Dans un long message publié sur X le 2 novembre, le commentateur américain Tucker Carlson affirme que l’administration Trump pourrait se trouver « à quelques jours » d’ordonner une frappe nucléaire contre l’Iran. Selon lui, cette option serait poussée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et viserait le site fortifié de Pickaxe Mountain, en Iran central.
Under pressure from Israeli prime minister Benjamin Netanyahu, the Trump administration may be within days of launching a nuclear strike on Iran. The target would be Pickax Mountain in central Iran, where Israeli intelligence claims the Iranian government has restarted its…
— Tucker Carlson (@TuckerCarlson) November 2, 2026
Une cible jugée inaccessible aux armes conventionnelles
Carlson identifie Pickaxe Mountain (ou Kuh-e Kolang Gaz La), situé à proximité du complexe de Natanz, comme le site visé. Il écrit que le renseignement israélien y voit une reprise de l’enrichissement d’uranium dans des tunnels enfouis sous environ 300 pieds (près de 90 mètres) de granite. « Aucune arme conventionnelle de l’arsenal américain ne peut pénétrer » cette épaisseur pour détruire les installations, affirme-t-il, concluant que « la seule option militaire est une frappe nucléaire ». Il cite un « observateur informé » selon lequel Netanyahu appellerait Trump à ce sujet « tous les jours ».
Le site est depuis plusieurs mois au cœur des déclarations publiques de Washington. Donald Trump a lui-même évoqué Pickaxe Mountain comme l’une des cibles restantes qui pourraient être traitées rapidement, tout en ayant exclu, mi-octobre, le recours à l’arme nucléaire.
La situation politique de Netanyahu au centre de l’analyse
Pour Carlson, la pression israélienne s’explique en grande partie par la fragilité politique de Netanyahu. Après les élections législatives israéliennes de fin octobre, le bloc pro-Netanyahu dispose de 53 sièges à la Knesset, contre 48 pour l’opposition et 19 pour les partis arabes. Aucune majorité claire de 61 sièges n’émerge. Carlson estime que Netanyahu, « acculé et désespéré », a besoin que Trump intervienne dans la formation d’un gouvernement israélien et que la confrontation avec l’Iran se poursuive pour éviter de perdre le pouvoir, d’être exposé à des enquêtes et potentiellement à des poursuites.
Des reportages récents (notamment Axios) confirment que Netanyahu a, lors d’un appel téléphonique avec Trump ce week-end, plaidé pour une reprise des frappes peu après les midterms américaines, tandis que le président américain privilégiait pour l’instant la poursuite des discussions.
Des responsables américains et démocrates cités
Carlson affirme que Netanyahu a exercé une pression maximale sur des alliés au sein de l’administration, notamment le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le commandant du CENTCOM Brad Cooper, présentés comme favorables à une reprise des opérations majeures plutôt qu’à un règlement négocié. Il mentionne également le secrétaire d’État Marco Rubio et le directeur de la CIA John Ratcliffe comme suivant la ligne israélienne, ainsi que des figures du Parti démocrate. Il évoque une réunion récente au cours de laquelle l’ancien président Barack Obama se serait opposé à l’accord de paix actuellement négocié à Doha.
Conséquences régionales et risque d’escalade mondiale
Le commentateur décrit les effets immédiats d’une telle frappe : des retombées d’une explosion au sol à Pickaxe Mountain contamineraient le golfe Persique et empoisonneraient l’approvisionnement en eau d’environ 100 millions de personnes. Il souligne déjà les dommages subis par le transport pétrolier dans le détroit d’Ormuz et prévient qu’une frappe nucléaire accélérerait fortement la déstabilisation des marchés de l’énergie et des engrais.
Au-delà de la région, Carlson estime qu’une première utilisation d’arme nucléaire par les États-Unis depuis 1945 créerait un précédent dangereux. Il rapporte que la Russie aurait déjà indiqué à au moins deux gouvernements qu’une telle frappe libérerait Moscou pour employer l’arme nucléaire contre l’Ukraine, et que d’autres acteurs (Pakistan, Inde, Corée du Nord) pourraient être tentés d’en faire autant. « Après la première frappe nucléaire, la Troisième Guerre mondiale est inévitable », écrit-il.
Trump hésite, selon Carlson, et une décision possible dans les prochains jours
Carlson note que l’administration a, depuis février, discrètement révisé la doctrine nucléaire américaine pour faciliter l’emploi de « nukes de champ de bataille ». Il affirme que, pour l’instant, Trump hésite et écoute son vice-président JD Vance ainsi que son envoyé Steve Witkoff, tous deux favorables à un accord avec Téhéran. Des observateurs proches estimeraient qu’une décision pourrait intervenir d’ici le week-end prochain, autour du 7 novembre.
Il souligne que les interlocuteurs iraniens, même après la disparition de l’ayatollah Ali Khamenei et de sa famille en février, souhaiteraient éviter une nouvelle guerre, même si les négociations restent complexes. Carlson conclut en appelant les populations mondiales, qu’il présente comme non consultées jusqu’ici, à se faire entendre avant qu’une décision irréversible ne soit prise.