Il y a des combats qui devraient faire l’unanimité. Des valeurs qui, en démocratie, ne se discutent pas. Et pourtant, en France, la lutte contre la corruption dérange. Pire : elle inquiète le pouvoir. Parce qu’elle menace directement son mode de fonctionnement, ses réseaux d’influence, ses petits arrangements entre amis. En clair : la lutte anti-corruption devient subversive quand elle cible ceux qui tiennent les rênes.
Le cas est flagrant sous Emmanuel Macron.
Depuis 2017, les scandales s’enchaînent : Benalla, Kohler, Delevoye, Dupond-Moretti, Ferrand, Bayrou, Alexis Kohler encore, et la liste n’est pas exhaustive. À chaque fois, la même mécanique : minimisation médiatique, instrumentalisation du droit, lenteur judiciaire… et surtout pas de condamnation définitive. Des « mises en examen » qui traînent, des « non-lieux » bien pratiques, des procureurs trop proches du pouvoir exécutif. Pendant ce temps, les lanceurs d’alerte, eux, sont poursuivis, licenciés, bâillonnés.
Prenons un exemple simple : l’association Anticor. Créée pour dénoncer les abus de pouvoir et les conflits d’intérêts, elle a été, sous Macron, mise sous pression comme jamais. En 2023, le gouvernement lui a retiré l’agrément lui permettant de se constituer partie civile dans les affaires de corruption. Motif officiel : des “doutes sur son indépendance”. Traduction : elle dérangeait les puissants, elle devait être neutralisée.
Même scénario du côté de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, de plus en plus vidée de sa substance. Les obligations de déclaration de patrimoine ou d’intérêts ? Contournées. Les conflits d’intérêts ? Tolérés. Les alertes des journalistes ? Étouffées. Comme si l’éthique était une option facultative, une posture de communication.
Car la Macronie n’est pas un État de droit, c’est un État de connivence. La vraie République n’est plus qu’un décor de carton-pâte, où l’on brandit les valeurs républicaines à chaque discours, pendant que l’on piétine la morale publique dans les faits. La corruption n’est plus une anomalie, c’est un mode de gouvernance.
Et ceux qui osent dénoncer ces dérives ? Traitement implacable. Censure numérique, descentes fiscales, pressions judiciaires, insultes médiatiques. On ne touche pas à l’entre-soi. On ne met pas la lumière sur les petits arrangements. Le message est clair : toute tentative de nettoyer les écuries d’Augias sera combattue avec la plus grande fermeté.