Le 16 juillet 2025, sur CNEWS, Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation iFRAP, a fait une déclaration qui résume à elle seule l’essence cynique de son organisation. Avec une assurance presque insolente, elle a annoncé : « Il va y avoir une désindexation sur le RSA, sur l’allocation adulte handicapé… et nous à la Fondation iFRAP, on a poussé pour ça, pour désindexer les aides sociales. »

Ces mots, prononcés dans le cadre d’un débat sur une proposition d’économies de 44 milliards d’euros pour 2026, révèlent une vision économique qui réduit les plus vulnérables à des chiffres budgétaires, privant les bénéficiaires du RSA et les adultes handicapés de toute protection contre l’inflation.

Pire encore, elle a ajouté : « Donc là on tape aussi d’une certaine manière au portefeuille de ceux qui sont plutôt dans les… globalement on va dire dans les inactifs, » une formulation qui frise la condescendance, qualifiant les plus faibles de « inactifs » comme s’ils étaient responsables de leur propre précarité.

Enfin, elle a poussé le cynisme jusqu’à se vanter : « nous à la Fondation iFRAP, on a poussé pour ça, pour désindexer les aides sociales, » illustrant une fierté obscène face à une mesure qui aggrave les inégalités.

Derrière un nom pompeux et une façade de sérieux, la Fondation iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) s’est imposée comme l’un des acteurs les plus influents du débat public français.

Pourtant, comme l’a révélé un article de Marianne en 2018, iFRAP n’est pas un institut de recherche impartial, mais un lobby ultra-libéral financé par des intérêts opaques, qui œuvre à imposer des réformes économiques favorables aux élites au détriment des plus vulnérables. Ses récentes déclarations ne font que confirmer cette réalité cynique.

Fondée en 1991 par Bernard Zimmern, iFRAP s’est rapidement positionnée comme un think tank prônant la réduction des dépenses publiques, la baisse des impôts et la dérégulation.

Mais son parcours révèle une réalité bien différente de celle d’un centre de recherche objectif. Selon l’article de Marianne, iFRAP n’a jamais publié dans des revues académiques à comité de lecture, et aucun de ses « chercheurs » ne possède de doctorat, pourtant des critères essentiels pour prétendre à une quelconque rigueur scientifique. En réalité, iFRAP agit comme un lobby, influençant les parlementaires et les médias pour promouvoir une idéologie ultra-libérale.

Son financement, lui aussi, pose question. En 2016, iFRAP a reçu 1,34 million d’euros de dons privés, mais refuse de divulguer l’identité de ses donateurs, ce qui soulève des soupçons sur les intérêts qu’elle sert. Neuf des onze membres de son conseil d’administration en 2018 étaient des entrepreneurs ou des cadres, indiquant une orientation claire vers les intérêts corporatifs.

De plus, son statut d’utilité publique, accordé sous François Fillon en 2009, permet à ses donateurs de bénéficier de déductions fiscales substantielles (66 % sur l’impôt sur le revenu, 75 % sur l’ISF), transformant ainsi l’argent public en un levier pour financer son lobbying.

Cette stratégie de lobbying est particulièrement efficace grâce à la présence médiatique omniprésente d’Agnès Verdier-Molinié. Depuis des années, elle squatte les plateaux de télévision, apparaissant presque tous les deux jours pour défendre des réformes qui, sous couvert de nécessité budgétaire, aggravent les inégalités.

Sa dernière sortie sur CNEWS n’est qu’un nouvel épisode dans cette saga de cynisme et d’idéologie. iFRAP n’est pas qu’un lobby ; c’est un lobby déguisé, qui utilise le langage de la recherche et de l’objectivité pour imposer ses vues.

Ses connexions avec des réseaux libéraux internationaux, comme l’Atlas Network, et son soutien à des figures comme François Fillon en 2017 ou son « Macronomètre » pour évaluer les politiques d’Emmanuel Macron, montrent qu’il s’agit d’un acteur politique bien plus que scientifique.

En qualifiant ses réformes de « nécessaires », iFRAP crée un sentiment d’urgence qui masque son agenda idéologique, mais qui ne trompe plus ceux qui y regardent de près.

Face à cela, la question se pose : pourquoi tolère-t-on encore que iFRAP, derrière son masque d’institut de recherche, continue de peser sur les décisions publiques ?

Sa proposition de désindexation des aides sociales n’est pas un accident, mais le résultat d’une stratégie bien rodée, financée par des intérêts opaques et amplifiée par une présence médiatique incessante.

Les récentes déclarations d’Agnès Verdier-Molinié sur CNEWS, avec leurs implications révoltantes, ne font que confirmer ce que l’on soupçonnait déjà : iFRAP est un lobby ultra-libéral qui sacrifie l’humain sur l’autel de l’austérité, et qui doit être confronté à une transparence totale et à un débat public rigoureux.

Il est temps de révéler cette supercherie pour ce qu’elle est, et de mettre fin à l’influence toxique d’iFRAP sur notre société.