Illustration réalisée par Contre7

    En mai 2025, la France se trouve à un carrefour moral et sanitaire troublant. Alors que l’Assemblée nationale adopte en première lecture, le 27 mai, une loi ouvrant le « droit à l’aide à mourir », une pénurie sans précédent d’antidépresseurs et de psychotropes s’aggrave, plongeant des milliers de patients dans une détresse psychologique accrue. Cette coïncidence temporelle est-elle un simple hasard ou le signe d’une négligence systémique, voire d’une volonté implicite de pousser les plus vulnérables vers une issue fatale ? À l’heure où la santé mentale est proclamée « grande cause nationale », cette mauvaise synchronisation entre une pénurie critique et une loi aux implications éthiques majeures est absolument scandaleuse.

    Une pénurie qui attise la souffrance

    Depuis janvier 2025, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) signale des ruptures de stock touchant une vingtaine de psychotropes essentiels : sertraline, venlafaxine, quétiapine, lithium. Ces traitements, indispensables pour gérer dépression, troubles bipolaires ou schizophrénie, sont devenus des raretés. Les raisons sont connues : une demande mondiale en hausse (+62 % chez les jeunes entre 2014 et 2021), des arrêts de production (comme l’usine Pharmathen en Grèce, fournissant 60 % de la quétiapine), et une régulation des prix qui détourne les laboratoires vers des marchés plus rentables. Conséquences ? Des patients abandonnés à des substitutions hasardeuses ou à des arrêts brutaux, sources d’angoisse, d’idées suicidaires et d’hospitalisations en cascade.

    Cette crise n’est pas nouvelle, mais son intensification en 2025, pile au moment où la loi sur l’aide à mourir est votée, soulève une question brûlante : comment un État peut-il ouvrir la porte à une mort médicalisée tout en privant ses citoyens des moyens de vivre dignement avec leurs troubles psychiques ?

    Une loi aux fondations éthiques fragiles

    La loi, adoptée par 88 voix contre 56, autorise le suicide assisté ou, exceptionnellement, l’euthanasie pour les patients majeurs atteints d’une affection grave et incurable, présentant une souffrance physique ou psychologique réfractaire, et capables d’exprimer une volonté libre et éclairée. Si les troubles mentaux seuls sont exclus comme motif d’éligibilité, la souffrance psychologique associée à une maladie incurable peut suffire à ouvrir cette voie. Mais comment garantir une « volonté libre » lorsque la pénurie prive les patients de traitements capables d’atténuer leur détresse ? L’absence d’antidépresseurs transforme des souffrances potentiellement gérables en « réfractaires », faisant basculer certains patients vers une éligibilité à l’aide à mourir par défaut, non par choix éclairé.

    L’ANSM propose des préparations magistrales comme palliatif, mais les pharmaciens, découragés par des marges dérisoires (15,72 à 17,59 euros pour 7 à 28 gélules), rechignent à les produire. Quant aux soins palliatifs, censés être renforcés par un texte annexe, ils restent sous-financés et inégalement accessibles. Dans ce contexte, la loi sur l’aide à mourir ressemble moins à un progrès éthique qu’à une solution de facilité pour un système de santé défaillant.

    Un timing qui sent le soufre

    La coïncidence entre l’aggravation de la pénurie et l’adoption de la loi est difficile à avaler comme un simple hasard. S’agit-il d’une incompétence crasse des autorités sanitaires, incapables d’anticiper une crise annoncée depuis des années ? Ou d’une synchronisation plus sombre, où l’absence de traitements pousserait les patients vulnérables vers une mort médicalisée, soulageant ainsi un système de santé exsangue ? Les psychiatres et soignants, réunis en collectifs, dénoncent une situation « intenable » et un « abandon des malades mentaux ». Les patients, eux, expriment leur désarroi face à un système qui semble leur dire : « Si vous ne pouvez pas être soignés, vous pouvez toujours choisir de mourir. »

    Une faillite systémique

    Ce scandale dépasse la simple question logistique. Il met à nu une faillite collective : celle d’un modèle qui sacrifie la santé mentale sur l’autel des profits pharmaceutiques et des politiques à courte vue. Les laboratoires, qui boudent le marché français pour des cieux plus lucratifs, portent une part de responsabilité. Mais les autorités, qui n’ont ni sécurisé les stocks ni investi suffisamment dans la psychiatrie, sont tout aussi coupables. Et que dire d’une loi qui, sous couvert de compassion, risque de devenir une échappatoire pour un État incapable de soigner ? Les soins palliatifs, pourtant essentiels pour offrir une alternative digne, restent le parent pauvre d’un système de santé à bout de souffle.

