Illustration générée par Contre7

Article mis à jour le 18/05/2025 à 22h30

Alors que les Roumains votent ce dimanche pour élire leur président entre le nationaliste George Simion et le centriste pro-européen Nicusor Dan, un scandale majeur éclate, révélant les fissures profondes de la démocratie européenne. Pavel Durov, PDG de Telegram, a publié un message incendiaire sur sa plateforme, accusant un « gouvernement d’Europe occidentale » – désigné par un emoji baguette qui pointe clairement la France – d’avoir tenté de censurer des voix conservatrices roumaines avant le scrutin.

Voici la traduction exacte et complète de son post :

« Un gouvernement d’Europe occidentale (devinez lequel ) a demandé à Telegram de faire taire les voix conservatrices en Roumanie avant les élections présidentielles d’aujourd’hui. Je refuse catégoriquement. Telegram ne restreindra pas les libertés des utilisateurs roumains ni ne bloquera leurs chaînes politiques. Vous ne pouvez pas ‘défendre la démocratie’ en détruisant la démocratie. Vous ne pouvez pas ‘lutter contre l’ingérence électorale’ en vous ingérant dans les élections. Soit vous avez la liberté d’expression et des élections équitables – soit vous n’en avez pas. Et le peuple roumain mérite les deux. »

La Roumanie devient ici le symbole des dérives démocratiques qui gangrènent l’Europe.

Ce pays, marqué par des décennies de dictature communiste puis par une transition chaotique vers la démocratie, se retrouve aujourd’hui pris en étau entre des ingérences multiples. D’un côté, le gouvernement roumain dénonce des « campagnes de désinformation virale » sur Telegram, qu’il attribue à une ingérence russe visant à déstabiliser le scrutin. De l’autre, les accusations de Durov pointent une ingérence française, avec Emmanuel Macron en première ligne, soupçonné de vouloir museler des voix conservatrices pour orienter l’élection. Ce climat de méfiance généralisée illustre un problème structurel en Europe : la démocratie, tant vantée comme un pilier de l’Union, est de plus en plus mise à mal par ceux-là mêmes qui prétendent la défendre.

La Roumanie n’est pas un cas isolé, mais un miroir grossissant des tensions qui traversent le continent. En Hongrie, Viktor Orbán est régulièrement accusé de saper l’État de droit, tandis qu’en Pologne, le gouvernement conservateur est en conflit ouvert avec Bruxelles sur l’indépendance de la justice. Même dans les pays dits « modèles », comme la France, les dérives se multiplient.

Macron, qui aime se présenter comme un rempart contre les extrêmes, n’en est pas à son premier scandale.

En août 2024, Durov avait été arrêté à l’aéroport du Bourget, près de Paris, dans une opération spectaculaire. Officiellement accusé de complicité dans la diffusion de contenus illégaux sur Telegram, il avait été retenu 96 heures en garde à vue avant d’être libéré sous caution avec interdiction de quitter la France. L’affaire avait suscité une indignation mondiale, beaucoup y voyant une tentative de Macron de museler une plateforme qui échappe à son contrôle.

Aujourd’hui, ces accusations d’ingérence en Roumanie viennent confirmer un pattern inquiétant.

Le Quai d’Orsay a beau qualifier les allégations de « totalement infondées » et réaffirmer son « soutien à la démocratie roumaine », les faits parlent d’eux-mêmes. Macron, déjà affaibli par une popularité en chute libre, une Assemblée nationale ingouvernable et des appels croissants à sa démission, incarne un paradoxe européen : celui d’une élite qui, sous couvert de protéger la démocratie, en viole les principes fondamentaux. La Roumanie, avec son scrutin sous haute tension, reflète cette crise plus large. La baguette, symbole de la France, devient l’emblème d’une hypocrisie qui menace l’idéal démocratique européen, et Macron, son porte-étendard le plus désolant.

