Président de l’association Esprit Arc-en-ciel, basée à Ancenis-Saint-Géréon, Pierre-Alain Cottineau se présentait comme un fervent défenseur des droits LGBT+

    L’affaire Pierre-Alain Cottineau, 32 ans, assistant familial à Oudon (Loire-Atlantique), est une abomination qui glace le sang et interroge les failles d’un système censé protéger les plus fragiles. Cet homme, qui se drapait dans une aura de vertu associative et politique, est accusé d’avoir orchestré un réseau pédocriminel d’une violence inouïe : viols, actes de torture et de barbarie sur des enfants, dont une fillette handicapée de 4 ans, un nourrisson de 5 mois et un garçon de 2 ans. Les faits, révélés en 2024 et amplifiés par de nouvelles découvertes en 2025, montrent un prédateur qui a su exploiter sa position publique pour agir dans l’ombre. L’indignation est totale, et elle doit l’être.

    Une façade militante soigneusement entretenue

    Pierre-Alain Cottineau n’était pas un inconnu. Président de l’association Esprit Arc-en-ciel, basée à Ancenis-Saint-Géréon, il se présentait comme un fervent défenseur des droits LGBT+. Cette organisation, qu’il a fondée et dirigée, organisait des événements locaux, dont des marches des fiertés, où Cottineau apparaissait en figure de proue. Des témoignages et posts sur X rapportent qu’il participait à ces défilés, parfois accompagné d’enfants placés sous sa garde en tant qu’assistant familial. Ces images, où il paradait avec des mineurs vulnérables, sont aujourd’hui insoutenables, révélant une manipulation cynique de son image de “bienfaiteur”. Esprit Arc-en-ciel, censée promouvoir l’inclusion, servait de paravent à ses agissements, lui offrant une crédibilité imméritée auprès des autorités et de la communauté.

    Un passé politique trouble

    Cottineau n’était pas un élu, contrairement à ce que certains pourraient croire, mais il avait des ambitions politiques. En 2021, il s’était présenté comme candidat aux élections départementales sous l’étiquette de La France insoumise (LFI) dans le canton d’Ancenis. Cette candidature, bien que sans succès, renforçait son image d’homme engagé, ancré dans les luttes sociales. LFI l’a exclu dès les premières révélations en septembre 2024, mais le mal était fait : comment un individu avec un signalement pour agression sexuelle sur un enfant de 4 ans à l’âge de 15 ans (en 2007 ou 2008) a-t-il pu se construire une telle façade sans alerter personne ? Ce signalement, jamais suivi d’effet, est une tache indélébile sur un système judiciaire et administratif défaillant.

    Un réseau pédocriminel d’une horreur sans nom

    L’enquête, déclenchée par une vidéo repérée par la police néerlandaise en 2023, a révélé l’ampleur des crimes de Cottineau. En tant qu’assistant familial, agréé en décembre 2023 par l’Aide sociale à l’enfance, il avait accès à des enfants vulnérables, qu’il exploitait avec une cruauté inouïe. Viols en série, soumissions chimiques (Xanax, somnifères, poppers), actes de torture : les victimes, certaines filmées pour alimenter des réseaux cryptés comme Telegram ou le darknet, étaient sans défense. Cottineau recrutait des complices via le darknet, se vantant d’avoir “des enfants à disposition”. Quatre autres individus sont impliqués, certains déjà mis en examen. Lors de sa garde à vue, Cottineau a reconnu ses “penchants pédophiles”, une confession qui ne rachète rien face à l’horreur de ses actes.

    Une société trahie, des institutions complices par négligence

    Comment un homme signalé dès son adolescence a-t-il pu obtenir un agrément pour accueillir des enfants ? Comment son militantisme associatif et ses ambitions politiques ont-ils pu masquer ses agissements ? L’association Esprit Arc-en-ciel, aujourd’hui éclaboussée, doit répondre de son manque de vigilance. Les institutions, de l’Aide sociale à l’enfance aux autorités locales, ont laissé un prédateur prospérer sous leurs yeux. Les habitants d’Oudon, choqués, décrivent un homme “charmant”, “engagé”, dont personne n’aurait suspecté la double vie. Cette duplicité est une claque : la société a été bernée par un monstre qui instrumentalisa les causes progressistes pour mieux se fondre dans le décor.

    Un sursaut nécessaire

    Cottineau encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour viols avec actes de torture, agressions sexuelles sur mineurs et production de contenus pédopornographiques. Mais la justice, aussi implacable soit-elle, ne suffira pas à réparer les vies brisées. Ce scandale doit être un électrochoc. Les agréments pour les assistants familiaux doivent être scrutés avec une rigueur obsessionnelle. Les signalements, même anciens, doivent être traqués sans relâche. Et les associations, tout comme les partis politiques, doivent cesser de se contenter d’apparences. Cottineau n’était pas un élu, mais sa candidature et son militantisme lui ont offert une tribune imméritée. Les victimes, elles, n’ont eu ni tribune ni voix. Que ce scandale soit le dernier d’une telle ampleur. Il est temps de voir au-delà des masques.

    Par la rédaction, révoltée par tant d’hypocrisie et d’horreur.