    Un sursaut nécessaire

    Il est impératif de relocaliser la production de médicaments essentiels, de renforcer les soins palliatifs et d’investir massivement dans la psychiatrie. La santé mentale ne peut se contenter de slogans. Si la France veut une loi sur l’aide à mourir éthique, elle doit d’abord garantir que personne ne demande à mourir faute de traitement. Laisser la pénurie d’antidépresseurs coexister avec cette législation n’est pas une simple erreur de calendrier : c’est une trahison des principes humanistes dont le pays se réclame.

    En 2025, la France doit choisir entre soigner ses citoyens ou les abandonner à une mort prématurée. Pour l’instant, elle semble pencher vers l’abandon, et c’est une honte qui exige une réponse immédiate.

    Team Jorge : Les Mercenaires du Cyber et la Manipulation Électorale

    Team Jorge : Les Mercenaires du Cyber et la Manipulation Électorale

    Une armée d’avatars capables de lancer des rumeurs en quelques secondes. Des faux comptes mobilisés pour influencer des élections, salir des adversaires ou manipuler des marchés financiers. Des messageries piratées en temps réel, jusque dans l’entourage de chefs d’État. Derrière ces opérations clandestines, un nom revient sans cesse : Tal Hanan, alias « Jorge ».

    En février 2023, le consortium Forbidden Stories, accompagné de médias partenaires comme Radio France, The Marker et Haaretz, publie une enquête inédite. Après plus de six mois d’investigation sous couverture, ses journalistes parviennent à lever le voile sur l’identité de cet ancien des forces spéciales israéliennes et sur sa galaxie de partenaires issus du renseignement, du lobbying et de la cybersurveillance.

    Ce travail révèle un marché parallèle où la désinformation est devenue un produit, négocié comme n’importe quelle marchandise, au service de clients politiques ou privés prêts à tout pour tordre la réalité.

    “Things don’t necessarily have to be true, as long as they are believed.”
    Cette maxime pourrait sortir d’un manuel de propagande soviétique ou d’un traité cynique de Machiavel. Elle est pourtant signée Alexander Nix, l’homme qui dirigeait Cambridge Analytica, la société devenue synonyme de manipulation de masse.
    2018 : l’affaire éclate. Cambridge Analytica siphonne les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs Facebook, les dissèque, les recycle et les exploite pour influencer des scrutins. Officiellement, c’est du “marketing politique”. En réalité, c’est une guerre de

    l’information : du Brexit à la victoire de Donald Trump, en passant par une soixantaine de pays clients, des États autoritaires aux multinationales pétrolières. Pendant quelques mois, le monde découvre horrifié que les élections peuvent être achetées à coups d’algorithmes et de fake news calibrées au scalpel.
    Mais ce scandale mondial n’a livré qu’une partie de son secret. Car derrière la vitrine Cambridge Analytica, des ombres agissaient. Des sous-traitants israéliens, spécialistes du hacking, désignés par une lanceuse d’alerte comme « l’équipe chargée de fouiller les opposants ». Dans les locaux londoniens, d’anciens employés racontent avoir vu ces hommes débarquer avec des clés USB remplies de mails piratés de responsables politiques. « Tout le monde a paniqué, personne ne voulait toucher à ça », confiera un salarié au Guardian.
    Leur existence, on la connaît. Leurs

    méthodes, on les devine. Mais leur identité, elle, reste verrouillée. Derrière l’expression « hackers israéliens », parlait-on d’individus isolés ou d’une structure organisée ? Mystère. Aucun article, aucune enquête, n’a jamais réussi à briser le silence. Dans ses propres mails internes, Alexander Nix les évoquait à peine, parlant d’« Israeli black ops ». Aucun nom de famille, aucune société. Juste un pseudonyme, brut et glaçant : « Jorge »...

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