 



    Dans l’émission Apolline Matin du 09/01/2025, l’ex-commissaire européen Thierry Breton admet s’être ingéré suite au résultat du premier tour en Roumanie  et ajoute même que si c’est nécessaire ils pourraient le faire en Allemagne

    Le 18 mai 2025 à 21:38 CEST, alors que la Roumanie s’enlise dans une élection présidentielle sous haute tension, Pavel Durov, PDG de Telegram, a dégainé une accusation explosive sur X :

    Assassinat d’Anas Al-Sharif

    Assassinat d’Anas Al-Sharif

    Une frappe israélienne près de l’hôpital Shifa à Gaza City a coûté la vie à Anas Al-Sharif, journaliste d’Al Jazeera, ainsi qu’à quatre de ses collègues, dans ce qui semble être une attaque ciblée contre les médias. Cette tragédie, survenue ce matin, intervient dans un contexte de tensions exacerbées et relance le débat sur la sécurité des journalistes dans le conflit israélo-palestinien.

    Selon Al Jazeera, l’attaque aurait visé un site abritant des journalistes, une accusation que l’armée israélienne conteste en affirmant avoir neutralisé une cellule du Hamas dirigée par Al-Sharif. Cependant, aucune preuve indépendante n’a été présentée pour étayer ces allégations, tandis que le réseau qatari dénonce une tentative délibérée de faire taire les voix documentant les souffrances à Gaza. Depuis le début de la guerre en octobre 2023, plus de 41 000 Palestiniens ont perdu la vie, dont plus de 200 journalistes, selon les données du ministère de la Santé de Gaza et des rapports du Comité pour la protection des journalistes (CPJ)…

    Brest : la CNIL ordonne l’arrêt des caméras de vidéosurveillance illégales

    Brest : la CNIL ordonne l’arrêt des caméras de vidéosurveillance illégales

    Le 21 juillet 2025, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a exigé de la préfecture du Finistère la désactivation immédiate du réseau de vidéosurveillance de Brest, dénonçant une violation flagrante du Règlement général sur la protection des données (RGPD). Révélée par Mediapart et confirmée par France 3 Bretagne, cette décision met en lumière des abus dans l’utilisation des caméras de surveillance, un problème récurrent qui menace les libertés individuelles en France.

    Israël : Plus de 600 anciens hauts responsables de la sécurité, adressent une lettre solennelle à Donald Trump

    Israël : Plus de 600 anciens hauts responsables de la sécurité, adressent une lettre solennelle à Donald Trump

    Dans un tournant inattendu de la politique israélienne, plus de 600 anciens hauts responsables de la sécurité, regroupés sous l’égide de « Commanders for Israel’s Security » (CIS), ont adressé une lettre solennelle au président américain Donald Trump. Datée du 4 août 2025, cette initiative, rapportée par le *Jerusalem Post*, appelle à une pression diplomatique pour mettre fin à la guerre à Gaza, invoquant une perte alarmante de « légitimité globale » pour Israël. Ce mouvement, porté par d’éminentes figures telles que l’ancien chef du Mossad Tamir Pardo, l’ex-directeur du Shin Bet Ami Ayalon, l’ancien Premier ministre Ehud Barak et l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon, marque une fissure sans précédent au sein de l’establishment sécuritaire israélien.

    L’intelligence artificielle sous contrôle : l’IA Act, dernier baroud de l’Europe face à l’hégémonie technologique

    L’intelligence artificielle sous contrôle : l’IA Act, dernier baroud de l’Europe face à l’hégémonie technologique

    Un texte européen historique entre en vigueur. Encadrer l’IA, dit-on, pour protéger les libertés, préserver les droits, réguler les abus. Mais à y regarder de plus près, cette régulation est tout sauf neutre : elle révèle une Europe inquiète, bousculée par l’innovation américaine, assiégée par ses propres créateurs paniqués à l’idée de perdre leur monopole. Derrière l’IA Act, une bataille mondiale est engagée. Et la France est en première ligne.