Le 22 juillet 2025, le président américain Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’UNESCO, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, avec effet au 31 décembre 2026. Cette décision, qui fait écho à celle prise lors de son premier mandat en 2017, marque un nouveau tournant dans les relations entre les États-Unis et les institutions multilatérales.
Contexte et raisons invoquées
L’administration Trump justifie ce retrait par plusieurs griefs. Selon la Maison Blanche et le Département d’État, l’UNESCO promeut des initiatives culturelles et sociales jugées « woke » et incompatibles avec la politique étrangère « America First ». Les États-Unis critiquent également l’accent mis par l’organisation sur les objectifs de développement durable de l’ONU, perçus comme un agenda mondialiste. Enfin, l’admission de la Palestine comme membre à part entière en 2011 est pointée du doigt comme une preuve de parti pris anti-israélien, une accusation récurrente de la part des autorités américaines.
Cette décision fait suite à un examen de 90 jours ordonné par Trump en février 2025, visant à évaluer l’alignement de l’UNESCO avec les intérêts nationaux des États-Unis. Le retrait s’inscrit dans une série de désengagements des institutions internationales, à l’image des retraits de l’Organisation mondiale de la santé et du Conseil des droits de l’homme de l’ONU lors du premier mandat de Trump.
Réactions internationales
La directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a exprimé son regret face à cette annonce, tout en soulignant que l’organisation s’était préparée à cette éventualité. Elle a rappelé que les contributions financières des États-Unis ne représentent plus que 8 % du budget de l’UNESCO, contre 20 % lors du précédent retrait en 2017. Azoulay a défendu le rôle de l’organisation dans la promotion de la paix à travers l’éducation, la science et la culture, citant des initiatives comme l’éducation sur l’Holocauste pour contrer les accusations d’antisémitisme.
Israël a salué la décision américaine, le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar estimant qu’elle renforce la quête d’un traitement équitable pour son pays au sein du système onusien. À l’opposé, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé son soutien à l’UNESCO, la décrivant comme un « gardien universel » des valeurs culturelles et scientifiques. Certains experts mettent en garde contre une perte d’influence des États-Unis sur la scène internationale, qui pourrait profiter à d’autres puissances, comme la Chine.
Une relation tumultueuse
L’histoire des États-Unis avec l’UNESCO est marquée par des allers-retours. En 1984, sous Ronald Reagan, les États-Unis s’étaient retirés, avant de réintégrer l’organisation en 2003 sous George W. Bush. En 2011, l’admission de la Palestine avait conduit à une suspension du financement américain sous Barack Obama, suivie du retrait de 2017, annulé par Joe Biden en 2023. Ce nouveau désengagement reflète une méfiance persistante envers les institutions multilatérales.
Enjeux et perspectives
L’UNESCO, connue pour ses programmes éducatifs et la désignation de sites du patrimoine mondial comme le Grand Canyon ou Palmyre, risque de voir son influence mondiale affectée par l’absence des États-Unis, deuxième contributeur financier. Cependant, la diversification des sources de financement pourrait atténuer l’impact de ce retrait. Reste à savoir si cette décision marquera un repli durable des États-Unis ou une étape dans un cycle d’engagement fluctuant.
Ce retrait soulève des questions sur l’avenir du multilatéralisme et la capacité des organisations internationales à maintenir leur rôle-engagent dans un climat de tensions géopolitiques croissantes.
source : https://www.axios.com/2025/07/22/unesco-trump-us-withdrawal-explained