflits de gestion depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021 (Chess.com, 12 mai 2025, consultable sur : www.chess.com).

Un paradoxe historique : l’héritage musulman des échecs

Cette interdiction est d’autant plus frappante qu’elle contraste avec le rôle historique du monde musulman dans l’histoire des échecs. Originaires d’Inde sous le nom de chaturanga au VIe siècle, les échecs se sont propagés en Perse, puis dans le monde islamique après la conquête arabe de la Perse au VIIe siècle. Comme le souligne Chess & Muslim Heritage (baytalfann.com, 20 juillet 2023), les Arabes ont adopté le jeu sous le nom de shatranj, l’ont enrichi stratégiquement et l’ont diffusé à travers leur empire, d’Al-Andalus (l’Espagne musulmane) jusqu’aux confins de l’Asie. Les califes abbassides, notamment à Bagdad, ont patronné des joueurs renommés comme Al-Suli, considéré comme un maître inégalé jusqu’à la Renaissance européenne (Arab Contributions To The Game Of Chess, arabamerica.com, 26 octobre 2016).

Les Arabes ont également adapté les pièces et les règles du jeu et ont développé les mansubat, des problèmes d’échecs qui ont influencé les échecs modernes. C’est grâce à ce rôle de passeur culturel que les échecs ont atteint l’Europe, évoluant pour devenir le jeu que nous connaissons aujourd’hui (Chess & Muslim Heritage).

Pourtant, malgré cet héritage, certaines autorités islamiques ont périodiquement cherché à interdire les échecs, les jugeant distrayants ou contraires à l’islam. Dès 655, le calife Ali Ben Abu Talib aurait désapprouvé le jeu, et des interdictions similaires ont été prononcées à différentes époques (The first Persian and Arab chessmen, Chess.com, 17 avril 2017). L’interdiction des talibans s’inscrit donc dans une tension ancienne entre la richesse culturelle du jeu et les interprétations rigoristes de l’islam.

Une décision qui suscite des interrogations

Cette interdiction intervient dans un climat de répression accrue des libertés en Afghanistan. Selon DW.com, les talibans ont également imposé des limitations sur la liberté d’expression, en interdisant aux journalistes de collaborer avec des médias internationaux et en suspendant des chaînes de télévision locales pour leurs critiques (DW.com, 27 septembre 2024). La communauté internationale n’a pas encore réagi officiellement à cette interdiction des échecs, bien qu’elle illustre une nouvelle facette de la censure culturelle imposée par le régime.

Avant cette mesure, les échecs avaient connu un renouveau en Afghanistan. En 2018, l’équipe nationale afghane avait remporté le prix de la catégorie D lors de l’Olympiade d’échecs de Batumi, un exploit notable pour un pays marqué par des décennies de conflits (Chess.com, 12 mai 2025). Aujourd’hui, les joueurs afghans se retrouvent à nouveau privés de leur passion, dans un contexte où les opportunités de loisirs et d’expression culturelle se raréfient.

Sources :

 

    Team Jorge : Les Mercenaires du Cyber et la Manipulation Électorale

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    Une armée d’avatars capables de lancer des rumeurs en quelques secondes. Des faux comptes mobilisés pour influencer des élections, salir des adversaires ou manipuler des marchés financiers. Des messageries piratées en temps réel, jusque dans l’entourage de chefs d’État. Derrière ces opérations clandestines, un nom revient sans cesse : Tal Hanan, alias « Jorge ».

    En février 2023, le consortium Forbidden Stories, accompagné de médias partenaires comme Radio France, The Marker et Haaretz, publie une enquête inédite. Après plus de six mois d’investigation sous couverture, ses journalistes parviennent à lever le voile sur l’identité de cet ancien des forces spéciales israéliennes et sur sa galaxie de partenaires issus du renseignement, du lobbying et de la cybersurveillance.

    Ce travail révèle un marché parallèle où la désinformation est devenue un produit, négocié comme n’importe quelle marchandise, au service de clients politiques ou privés prêts à tout pour tordre la réalité.

    “Things don’t necessarily have to be true, as long as they are believed.”
    Cette maxime pourrait sortir d’un manuel de propagande soviétique ou d’un traité cynique de Machiavel. Elle est pourtant signée Alexander Nix, l’homme qui dirigeait Cambridge Analytica, la société devenue synonyme de manipulation de masse.
    2018 : l’affaire éclate. Cambridge Analytica siphonne les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs Facebook, les dissèque, les recycle et les exploite pour influencer des scrutins. Officiellement, c’est du “marketing politique”. En réalité, c’est une guerre de

    l’information : du Brexit à la victoire de Donald Trump, en passant par une soixantaine de pays clients, des États autoritaires aux multinationales pétrolières. Pendant quelques mois, le monde découvre horrifié que les élections peuvent être achetées à coups d’algorithmes et de fake news calibrées au scalpel.
    Mais ce scandale mondial n’a livré qu’une partie de son secret. Car derrière la vitrine Cambridge Analytica, des ombres agissaient. Des sous-traitants israéliens, spécialistes du hacking, désignés par une lanceuse d’alerte comme « l’équipe chargée de fouiller les opposants ». Dans les locaux londoniens, d’anciens employés racontent avoir vu ces hommes débarquer avec des clés USB remplies de mails piratés de responsables politiques. « Tout le monde a paniqué, personne ne voulait toucher à ça », confiera un salarié au Guardian.
    Leur existence, on la connaît. Leurs

    méthodes, on les devine. Mais leur identité, elle, reste verrouillée. Derrière l’expression « hackers israéliens », parlait-on d’individus isolés ou d’une structure organisée ? Mystère. Aucun article, aucune enquête, n’a jamais réussi à briser le silence. Dans ses propres mails internes, Alexander Nix les évoquait à peine, parlant d’« Israeli black ops ». Aucun nom de famille, aucune société. Juste un pseudonyme, brut et glaçant : « Jorge »...

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